A propos de la promesse du RN d'un référendum sur l'immigration

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Corvo
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A propos de la promesse du RN d'un référendum sur l'immigration

Message par Corvo »

La promesse d'un référendum est dans les projets du Rassemblement National, s'il accède au pouvoir l'année prochaine : il s'agit - excusez du peu - de modifier la constitution pour satisfaire la xénophobie obsessionnelle de ses électeurs.
25 août 2026

Ainsi, la loi en préparation supprimerait le droit du sol, qui permet à toute personne d'origine étrangère née en France de solliciter la nationalité française à sa majorité. Seraient aussi durcies les conditions d'obtention du droit d'asile. Enfin, la priorité nationale serait elle aussi constitutionnalisée.

Les modalités d'une révision de la Constitution sont définies par l'article 89 de celle-ci : l'initiative d'une révision peut être une prérogative du Président de la République sur proposition du premier Ministre, mais aussi du Parlement. La procédure prévoit alors un vote des deux chambres dans des termes identiques, avant d'être soumise par référendum à l'approbation des citoyens. Mais le Président peut aussi décider de convoquer les membres des deux chambres en congrès, pour faire adopter la modification à la majorité des 3/5 des suffrages exprimés. Si cette majorité est atteinte, la loi est adoptée sans qu'il, y ait besoin de la soumettre à référendum. Pour contourner cette procédure, Marine Le Pen envisage de recourir à l'article 11 de la constitution, qui exclut pourtant les révisions constitutionnelles de son champ d'application et, de ce fait, rend incontournable l'article 89. Toute autre procédure d'adoption serait donc, selon l'expression employée par le journal Le Monde, un "coup d'état constitutionnel" qui ne peut que se heurter à l'opposition du Conseil Constitutionnel. Mais Marine Le Pen rétorque que le fondateur de la cinquième République avait lui-même usé de l'article 11 pour consulter les électeurs sur deux projets de révision de la Constitution : l'élection du Président de la République au suffrage universel (1962, référendum gagné) et la réforme du Sénat (1969, référendum perdu), ce qui constitue à ses yeux, un déni de légitimité à l'égard du Conseil Constitutionnel exprimé de cette façon par un de ses conseillers : "Richard Ferrand [actuel président du Conseil Constitutionnel], comme Laurent Fabius [son prédécesseur], connaîtrait donc mieux la Constitution que le général de Gaulle et n'appliquerait pas la lecture du père de la Vème République ?" Mais, sur ce point, la Constitution est claire et ces entorses du fait de De Gaulle ne sont nullement une justification. Cette déclaration faisant référence à De Gaulle - abusivement de la part d'un parti historiquement opposé à ce dernier sous son premier nom de Front National - témoigne de l'avis exprimé de passer outre l'interdiction du Conseil Constitutionnel. Une violation de la constitution pour en justifier une autre !
La proposition de Marine Le Pen s'appuie sur la notion d'une "démocratie directe", qui serait la forme la plus satisfaisante de la démocratie puisqu'elle consiste à consulter directement les français, en court-circuitant les magouilles parlementaires. C'est ce point de vue qui reçoit, toujours selon l'expression du Monde, un "étonnant consensus" de la part des candidats à l'Elysée - autant que de son occupant actuel - qui, ne voulant pas se laisser distancer par le RN sur ce sujet brûlant, rivalisent de démagogie électorale. C'est oublier plusieurs expériences récentes : d'abord que le résultat d'un référendum peut être contourné par un traité - comme cela a été le cas du traité de Lisbonne qui entérinait une constitution européenne rejetée par référendum. Ensuite; que le succès ou l'échec d'un référendum dépend de deux facteurs, qui échappent à la maîtrise des citoyens : la façon dont la question est posée peut influencer le résultat. Mais, surtout, une information exhaustive sur le sujet de la consultation doit permettre à l'électeur de se prononcer en toute connaissance de cause. On peut illustrer ce dernier point par l'exemple du référendum sur le Brexit, qui a passé sous silence des informations essentielles : ainsi, la question de la "frontière irlandaise" a été un des points d'achoppement des négociations qui ont suivi le référendum et c'est à l'occasion seulement de ces négociations que les électeurs britanniques ont semblé découvrir le problème. Il n'est donc pas sûr que le résultat aurait été le même si toutes les difficultés rencontrées par le Brexit avaient été clairement exposées. Ainsi, la "démocratie directe" sous-tendue par les référendum n'est le plus souvent qu'un trompe l'œil à usage démagogique. Sa signification peut aussi être dévoyée en plébiscite pour l'occupant de l'Elysée, sans rapport avec la question posée, comme cela a été le cas en 1969 au sortir de la révolte étudiante de l'année précédente.

