Mesoke a écrit : 27 octobre 2026 10:37
jeandu53 a écrit : 27 octobre 2026 09:02
Oui, on aurait pu parler de ses positions en matière de politique étrangère.
Quant au racisme, on en parle dans l'autre fil. Mais je pense que théoriser l'idée que le peuple français est divisé en groupes ethniques ayant des intérêts différents relève d'une forme de racisme, et c'est profondément anti-républicain. J'ai cité des exemples dans l'autre fil. Donc oui, ils prétendent dénoncer le racisme, mais ils sont eux-mêmes racistes.
Le peuple français est divisé en groupes ethniques ayant des intérêts différents, c'est juste un fait, une observation sociologique. Ne vas pas me dire que la population d'origine africaine pauvre qui vit dans des cités délabrées en banlieue de nos villes en faisant des boulots mal payés avec souvent des horaires à la con a les mêmes intérêts que la population d'origine française ou européenne qui vit dans des pavillons ou des centre-villes en ayant des emplois de cadre.
Il se trouve qu'il y a là un réel clivage d'origine ethnique : on a très majoritairement des populations d'origine africaine dans les cités pauvres avec des emplois mal payés et très majoritairement des populations d'origine française ou occidentale qui habitent dans des pavillons et sont cadre ou techniciens, rarement l'inverse.
C'est juste un constat sociologique, je ne vois pas où est le racisme là-dedans. Surtout que dans le principe de racisme il y a des histoires d'invoquer des populations différentes afin de les classer, et de classer sa propre population en haut de la hiérarchie comme étant supérieure aux autres. Où trouves-tu ça dans le discours de LFI, qui semble au contraire se plaindre du racisme et vouloir au contraire que toutes les populations soient traitées dans les faits à pied d'égalité ? LFI sort un bilan sur le racisme existant en France afin d'en réduire les conséquences et vous arrivez à retourner le bouzin en faisant croire que c'est LFI qui est raciste ... C'est une belle arnaque, mais une arnaque quand même.
Vous confondez clivage sociologique et clivage ethnique. C'est très grave.
Oui, l'ouvrier ou la femme de ménage qui a un emploi précaire, mal payé, avec des horaires à la con, et qui vit dans un appartement d'une banlieue pourrie, n'a pas les mêmes intérêts le cadre sup qui a des horaires de cadre, la possibilité de télétravailler, et qui vit dans une banlieue chic avec une maison qu'il a pu se payer grâce à de l'argent donné par papa maman.
Mais c'est là une opposition
sociologique, pas
ethnique. L'ouvrier ou la femme de ménage aura les mêmes difficultés (et encore plus si c'est une mère isolée), qu'il soit blanc, arabe ou noir.
Oui, évidemment, les personnes immigrées ou d'origine immigrée exercent en général des emplois moins qualifiés. Il n'en demeure pas moins que le clivage que vous décrivez est
sociologique, pas
ethnique.
Dire "je défends les ouvriers, les précaires, les premiers de cordée, face aux patrons et à la bourgeoisie" (comme le fait Ruffin), ce n'est pas exactement la même que dire "je défends les personnes racisées". Historiquement, la gauche a une vision marxiste des rapports sociaux (au sens de la lutte des classes : les prolétaires contre les bourgeois...). Là, vos amis de LFI ont une vision ethnique : la lutte des classes a été remplacée par la lutte des races. Donc oui, il y a là une dimension fondamentalement raciste.
Once a écrit : 27 octobre 2026 09:50
Bonjour,
Je reviens sur la vidéo, je précise que je l'ai entièrement visionnée dimanche dernier et que, sur le moment je l'ai trouvé passionnante parce que c'était un format long, sans contraintes de temps, mais aussi parce l'entretien ne tournait pas tant que cela sur l'actualité immédiate et même sur la présidentielle. Donc, de mon point de vue, ça faisait du bien.
Je salue votre courage. Me taper une vidéo d'une heure ou plus avec Mélenchon, ça reste au-dessus de mes forces.
Toutefois, et réflexion faite, je trouve que notre " économiste national", roi des plateaux de grands médias, a été bien trop condescendant avec Mélenchon, il l'a vraiment laissé développer ses arguments sans chercher à le déstabiliser.
