Avec la crise économique, la précarité énergétique frappe la population de plein fouet. Les particuliers ne sont pas les seuls touchés. Après deux confinements, de nombreuses petites entreprises ont de grosses difficultés à payer leur fournisseur d’énergie.
«Sur le marché des particuliers et des petits professionnels, nous constatons effectivement de plus en plus de difficultés pour régler les factures», confirme-t-on chez EDF.
Source:Le Parisien.
Vers une vague de factures de gaz et d'électricité impayées?
.....C'est en tout cas ce que redoutent les fournisseurs. La crise sanitaire et économique a fait basculer un million de Français supplémentaire dans la pauvreté, selon plusieurs associations, dont la Fondation abbé Pierre, Médecins du monde, le Secours catholique, ATD Quart-Monde ou encore Emmaüs.
Qu'ils soient étudiants, intérimaires ou artisans, ces « nouveaux pauvres » souffrent également de précarité énergétique. Et rejoignent ainsi la cohorte des 4 millions de ménages déjà touchés par ce mal des temps modernes.
« Sur le marché des particuliers et des petits professionnels, nous constatons effectivement de plus en plus de difficultés pour régler les factures, confirme-t-on chez EDF, qui ne souhaite en revanche pas communiquer de chiffres. Les trois-quarts des impayés proviennent aujourd'hui de clients habituellement non-précaires, c'est-à -dire ne touchant pas le chèque énergie. Ils n'étaient que la moitié auparavant. »
Les professionnels ne sont pas protégés par la trêve hivernale:
Même constat chez des concurrents. « Nous ne sommes sans doute pas les plus affectés, du fait du profil de nos clients, mais oui, le taux d'impayés augmente depuis le début de l'année, observe Vincent Maillard, le patron de Plüm Energie.
Avec une accélération en octobre et novembre ». Idem chez Planète OUI : « Le phénomène a pris de l'ampleur ces derniers mois. » D'autres, parmi les leaders du marché, ne souhaitent pas s'exprimer sur le sujet, mais confirment néanmoins « une tendance nette, notamment chez les clients professionnels ».
Ces derniers ne sont en effet pas protégés par la trêve hivernale, qui intervient chaque année entre le 1er novembre et le 31 mars.
Les TPE (très petites entreprises) et PME, en première ligne donc. « Les professionnels représentent habituellement une faible part des sollicitations auprès de nos services, constate-t-on chez le médiateur de l'énergie. Globalement autour de 3 %. Or cette part a doublé cette année. »
Solène Merlin possède avec son mari un petit hôtel-restaurant de neuf chambres à Sully-sur-Loire (Loiret). Ils ont dû fermer pendant deux mois et demi lors du premier confinement. « Notre seule source de revenus était alors les 1500 euros mensuels du Fonds de solidarité, explique-t-elle. Pour mon mari, notre fille de cinq ans et moi-même. »
L'activité reprend faiblement au mois de juin. Mais face à la situation financière, Solène demande un étalement de la facture d'électricité auprès de son fournisseur Total Direct Energie.
La première échéance est réglée rubis sur l'ongle. Mais au moment de verser la deuxième, le deuxième confinement est mis en place. « Nous avons fermé le restaurant, mais maintenu cette fois-ci une activité partielle de l'hôtel, reprend-elle, notamment pour y accueillir les sous-traitants de la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly, à une quinzaine de km de là . »
Cinq traites de 1066 euros chacune sont encore à régler. Mais les caisses sont vides. Solène demande à son fournisseur de pouvoir régler au moins la moitié. Refus catégorique : « Si vous ne payez pas, on vous coupe ». Plusieurs textos, que nous avons pu consulter, en témoignent. Au moment où nous écrivons ces lignes, un compromis aurait semble-t-il été trouvé, grâce à l'intervention du médiateur.
Un dispositif de report prévu par la loi:
Légal ? Malheureusement oui, à défaut d'être arrangeant. Certes, les pouvoirs publics ont mis en place, via la loi du 14 novembre dernier, un dispositif de report de paiement des factures d'énergie entre le 17 octobre et jusqu'à 2 mois après la fin des mesures de restriction.
Il comprend également une interdiction de suspension, de réduction ou de résiliation des contrats de fourniture d'énergie en cas de difficultés.
Sauf que de nombreux entrepreneurs, comme Solène et son mari, ont été frappés par la crise bien avant cette date. Souvent dès le premier confinement. Certains fournisseurs considèrent alors qu'ils sortent du champ de la loi.
Mais à situation exceptionnelle, d'autres ont décidé d'adopter des procédures exceptionnelles. EDF notamment, s'est engagé à garantir la fourniture d'énergie à tous, et à suspendre au moins jusqu'au 15 janvier prochain, toute réduction ou coupure d'énergie, ainsi que toute pénalité de retard.
https://www.leparisien.fr/economie/elec ... 416293.php