Il faut aussi s'interroger sur les conséquences internationales d'une telle réforme constitutionnelle. Celle-ci serait contraire au droit européen et pourrait mettre la France au ban de l'Europe. Ainsi, Nicola Hervieu, professeur à Science Po, précise que "s'il n'existe aucun mécanisme d'exclusion de l'UE pour un membre qui violerait ses obligations", il n'en reste pas moins que des sanctions financières peuvent être infligées à ce membre, "notamment par le gel de subsides européens , comme le démontrent les exemples polonais et hongrois". La candidate du RN y voit un avantage pour déstructurer une Union Européenne à laquelle son parti a toujours été opposé. Les électeurs de catégories bénéficiaires de subventions européennes feraient mieux de réfléchir à deux fois avant de voter pour une candidate, qui n'a visiblement pas envisagé toutes les conséquences de ses actes.

Enfin, admettre ce processus de simplification pour modifier la Constitution, ce serait ouvrir la voie à une majorité politique ponctuelle pour autoriser des changements constitutionnels durables, qui seraient ensuite défaits par une autre majorité. Ce serait ouvrir la voie à une instabilité institutionnelle qui s'ajouterait à l'instabilité politique que nous vivons actuellement et c'est bien la dernière chose dont nous ayons besoin en ce moment. A moins que cette instabilité soit un élément de la stratégie du RN pour s'assurer une emprise dictatoriale sur le pays ? Si, par malheur, ce référendum a lieu, il faudra impérativement rejeter la modification proposée.

https://blogs.mediapart.fr/pierre-sassi ... mmigration
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mic43121
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Re: A propos de la promesse du RN d'un référendum sur l'immigration

Message par mic43121 »

ET ce "conseil constitutionnel" C'est QUI ? QUI LES NOMME ?
POURQUOI quelques personnes, peuvent aller contre des lois votées par l'Assemblé Nationale ;
Et le Sénat ..Qu'est ce qui empêche les députés de changer la donne ?
Est ce que l'avis des Français ne compte pas ?
La tolérance c'est quand on connait des cons- et qu'on ne dit pas les noms
Mollomollo
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Re: A propos de la promesse du RN d'un référendum sur l'immigration

Message par Mollomollo »

mic43121 a écrit : 29 août 2026 08:08 ET ce "conseil constitutionnel" C'est QUI ? QUI LES NOMME ?
POURQUOI quelques personnes, peuvent aller contre des lois votées par l'Assemblé Nationale ;
Et le Sénat ..Qu'est ce qui empêche les députés de changer la donne ?
Est ce que l'avis des Français ne compte pas ?
Pour répondre à vos questions sur le Conseil constitutionnel : il comprend neuf membres nommés pour neuf ans, mandat non renouvelable, selon l'article 56 de la Constitution. Trois sont désignés par le Président de la République (qui nomme aussi le président du Conseil), trois par le président de l'Assemblée nationale, trois par le président du Sénat. Depuis la réforme de 2008, ces nominations sont soumises à l'avis des commissions parlementaires, qui peuvent bloquer un candidat à la majorité des trois cinquièmes. À cela s'ajoutent les anciens présidents de la République, membres de droit à vie, lorsqu'ils n'exercent pas de fonctions incompatibles.

Sa mission n'est pas de s'opposer aux élus, mais de vérifier que les lois respectent la Constitution. Ce contrôle est d'ailleurs ancien dans notre tradition juridique : même avant 1958, le Conseil d'État exerçait déjà ce rôle pour les règlements. La vraie nouveauté de la Ve République est d'avoir étendu ce contrôle aux lois elles-mêmes, ce que la plupart des grandes démocraties font déjà via une cour constitutionnelle.

Quant à la révision de la Constitution, l'article 89 reste la seule voie prévue : vote identique des deux chambres puis référendum, ou vote à la majorité des trois cinquièmes au Congrès. Le référendum de l'article 11 ne peut pas servir à modifier la Constitution, et c'est ce que le Conseil constitutionnel avait clairement rappelé en 1962 en censurant la procédure utilisée par De Gaulle pour l'élection présidentielle au suffrage universel. Ce précédent montre précisément que la Constitution prime sur l'argument d'autorité, quel que soit celui qui l'invoque.

Cela dit, votre question sur l'avis des Français est pertinente : en démocratie, le peuple est souverain. Mais la souveraineté nationale s'exerce dans le cadre de la Constitution, qui est elle-même l'expression de la volonté générale. Le référendum reste possible, mais par la voie de l'article 89.
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