............................................PMA:La loi qui va bouleverser la filiation...........................................
Ils sont nombreux à voir dans le projet de loi bioéthique, qui doit être présenté ce mercredi en Conseil des ministres, une révolution de la procréation et une étape vers la GPA.
Vers une «procréation sans sexe pour tous» ? Il y a quelques mois, cette expression glissée dans le rapport de la mission parlementaire sur la bioéthique avait fait frémir les opposants à l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires. Le projet de loi de bioéthique, qui doit être présenté en Conseil des ministres ce mercredi, n’est pas pour les rassurer.
Le texte, qui circule largement, prévoit en effet que la PMA soit ouverte à «tout couple formé d’un homme et d’une femme», «de deux femmes» ou à «toute femme non mariée». Il supprime au passage l’article du code de la santé qui dispose que cette technique médicale de procréation «a pour objet de remédier à l’infertilité d’un couple» ou «d’éviter la transmission à l’enfant (…) d’une maladie d’une particulière gravité». La disparition de cette limite médicale marque une rupture.
«La suppression du critère d’infertilité constitue une vraie révolution, estime le juriste Jean-René Binet, spécialiste de la bioéthique. Si ce projet de loi est adopté tel quel, il ouvrirait de facto un droit à la procréation médicalement assistée “pour tous”, bien au-delà des couples de femmes et des célibataires.
Seul le désir d’enfant ferait office de critère.» Alors que les couples infertiles qui ont recours à la PMA décrivent un parcours du combattant, on imagine cependant mal tous les Français se ruer vers les centres d’assistance médicale à la procréation plutôt que de faire des enfants sous la couette. «Mais on peut craindre une dérive vers l’eugénisme. En l’absence de limites, certains couples fertiles pourraient être tentés de faire une PMA pour avoir accès à des diagnostics préimplantatoires de l’embryon afin d’éviter toute anomalie ou tout risque génétique», alerte le juriste.
Une reproduction sexuée peu à peu remplacée par la fabrication de bébés en laboratoire: ce scénario transhumaniste qui semble tout droit sorti du roman d’Aldous Huxley Le Meilleur des mondes préoccupe le Pr Jacques Testart, biologiste à l’origine du premier bébé-éprouvette en France.
«Outre la conservation des gamètes et embryons (moyen de planification des naissances pour tous et toutes), la sélection des enfants pourra se généraliser à toute la population puisque ses indications vont s’ouvrir largement. Le Meccano de la reproduction contrôlée se met en place et s’affirme à chaque révision des lois de bioéthique. Cette dernière saison sera un grand cru vers les pulsions transhumanistes», lance le biologiste, vent debout contre l’«hypermédicalisation» de la reproduction.
Une peur que ne partage pas son ancien associé, le Pr René Frydman, gynécologue également à l’origine du premier bébé-éprouvette. Le «véritable changement a déjà eu lieu.Nous sommes déjà passés du strictement médical au sociétal avec des demandes de grossesse de plus en plus tardives.
Lorqu’une femme de 45 ans souhaite avoir un enfant, faut-il considérer que son infertilité est médicale ou naturelle?» interpelle ce grand spécialiste de la médecine de la reproduction. Favorable à la PMA pour toutes, il déplore néanmoins que le projet de loi ne dise pas un mot de la montée en puissance de l’infertilité. «On propose des réponses en bout de piste au lieu de se poser la question de la prévention», soupire-t-il.
Le critère d’infertilité aurait-il pu être conservé dans le texte en même temps que l’on étendait le droit à la PMA? «Si on démédicalise l’accès à la procréation, il faut en tirer les conclusions jusqu’au bout, note le philosophe et professeur d’éthique médicale Emmanuel Hirsch.Mais il ne faut pas oublier qu’il existe toutes sortes d’intérêts, y compris financiers, autour de la procréation. On sait bien qu’à l’étranger c’est un marché.» «La médecine est de plus en plus souvent convoquée pour répondre à des désirs qui sont vécus comme des droits, analyse pour sa part l’ancien ministre Jean-François Mattei, rapporteur des lois de bioéthique en 1994.
Les plus alarmistes pourraient considérer que ce texte n’est qu’une étape avant le recours à l’utérus artificiel et aux gamètes issus de cellules-souches pour fabriquer des enfants.» Pour l’heure, c’est le manque de donneurs qui l’inquiète. «En situation de pénurie, comme il n’y aura pas de “discriminations” dans la liste d’attente, les couples infertiles iront de plus en plus dans des pays où les donneurs sont rémunérés pour avoir accès à des gamètes. Il y a un risque évident de marchandisation.»
Débattre de la GPA:
Si le projet de devenir parent devient le critère d’accès à la procréation médicalement assistée, comment faire barrage à la gestation pour autrui? C’est l’autre grande crainte des opposants à la PMA pour toutes, qui pointent un effet domino. Du côté des partisans de la réforme, la GPA divise. Ceux qui y sont opposés rétorquent que le principe de non-marchandisation du corps est assez solide pour continuer à barrer la route à la pratique des mères porteuses.
Comme le philosophe Frédéric Worms, membre du Conseil consultatif national d’éthique. «L’interdiction de la GPA peut être maintenue pour les couples hétérosexuels infertiles comme pour les couples homosexuels, juge-t-il. Cette limite ne tient pas aux critères du “médical” ou du “sociétal” mais à la technique en elle-même. Quand une technique peut faire du tort, qu’elle est nuisible à autrui, l’éthique et la loi doivent en tenir compte. Or la force de ce projet de loi de bioéthique est de se recentrer sur ce critère.»
En l’état actuel, le texte ne renforce cependant pas l’interdiction de la GPA, comme le réclament des élus de droite. Il ne prévoit pas non plus de faciliter la reconnaissance en France des enfants nés de mère porteuse à l’étranger. Le sujet n’est «pas dans le champ de la loi bioéthique», botte en touche le gouvernement. Mais déjà, il revient sur la table. «Mon objectif est d’annoncer dans la loi qu’il faudra débattre de la GPA (à la prochaine révision de la loi de bioéthique)», vient d’annoncer le député LREM Mounir Mahjoubi, dans Mediapart.
Source:Le Figaro.
http://www.lefigaro.fr/actualite-france ... n-20190723
Aux mains de l'Etat,la force s'appelle Droit....Aux mains de l'individu,elle se nomme le crime....
Si tu m'as pris pour un clown tu t'es trompé de Carnaval...
...La mort avant le déshonneur!