Et ça voudrait diriger la France !...
Dans une revue éditée par le groupe du Rassemblement national au Parlement européen, Philippe Olivier publie plusieurs cartes à la géographie totalement erronée.
On reproche souvent au Rassemblement national de calquer sa vision géopolitique sur celle de puissances étrangères, en général dirigées par un autocrate viril et doté d’une fâcheuse propension à lorgner le territoire de ses voisins. On avait peut-être tort : le parti d’extrême droite n’a possiblement aucune idée de ce qu’il raconte parce qu’il est… nul en géographie. Telle est la conclusion à laquelle on est bien forcé de se rendre après avoir refermé la dernière édition des Cahiers de l’Europe, une revue éditée avec les sous du groupe Patriotes pour l’Europe, à Bruxelles, et dirigée par l’éminent Philippe Olivier – qui n’est rien moins que le beau-frère de Marine Le Pen, sa plume et son conseiller spécial.
Dans ce numéro consacré aux «voies maritimes : un enjeu crucial pour l’Europe», on trouve une histoire de la mer manifestement pompée sur Wikipédia, des illustrations didactiques de marins romains ou phéniciens dignes d’Okapi, pas mal d’images de bateaux générées par l’intelligence artificielle et tout un tas de cartes, la plupart illisibles en raison d’un travail d’édition franchement dégueulasse.
Détroit d’Ormuz à la place du détroit de Malacca

Capture de la page 24 du n°2 des «Cahiers de l'Europe», mars 2026. (Les Cahiers de l'Europe)
Deux planisphères se laissent en revanche déchiffrer. Comme celui consacré aux «nouvelles routes de la soie» qui aligne un nombre d’erreurs digne de la copie d’un mauvais élève de 4e (Olivier est coutumier du fait, comme Libé l’avait déjà raconté) : Le Caire est situé à la place de Tripoli en Libye ; Moscou est logé au niveau d’Istanbul ; la ville de Colombo, au Sri Lanka, se retrouve sur la corne de l’Afrique, baignée par un mystérieux «Golfe d’Ormuz» qui semble tenir lieu de golfe d’Aden. Le beau-frère de Marine Le Pen a l’air de beaucoup aimer la ville de Colombo, puisqu’il en voit une deuxième, sise cette fois à Djakarta (Indonésie). A quelques encablures de là, le détroit d’Ormuz, dont on parle pas mal en ce moment, est situé à la place du détroit de Malacca qui, le pauvre, se retrouve quelque part au nord de l’Australie. Avec un cartographe comme Philippe Olivier, Marco Polo aurait sans doute fini nez à nez avec un kangourou.
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