1) Il aurait fallu lui poser des questions plus terre à terre, genre : " quand est-ce que vous êtes allé acheter vous même votre baguette de pain à la boulangerie du coin ?" Ou encore : " quel est le dernier plein d'essence que vous avez fait à la station d'essence ? " ( Mélenchon n'a pas le permis et n'a jamais conduit, je crois, donc il se déplace toujours avec un chauffeur.)
Tout cela pour mettre en évidence le statut d'apparatchik de ce personnage forcément complètement coupé de certaines réalités basiques que vivent des millions de Français.
Mais ça, c'est le degré zéro de l'analyse politique.
Est-il si compliqué de comprendre que, quand vous êtes célèbre, vous ne pouvez plus avoir une vie ordinaire ? Parce que, même si vous souhaitez avoir une vie ordinaire, vous ne pouvez pas, parce que le regard des autres sur vous a changé. Donc vous ne pouvez plus sortir dans la rue, faire vos courses, vous promener en famille dans un lieu public, sans susciter un attroupement (bienveillant ou non) autour de vous.
2) À un moment, Mélenchon ne cache pas que sa situation financière personnelle est plus qu'aisée : il perçoit deux salaires. Moi, je lui aurais alors posé la question suivante : " comment pouvez vous défendre une politique de gauche radicale du haut de votre statut d'homme privilégié ? Gérard Larcher, que vous connaissez bien, et qui lui aussi bénéficie d'un statut de vieil homme politique privilégié, peut paraître plus raccord avec la défense d'une politique de droite, non ?"
J'ai du mal à accepter cette idée que les gens de gauche, pour être crédibles, devraient être pauvres. On peut très bien être aisé, mais être sensible aux problèmes de répartition des richesses.
3) J'ai été étonné de son inculture au sujet du conflit israélo-palestinien : ii dit n'y avoir été sensibilisé qu'à partir de l'opération israélienne à Gaza ( " Plomb durci") en 2009 ! En 2009, seulement ! Si c'est bien le cas, il devrait se pencher un peu plus sérieusement sur la question en remontant à la Déclaration Balfour de 1917 : c'est là que tout a commencé.
Il n'est pas du tout inculte. C'est juste qu'il a viré de bord, par rapport à l'époque où il était un laïcard pur et dur, il faut donc qu'il explique pourquoi il a changé à ce point de bord, pourquoi il est devenu si soucieux de la cause des "personnes racisées", de leur liberté de culte, de la question palestinienne, alors qu'il n'était pas du tout comme ça avant.
Once a écrit : 27 octobre 2026 15:46
C'est un autre sujet mais si cette élection présidentielle pouvait avoir lieu dimanche prochain et qu'on en finisse, moi, ça m'irait très bien. Parce qu'encore 6 mois de campagne à se tirer la bourre comme ça, je crois qu'on va arriver carrément épuisés en mai prochain et tous bons pour une psychanalyse collective tant nous auront laissé de plumes et d'énergies dans cette tuerie.
À moins que... à moins que le FMI et la BCE ne décident d'arrêter tout ce cirque avant le printemps, de mettre le pays en cale sèche, de suspendre son processus électoral et de nommer à la tête du pays un comité d'experts comptables chargé de procéder au redressement financier du pays...
Ce pays ne tient plus debout tel qu'il est livré à lui même : c'est comme dans une famille désunie et en guerre contre elle même, une famille dont les membres n'arrivent même plus à se parler. Si un "médiateur" EXTERNE n'intervient pas pour jouer le rôle d'arbitre en sifflant la fin du match, les divorces et les guerres vont persister au point d'affaiblir grandement le pays.
Alors, oui, il faudrait que quelque chose venant de l'EXTERIEUR survienne : le FMI ou une météorite géante ou un tremblement de terre ou je ne sais quoi d'autre qui stupéfierait chacun, qui obligerait à la fermer un moment, à se retrousser les manches en provoquant un moment de sursaut collectiviste pour essayer de nous en sortir tous ensemble...
Il faut savoir que le FMI ou la BCE n'interviendront que si la France, en passe de faire défaut sur sa dette, demande une aide financière. Cette aide sera alors conditionnée à une politique de rigueur. C'est le scénario à la grecque.
Et je pense que c'est ce qui pourrait arriver de mieux au pays. Aucun gouvernement n'aura jamais la légitimité pour imposer une politique d'austérité à un peuple qui n'en veut pas et qui n'a toujours pas compris la gravité de la situation. Donc la contrainte ne pourra être qu'extérieure. Cela se fera au prix de graves tensions sociales, mais tant pis, il faut en accepter l'augure.