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par durdur1 » 09 décembre 2014 17:10
Le Burn Out désigne dans l’industrie aérospatiale, la désintégration par surchauffe des machines à court de carburant.
En 1970, Herbert Freudenreich, psychiatre et psychanalyste,
décrit pour la première fois cette entité qu’il a observée chez des soignants bénévoles s’occupant de toxicomanes (et l’histoire dit qu’il a lui-même souffert de cette fatigue analogue à une "combustion interne").
Par la suite, Maslach a mis au point un questionnaire, le "Maslach Burnout Inventory" (MBI 1981) initialement destiné à la prévention de la dépression chez le personnel soignant affecté par le surmenage professionnel.
"L’importance du phénomène est surtout remarqué au sein des professionnels de santé, chez les soignants de service à risque émotionnel élevé (cancérologie, immuno-hématologie, gériatrie, Sida, réanimation, Samu...), mais aussi chez les bénévoles qui participent aux actions d’aide et d’accompagnement de sujets séropositifs et sidéens au sein d’associations.
Chez cette catégorie professionnelle, on observe fréquemment une attitude de fuite, de désinvestissement du travail, d’absentéïsme répété. En effet prendre son poste de travail quotidiennement devient de plus en plus difficile.
Ailleurs, on observe un "sur-investissement d’activité professionnelle jusqu’à ne plus pouvoir quitter le travail, même si ce travail est inefficace. Ce comportement de présentéïsme est plus typiquement rencontré chez les cadre" (Laurence ALTMANN, thèse de médecine 2000, "Evaluation du stress... ".
Au Japon, le "KAROSHI" ("mort par le travail") est un tableau similaire au burnout qui est reconnu comme maladie professionnelle (depuis 1988) quelque soit la catégorie du travailleur
"En ce qui concerne le Karoshi, dans le résultat d’une enquête menée par une compagnie d’assurance (4) sur des hommes de vingt à cinquante ans, 88% des hommes considèrent qu’ils avaient de fortes chances ou quelques chances (37%) de mourir par karoshi. 76,2% d’entre eux déclaraient que leur travail était dur et 80,5% avouaient qu’ils allaient au travail même quand ils étaient grippés. 70% des hommes de vingt à trente-neuf ans considèrent qu’ils travaillent trop et 80% d’entre eux aimeraient voir leurs heures de travail réduites pour profiter de leur famille et de leurs enfants. Au Japon, on recense une dizaine de milliers de morts par karoshi mais dès 1989 déjà , un homme sur huit mourait de mort "brutale" d’après une étude du journaliste Saitou Shigeo". (Forum Japon.com)
Le « Maslach Burnout Inventory » est utilisé pour des situations de stress professionnel dans un souci de prévention et d’amélioration des conditions de travail.
De notre point de vue ce questionnaire devrait pouvoir être adapté à l’évaluation des mères de famille dont le travail n’est pas moins pénible ou stressant que celui de n’importe quel travailleur rémunéré.
Maslach Burnout Inventory (MBI)
Ce questionnaire sert à évaluer trois avis négatifs à propos de son travail, jugé fatigant, inintéressant et peu gratifiant.
Les 22 phrases ci-dessous représentent des sentiments que l’on peut éprouver à propos de son travail.
Répondez svp aux énoncés suivants par « oui » ou par « non » :
I /. Épuisement professionnel
Pour Maslach "l’épuisement serait la composante-clé du burnout" et disparaîtrait durant les vacances, ce qui le distingue d’une authentique dépression.
1) Je me sens émotionnellement fatigué(e) à cause de mon travail.
2) Je me sens épuisé(e) à la fin d’une journée de travail.
3) Je me sens déjà fatigué(e) lorsque je me lève le matin et que je vois une nouvelle journée de travail devant moi.
6) Travailler toute la journée avec des gens me fatigue.
7) Je me sens usé(e) par mon travail.
13) Je me sens frustré(e) par mon travail.
14) J’ai le sentiment de travailler trop durement dans ma profession.
16) Le fait que mon travail me mette en contact direct avec d’autres
personnes me stresse trop.
20) J’ai le sentiment de "perdre mon latin".
total de oui : ......./9
-total inférieur à 4 : burnout bas
-total compris entre 4 et 6 : burnout modéré
-total supérieur à 6 : burnout élevé
II /. "Perte d’empathie"
La "perte d’empathie" est un sentiment de déshumanisation de ses rapports aux autres, d’indifférence et de cynisme conduisant le sujet à inhiber toute attitude chaleureuse vis-à -vis de ses clients ou collègues.
5) J’ai le sentiment de traiter certains clients comme s’il s’agissait
d’objets.
10) Je suis devenu(e) plus indifférent(e) aux autres depuis que j’exerce ce travail.
11) Je crains que mon travail me rende moins compatissant(e).
15) Je ne suis pas vraiment intéressé(e) à ce qui arrive à certains
clients.
22) J’ai le sentiment que certains clients ou leur famille me rendent
responsable de leurs problèmes.
Total de "Oui" : ......./5
-total inférieur à 2 : burnout bas
-total compris entre 2et 3 : burnout modéré
-total supérieur à 4 : burnout élevé
III/. Accomplissement personnel
4) Je comprends facilement ce que mes clients pensent de certaines
questions.
7) Je traite avec succès les problèmes de mes clients.
9) J’ai le sentiment d’influencer par mon travail la vie des autres.
12) Je me sens plein(e) d’énergie.
17) J’ai de la facilité à créer une atmosphère détendue.
18) Je me sens stimulé(e) lorsque je travaille en contact étroit avec
mes clients.
19) J’ai atteint beaucoup d’objectifs valorisants dans mon travail.
21) Dans mon travail, je traite les problèmes émotionnels avec sérénité.
Total de "Non" : ......./8
-total inférieur à 3 : burnout bas
-total compris entre 3 et 5 : burnout modéré
-total supérieur à 6 : burnout élevé
Mesure de la menace de burnout
Les trois sentiments évalués par le questionnaire s’entretiennent par eux-mêmes en véritable cercle vicieux.
Le risque de passage à l’acte (tentative de suicide ou invalidité fonctionnelle) intervient de manière brutale et imprévisible à l’occasion de la décompensation des capacités de résistance du sujet.
Ailleurs, cet état favorise les conduites addictives (tabac, alcool, tranquillisants ou stupéfiants) et favorise la survenue de pathologies intercurrentes.
Celui qui lutte contre le burnout n’a pas conscience de l’existence de ce point de rupture et pense pouvoir tenir (sans, pour autant, être en mesure de modifier sa situation et même d’y songer).
La mesure qualitative de la menace de burnout résulte de la somme :
- des réponses « Oui » des groupes de questions I et II
- et des réponses « Non » du groupe III.
-total inférieur à 8 : burnout bas : "vous devriez envisager d’améliorer quelque chose".
-total compris entre 8 et 16 : burnout modéré :"prenez fermement des mesures"
-total supérieur à 16:burnout élevé : "attention danger, ne restez pas seul(e) à vous en occuper".
La vitesse de la lumière étant supérieure à celle du son, il est normal qu'on puisse trouver un individu brillant, jusqu'à  ce qu'il ouvre sa gueule .