Fonck1 a écrit :
je peux que t'accorder crédit quand à la comparaison.
mais bon, le monde du travail a évolué, il n'a jamais été aussi protégé, et à un moment donné, il faut faire évoluer aussi le syndicalisme et là malheureusement, ça pèche.
exemple, ça ressemble a notre fiscalité ....
EXCLUSIF. Ces règles ubuesques d'indemnisation du chômage
Comment des modalités ultracomplexes aboutissent à des situations absurdes : gagner plus au chômage qu'en travaillant, par exemple… Par Marc Vignaud
Modifié le 12/06/2019 à 18:18 - Publié le 12/06/2019 à 18:00 | Le Point
Plus d'un chomeur sur cinq touche une allocation superieure a son salaire mensuel net anterieur moyen.
Le gouvernement met la dernière main à sa réforme de l'assurance-chômage. Très complexes, les règles d'indemnisation aboutissent de plus en plus souvent à des situations ubuesques auxquelles il entend mettre un terme.
Quand la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, l'a révélé, fin février, le chiffre avait été contesté. Mais il a été confirmé depuis par Pôle emploi : plus d'un chômeur sur cinq touche une allocation supérieure à son salaire mensuel net antérieur moyen. Soit environ 600 000 chômeurs.
« Il est possible de gagner de 100 % à plus de 200 % de ce que l'on gagnait avant », insiste-t-on Rue de Grenelle. Comment cela est-il possible ? Ce sont des personnes qui ont eu des parcours très fractionnés, c'est-à-dire qui ont travaillé peu de jours pendant la période de référence qui sert au calcul de leurs droits. Une personne rémunérée une fois et demie le montant horaire du smic en travaillant un jour sur deux pendant un an, via des CDD d'une journée, soit l'équivalent de six mois à temps plein, gagne par exemple 880 euros net par mois. Une fois au chômage, cette même personne aura pourtant droit à 1 200 euros net d'allocation pendant six mois, en vertu de la règle qui veut qu'un jour travaillé donne droit à un jour indemnisé. Cela parce que l'allocation chômage est définie non pas sur la base du revenu mensuel moyen antérieur, mais sur le salaire journalier calculé à partir des seuls jours travaillés.
Non seulement cela n'encourage pas à la reprise d'un emploi, mais en plus cela pose « un problème d'équité », souligne le ministère du Travail. Car une personne qui a accumulé le même nombre d'heures pendant la période de référence, non pas un jour sur deux, comme dans le cas précédent, mais en travaillant à mi-temps chaque jour, n'aura droit qu'à environ 630 euros d'allocation.
Monsieur X
Il gagne plus au chômage qu'en travaillant
Ce salarié a cumulé 166 contrats de 1 à 13 jours maximum pendant 24 mois avec le même employeur de l'hôtellerie, pour un volume de travail, en fractionné, de 291 jours sur une période de 730. Son salaire net mensuel moyen sur cette période s'élève à 1 228 euros. Lorsqu'il se retrouve au chômage, il touche… 1 950 euros net, soit 59 % de plus que lorsqu'il travaillait.
Madame Y
Elle ne se presse pas pour trouver un emploi tant son indemnité est généreuse
Cette personne a travaillé dans une SSII pendant six ans. Son salaire atteignait 11 000 euros brut. En 2015, elle s'inscrit au chômage. Elle a alors droit à 24 mois d'indemnisation au maximum. Elle a finalement profité d'une indemnité de 6 200 euros net pendant 23 mois, ce qui suggère qu'elle a attendu la fin de son indemnisation avant de rechercher un travail…
Arbitrages. D'autres règles viennent ajouter une certaine dose d'absurdité au système. Pour encourager l'activité partielle des chômeurs, on a autorisé le cumul avec l'indemnisation sans limite de durée à partir de 2014. A aussi été ajouté un système permettant de recharger ses droits à indemnisation pour ne pas dissuader le chômeur de reprendre un emploi, même précaire, à condition de travailler au moins 150 heures (l'équivalent d'un mois). En mettant bout à bout ces deux règles, notre chômeur qui travaillait auparavant un jour sur deux peut ainsi, théoriquement, prolonger indéfiniment le versement de son allocation en la cumulant partiellement avec ses revenus d'activité. Une situation entièrement virtuelle ? Pas totalement. « En décembre 2014, 9 % des personnes en situation de cumul étaient dans cette situation pendant vingt-quatre mois. Quatre ans plus tard, en décembre 2018, c'étaient près de 17 % des quelque 865 000 personnes qui avaient cumulé au moins vingt-quatre mois », dévoile au Point le ministère du Travail, qui se fonde sur les chiffres de Pôle emploi.
Le système présente aussi des failles chez les salariés très qualifiés. Le plafond d'indemnisation, de 6 615 euros net par mois, est un des plus généreux d'Europe. Or, malgré un taux de chômage de 3 à 4 % pour ces personnes, « la durée d'indemnisation s'allonge à mesure que le montant de l'allocation augmente et on observe un pic de reprise d'emploi avant l'épuisement des droits », constate le ministère du Travail. Le gouvernement réfléchit donc à rendre l'allocation chômage des personnes bien rémunérées dégressive dans le temps, jusqu'à un certain niveau de salaire. Ces arbitrages, explosifs, devraient être annoncés la semaine du 17 juin§