Effectivement, il y a une contradiction dans le propos de Kelenner. Si on considère que l'extrémiste est celui qui promeut des changements radicaux par rapport à ce qui existe, alors les centristes (qui par définition tendent à se satisfaire de l'existant) ne peuvent être qualifiés d'extrémistes.Yaroslav a écrit : 08 avril 2026 19:15Oui les extrémistes sont ceux qui proposent les changements les plus radicaux par rapport à ce qui existe.Kelenner a écrit : 08 avril 2026 18:34
Non, ce n'est pas cela. "L'extrémisme" c'est une notion très relative, par rapport à un paysage politique donné. En gros, les "extrémistes" sont ceux qui proposent les changements les plus radicaux par rapport à ce qui existe. En 1789, les partisans de la monarchie constitutionnelles étaient déjà des "extrémistes", puis en 1791 ce sont les républicains qui ont joué ce rôle, et en 1792 les républicains sociaux etc... Aujourd'hui, plus personne ne qualifierait d'extrémiste un partisan de la République, ce qui signifie bien que ces notions sont très subjectives. Le régime dominant étant aujourd'hui le capitalisme libéral dominé par les intérêts privés, est considéré comme "extrémiste" tout ce qui remet en question, même très timidement, le dogme sacré de la propriété privée et de l'accumulation sans limite des richesses (même Zucman et sa très timorée taxe sont vilipendés comme tels...), et comme "raisonnable, modéré, réaliste" ce qui défend ces intérêts. C'est uniquement cet état de fait qui permet de qualifier un type comme Philippe de "modéré", alors qu'en réalité il est probablement le plus extrémiste des candidats dans sa défense sans nuance des intérêts des plus friqués au détriment de la majorité de la population. Tout cela n'est que de la politique.
C'est bien pour ça qu'il ne peut y avoir "d'extrême-centre". Oui l'extrémisme est forcément relatif.
Mais il y a actuellement une remise en cause de la notion d'extrême politique parce que je pense qu'il y a de plus en plus de gens qui sont attirés par des offres politiques plus radicales qu'auparavant.
Et d'autre part , je pense que si vous avez envie de parler "d'extrême-centre", c'est parce que les programmes économiques se déterminent assez mal au sein du clivage gauche-droite mais que le libéralisme économique est plutôt positionné au centre en général. Il y a un mot plus adéquat qu'on utilisait à l'époque et que certains ont voulu substituer par "extrême-centre", c'est le mot "ultra-libéralisme".
Par contre, l'offre de Philippe et de Macron n'est pas "ultra-libérale" en réalité (d'où le non-sens de parler "d'extrême-centre"). Je crois que vous n'avez pas la moindre petite idée ce ce qu'est l'ultra-libéralisme, le vrai, si vous vous imaginez que Philippe et Macron représentent ce courant politique.
Alors où se trouve Philippe dans ce spectre ? Est-il un centriste (au motif qu'il a travaillé avec Macron) ou un homme de droite classique ? Moi, je le vois plutôt comme un homme de droite classique, mais on verra bien comment il va mener la suite de sa campagne.
