Expulsion de Xenia Fedorova : la justice administrative rejette le recours de la chroniqueuse russe
Xenia Fedorova est accusée de relayer la propagande du Kremlin dans les médias français, notamment sur CNews ou dans les colonnes du JDD.
Par Le Parisien avec AFP
Le 3 août 2026 à 10h59, modifié le 3 août 2026 à 11h50
Le tribunal administratif de Paris a rejeté lundi un recours en référé-liberté de la chroniqueuse prorusse Xenia Fedorova contre son expulsion du territoire et le gel de ses avoirs, faute d’avoir démontré une « extrême urgence ».
Xenia Fedorova, assignée depuis mercredi à résidence, n’a exposé « aucun besoin de sortir du territoire parisien », « sollicité aucune autorisation auprès du préfet de police » et s’est limitée « à indiquer, sans aucune précision, que l’obligation de pointage lui cause une gêne », a indiqué le tribunal dans un communiqué.
En conséquence, « le juge des référés a estimé que la condition d’extrême urgence ne pouvait être retenue ».
« Manipuler l’opinion publique »
La journaliste russe est accusée de relayer la propagande du Kremlin via les médias français, notamment ceux du groupe Bolloré comme CNews, Europe 1 ou dans les colonnes du JDD. Elle a fait l’objet, le 29 juillet, d’un arrêté d’expulsion émis par le ministère de l’Intérieur.
Elle « contribue à la diffusion d’un discours de désinformation et de déstabilisation », « visant à manipuler l’opinion publique », « à saper la confiance des citoyens européens et en particulier des citoyens français en leurs institutions », selon l’arrêté ministériel.
«
Pour obtenir la suspension de l’exécution de ces décisions, Xenia Fedorova, qui avait le choix entre la procédure du référé suspension, subordonnée à la démonstration d’une urgence, et celle du référé liberté, subordonnée à la démonstration d’une extrême urgence justifiant des mesures dans les quarante-huit heures, a décidé d’introduire cette dernière action », relèvent les magistrats.
Or, cette procédure « ne pouvait pas se limiter à invoquer des présomptions qui ne s’appliquent pas à sa situation, mais devait faire état des graves incidences personnelles résultant pour elle des décisions contestées, ce qu’elle ne (fait) pas dans sa requête », poursuivent-ils.
Prévenir « de nouveaux actes d’ingérence »
La place grandissante de Xenia Fedorova dans les médias du milliardaire conservateur Vincent Bolloré avait fait naître des craintes de manipulation du débat public, notamment lors de la campagne pour l’élection présidentielle en 2027.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait notamment pointé « de nombreux propos qu’elle a pu tenir et qui systématiquement reprennent la propagande du Kremlin sur l’engagement de la France, sur ce qui se passe en Ukraine, sur les raisons, les motivations de l’agression russe en Ukraine » pour justifier son arrêté d’expulsion.
Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait par ailleurs décrit la citoyenne russe comme une « agente d’influence ».
Le gel de ses avoirs vise à prévenir la commission de « nouveaux actes d’ingérence », avait encore expliqué le ministère de l’Économie et des Finances, en empêchant la mise à disposition ou l’utilisation « de fonds ou ressources économiques au profit de cette personne et des personnes morales ou de toutes autres entités qu’elle contrôle, détient ou qui agissent sciemment pour son compte ».
https://www.leparisien.fr/politique/exp ... VFHUSU.php