En fait lorsqu'on dit que c'est le client qui paiera, il faut comprendre que c'est le consommateur qui paiera en bout de ligne puis que c'est lui qui achète le produit fini.Hausse des prix du gazole routier. « C’est le client qui paiera », assure Jean-Baptiste Djebbari
La hausse de la fiscalité sur le gazole pour les transporteurs sera répercutée en bas de facture, assure le secrétaire d’État aux Transports. La Fédération nationale des transporteurs routiers est dubitative sur l’efficacité de cette répercussion.
Les transporteurs vont payer un peu plus cher le gazole qu’ils utilisent. Pour atténuer cette mauvaise nouvelle, qui date de juillet, le secrétaire d’État aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari a annoncé, sur franceinfo, mardi 17 septembre que les transporteurs pourraient répercuter sur leurs clients la hausse de deux centimes.
Deux centimes pour financer « les transports du quotidien »
Alors ministre des Transports, Élisabeth Borne, avait annoncé le 9 juillet une contribution du secteur routier à hauteur de 140 millions d’euros pour permettre à l’Agence de financement des infrastructures de France d’améliorer les « transports du quotidien ». Le remboursement partiel dont bénéficient les transporteurs routiers sur la fiscalité du gazole sera réduit. Actuellement, 17 centimes leur sont remboursés sur chaque litre de gazole routier. Ce ne serait plus que 15 centimes le 1er janvier prochain.
Un décret pour répondre à la colère des transporteurs
Une table ronde doit avoir lieu jeudi 19 septembre entre les représentants des routiers, Jean-Baptiste Djebbari, secrétaire d’État aux transports, Élisabeth Borne, désormais ministre de la Transition écologique, et Muriel Pénicaud, ministre du Travail. Pour tenter d’apaiser la colère des syndicats professionnels, Jean-Baptiste Djebbari a annoncé que l’augmentation de deux centimes du litre de gazole serait « répercutée en pied de facture, c’est-à-dire que les transporteurs routiers ne le subiront pas, c’est le client qui paiera. »
La FNTR redoute la perte de parts de marché
La Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR), qui refuse la hausse de fiscalité, se montre dubitative sur l’efficacité de cette répercussion. « Ça ne se passe pas comme ça dans la vraie vie, explique-t-on au siège. Le décret nous permettrait peut-être de répercuter les deux centimes sur les contrats préexistants, mais pour l’avenir, l’offre de transport étant supérieure à la demande, un chargeur pourra toujours opter pour un transporteur polonais si nous lui répercutons les deux centimes. »
La FNTR craint ainsi que les transporteurs français perdent de nouvelles parts de marché. « Nous venons de calculer que les transporteurs étrangers cabotent déjà 40 fois plus en France que les transporteurs français à l’étranger. »
La Bretagne craint d’être encore plus en périphérie
Même opposition au Collectif des acteurs économiques bretons contre l’écotaxe, qui avait participé en 2013 au mouvement des Bonnets rouges contre les portiques écotaxe, « qu’elle soit payée par les transporteurs ou répercutée sur les clients, la hausse de deux centimes pénalisera l’économie de la région et cela accentuera encore le caractère périphérique de la Bretagne », explique Frédéric Duval, un de ses responsables.
Ce genre de mesure fera qu'il y aura plus de camions étrangers sur nos route et encore quelques petites sociétés de transports qui vont déposer le bilan.

