Trente ans après les meurtres sauvages de Cyril Beining et Alexandre Beckrich, deux garçons de 8 ans, Henri Leclaire, sera jugé aux assises aux côtés du tueur en série Francis Heaulme, dans ce qui reste un des plus grands mystères judiciaires français.
C'est l'ultime rebondissement d'une affaire vieille de trente ans. Deux juges d'instruction messins ont décidé de renvoyer devant les assises Henri Leclaire, mis en examen au côté du tueur en série Francis Heaulme dans le dossier du meurtre de deux enfants en 1986 à Montigny-lès-Metz, a indiqué mercredi l'avocate de l'une des parties civiles. Cette décision est un coup de tonnerre: les juges d'instruction ont décidé de ne pas suivre l'avis du parquet de Metz, qui avait requis le 21 mars un non-lieu en faveur d'Henri Leclaire.
Tout commence le 28 septembre 1986. Deux garçons de 8 ans, Alexandre Beckrich et Cyril Beining sont tués, le crâne fracassé à coups de pierre, près d'une voie de garage de la SNCF à Montigny-lès-Metz, en Moselle. Ce double homicide d'une rare sauvagerie soulève une immense émotion populaire. Sur l'indication d'un coup de fil anonyme, Patrick Dils, un jeune apprenti cuisinier de 16 ans, est soupçonné du crime. Après avoir nié, le jeune homme avoue, puis se rétracte. Selon les psychiatres le jeune homme aurait huit ans d'âge mental. Mais il est condamné à la perpétuité. Après de longues et laborieuses démarches, il sera finalement reconnu innocent en 2002 et fait donc partie des cas rarissimes d'erreurs judiciaires.
On accuse alors Francis Heaulme, un tueur en série surnommé le «Routard du crime», reconnu coupable d'au moins neuf meurtres, qui se trouvait à moins de 400 mètres des lieux le jour du crime. De plus, le meurtre à coup de pierres avait déjà été pratiqué par Heaulme, notamment dans le cas d'une de ses nombreuses victimes Jean-Joseph Clément. Mais Heaulme martèle qu'il est innocent et accuse un autre suspect, Henri Leclaire: «J'ai vu Henri Leclaire qui descendait du talus. Il avait du sang sur le T-shirt, le pantalon», charge-t-il lors de son procès en avril 2014.
Un des plus grands mystères judiciaires français
Au tout début de l'enquête, Henri Leclaire, agent d'entretien dans une imprimerie située à proximité du talus SNCF où a eu lieu le double crime, avait en effet avoué le double homicide, avant de se rétracter. L'homme, qui avait 37 ans au moment des faits, était exaspéré par les enfants, qui venaient fouiner dans les poubelles de l'imprimerie, causant un désordre dont il avait été accusé d'être responsable. «J'ai d'abord vu les vélos, j'en ai déduit qu'ils étaient là -haut. Je suis monté et j'ai vu les enfants […] J'en ai reconnu un, que j'avais attrapé une première fois, le nommé Alexandre […] J'ai commencé à les engueuler. Je leur ai donné une gifle à chacun. Je me suis énervé. Je les ai un peu bousculés […] À un moment donné, Alexandre a trébuché et il est tombé à terre, où il a heurté un rail. Il était alors sur le dos. L'autre voulait s'enfuir et, en reculant, il a heurté un tampon avec la tête. Il est également tombé sur le dos (..) J'ai pris une pierre de la grosseur d'une main et j'ai tapé à tour de rôle sur les fronts des enfants», avait-il admis, selon des PV que s'était procurés Le Républicain Lorrain, avant de tout nier en bloc. Il avait été mis hors de cause après une reconstitution où il s'était trouvé incapable de grimper le talus.
Mais, lors du procès de Francis Heaulme en mars 2014, plusieurs indices graves et concordants viennent renforcer les soupçons sur la culpabilité d'Henri Leclaire. Un conducteur de train affirme avoir reconnu un homme la chemise en sang près de la voie ferrée, homme qui ressemblerait à 90 % à Henri Leclaire. Christine Blindauer, une clerc qui travaille à Metz, révèle également que Leclaire lui aurait fait des confidences sur le double meurtre. Ces deux témoignages avaient provoqué un véritable coup de théâtre, nécessitant le report d'un procès qui avait exigé une instruction de près de deux décennies.
Le «routard du crime» et le retraité sexagénaire seront donc jugés ensemble dans quelques mois par la cour d'assises de la Moselle. L'une des plus grandes énigmes judiciaires françaises devrait, enfin, trouver un dénouement.
Et on reparle de Montigny Les Metz....
- Jarod1
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"disons que la chine est un pays particulier,c'est sur,tout le monde a du travail,et ceux qui ne savent rien faire au lieu d'attendre que ça passe balayent les autoroutes.
on ne sait pas trop à quoi ca sert,mais au moins,ils travaillent."
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