"Pourquoi Jordan Bardella tient tant à démentir ce propos attribué à Patrick Martin, patron du Medef
Le président du RN a été reçu par l’organisation patronale lundi 20 avril. Il s’est empressé de démentir une citation attribuée à son numéro 1.
Pourquoi Jordan Bardella tient tant à démentir ce propos attribué à Patrick Martin, patron du Medef
Le président du RN a été reçu par l’organisation patronale lundi 20 avril. Il s’est empressé de démentir une citation attribuée à son numéro 1.
Par Jade Toussay
EN BREF
• Depuis que Jordan Bardella a été reçu par le Medef lundi, rien a filtré du contenu de ces échanges au sommet.
• Un tweet repartagé par des macronistes a attribué à Patrick Martin des propos peu amènes avec le président du Medef sans que leur véracité ait été confirmée.
• Le leader d’extrême droite a vite crié à la fake news pour maintenir l’illusion que la rencontre s’est bien passée et que son parti se rapproche vraiment des patrons.
L’IA au HuffPost
Le Rassemblement national laisse passer des brebis galeuses pour candidats, mais hors de question d’être aussi laxiste quand cela menace directement l’image et la stratégie de son président Jordan Bardella pour 2027. L’eurodéputé d’extrême droite s’est d’ailleurs chargé lui-même de démentir au plus vite des propos peu flatteurs sur ses compétences économiques attribués au numéro 1 du Medef Patrick Martin.
Lundi 20 avril, le président du parti d’extrême droite a été reçu au Medef et auditionné (comme d’autres chefs de parti avant et après lui) dans le cadre de la présidentielle. Si Jordan Bardella a publiquement évoqué à l’issue des échanges « extrêmement courtois » et « sans tabou », rien n’a filtré sur leur contenu. Les représentants du patronat n’ont fait aucune déclaration.
Mais sur X, le compte d’un think-tank nommé Les Progressistes a relayé des propos attribués à Patrick Martin. Selon cette publication, le numéro 1 du Medef aurait « confessé que de son vivant, il n’avait jamais discuté d’économie avec quelqu’un d’un niveau aussi bas ». Une citation suit : « Monsieur Bardella a un niveau de 3e en connaissance économique… en géopolitique il est perdu ». La publication a été immédiatement relayée par l’ancienne ministre et actuelle eurodéputée Horizons Nathalie Loiseau.
De quoi agacer Jordan Bardella qui l’accuse de « mensonges ». « Patrick Martin n’a jamais déclaré cela. Il s’agit d’une grossière fake news, visiblement orchestrée et relayée de façon coordonnée par des comptes macronistes », cingle-t-il.
D’ordinaire, le RN n’est pas si attaché à la « lutte contre les fake news »
Le patron du Medef n’a effectivement fait aucun commentaire public sur l’audition du RN. Contacté par Le HuffPost, le président du think-tank Antonin Duarte, ancien macroniste et président du microparti Union des centristes et des Écologistes, reconnaît qu’« on n’aurait pas dû mettre les guillemets. » « Cette citation, on l’a vue sur X et on l’a reprise car elle revenait. Nous n’avons pas vérifié la source », confesse-t-il.
Après recherche, l’origine de cette citation reste en effet nébuleuse et ne ressort dans aucun article de presse de source fiable. Mais l’empressement de Jordan Bardella à démentir cette « fake news » ne reflète pas vraiment un engagement global des élus RN à lutter contre les fausses informations.
En 2018, le Rassemblement national s’était ainsi opposé à la proposition de loi macroniste contre la manipulation de l’information. À l’époque, le vice-président du parti Sébastien Chenu qualifiait dans un communiqué le texte de « premier pas vers le Ministère de la Vérité d’Orwell » et insistait sur « le caractère subjectif » de « la vérité ». Plus récemment, l’extrême droite s’est aussi étranglée devant la proposition du président de la République de créer un « label » pour réguler l’information sur les réseaux sociaux. Pour le RN, l’intérêt est donc ailleurs.
Mission : sauver l’opération séduction
Cette offensive contre la publication du think-tank (le député Matthias Renault a été jusqu’à demander à une IA de retracer l’itinéraire sur X de la citation) dit en revanche tout de l’importance que le parti à la flamme attache aux grands patrons pour 2027. Ces derniers sont historiquement frileux voire opposés aux idées antilibérales du RN. Pour le parti d’extrême droite, les rencontres organisées visent donc surtout à rassurer le patronat.
Mais les récents échanges avec Marine Le Pen n’ont pas atteint leurs objectifs. Interrogée mardi sur cette soirée à laquelle elle a participé, la dirigeante d’Engie Catherine MacGregor s’est montrée catégorique, fustigeant des idées « mauvaises pour la France, pour la sécurité énergétique du pays, pour les prix de l’électricité et pour la décarbonation ». Sur la chaîne T18, le politologue Pascal Perrineau et la journaliste de L’Opinion Corinne Lhaïk ont fait état d’un ressenti global similaire après avoir échangé avec d’autres participants. Tout en préservant l’anonymat de leurs interlocuteurs (du « off » dans le jargon journalistique), ils ont évoqué leurs « doutes extrêmement nombreux », notamment sur la question des retraites et sur les sources de recettes (fraude sociale et l’immigration) prévues par le RN et jugées largement insuffisantes.
Ces ratés, confirmés par diverses sources, expliquent la réaction virulente de Jordan Bardella. Dans le milieu patronal, un désaveu aussi cinglant du patron de l’organisation patronale serait un coup dur pour la recherche de crédibilité économique du parti. Mais crier à la fake news, c’est aussi attirer l’attention et piquer la curiosité des journalistes sur le déroulé véritable des échanges. Avec le risque que ce qui en ressorte soit encore plus défavorable à l’extrême droite."
https://www.huffingtonpost.fr/politique ... 62945.html
"La valeur ne dépend pas de la religion, mais de l'amour qui nous fait considérer l'autre comme un frère ou une sœur"
Sœur Emmanuelle
"Notre vraie nationalité est l'Humanité" Herbert Georges Wells