Dans le «JDD», Bolloré affirme que «Grasset continuera» avec «de nouveaux auteurs» malgré les départs
Le milliardaire s’étonne, dans une longue tribune publiée dans ce journal également dans son escarcelle, du «vacarme» suscité par le départ du PDG de Grasset, Olivier Nora, en dénonçant «
une petite caste qui se croit au-dessus de tout et de tous et qui se coopte et se soutient».
Au cœur de la crise qui secoue Grasset et le monde littéraire en général, Vincent Bolloré a réagi dimanche.
Dans les colonnes du Journal du Dimanche qu’il détient, le milliardaire s’est exprimé alors que la polémique enfle chez Grasset depuis mercredi, avec plus d’une centaine d’auteurs annonçant claquer la porte de la maison d’édition après l’éviction de leur PDG emblématique Olivier Nora.
Grasset «continuera» en dépit du départ annoncé de quelque 170 de ses auteurs «et ceux qui partent vont permettre à de nouveaux auteurs d’être publiés», affirme dans le Journal du dimanche le milliardaire conservateur Vincent Bolloré, qui contrôle Hachette, le groupe auquel appartient la maison d’édition.
Vincent Bolloré s’étonne du «vacarme» suscité par le départ du PDG de Grasset, Olivier Nora, en dénonçant «une petite caste qui se croit au-dessus de tout et de tous et qui se coopte et se soutient».
Dans sa réponse, Vincent Bolloré confirme que la décision est liée à un «différend» avec Olivier Nora sur la date de publication du prochain livre de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, arrivé en mars chez Grasset.
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Le 6 juin prochain, la maison Grasset aura la joie et l’honneur de sortir le nouveau livre de Boualem Sansal […]. Le dirigeant de Grasset voulait le sortir à la fin de l’année – ce qui était contraire à la volonté de la direction Hachette, qui est le réel propriétaire de Grasset», écrit Vincent Bolloré, qui rappelle en préambule de son texte n’avoir pour autant «aucune fonction chez Hachette».
Le milliardaire conservateur pointe aussi un contexte de «performances économiques de la Maison Grasset très décevantes» et une hausse de la rémunération annuelle d’Olivier Nora. En dépit de la fronde des auteurs depuis quelques jours, «Grasset continuera et ceux qui partent vont permettre à de nouveaux auteurs d’être publiés, promus, reconnus et appréciés», estime Vincent Bolloré. «Quant aux attaques concernant mon ‘’idéologie‘’, je le rappelle une fois de plus : je suis chrétien démocrate et les dirigeants de Hachette continueront à publier tous les auteurs qui le souhaitent», conclut-t-il.
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Guerre culturelle et idéologique»
Dans une précédente tribune, cette fois parue vendredi dans Le Monde, plus de 200 éditeurs, dont Antoine Gallimard et l’ex-ministre de la Culture Françoise Nyssen, estiment que le limogeage du PDG de Grasset Olivier Nora témoigne d’«une guerre culturelle et idéologique menée au grand jour».
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Cette décision marque un bouleversement inédit : un groupe médiatique et éditorial ne cache pas ses desseins politiques et mène une guerre culturelle et idéologique au grand jour», indiquent ces éditeurs qui officient dans différentes maisons (Gallimard, Actes Sud, Editis…) et font part d’une «même inquiétude».
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