Victor a écrit : 31 décembre 2020 15:44
Non il faudrait un SMIC comparable à celui de l'Espagne ou du Portugal.
Dans les 800 euros mensuels avec la suppression du RSA et de la CMU.
C'est de cette façon que les usines et les emplois reviendront en France.
Tu n'as pas froid aux yeux.
Même les économistes les plus libéraux n'oseraient pas proposer ce dont tu parles ici.
Tu es, comme à ton habitude, dans l'obsession de la compétitivité. Compétitivité qui signifie faire les yeux doux aux entreprises. Le fait de "faire les yeux doux aux entreprises" a un coût.
Ce coût, tu en parles très bien lorsque tu proposes un smic à 800 euros, lorsque tu proposes la suppression du RSA. C'est un coût en terme de niveau de vie pour les classes les plus défavorisées.
C'est un coût qui prend la forme d'une plus grande précarité financière et aussi d'emplois plus précaires (et oui les entreprises doivent être libres d'exploiter à moindre coût les travailleurs sinon elles vont partir de chez nous !).
Ce qui est malheureux c'est que tu ne parles jamais d'économie Victor, tu parles de gestion. Tout simplement car tu es un gestionnaire travaillant des entreprises privées. Si tu étais capable de considérer l'économie dans son ensemble tu ne proposerais jamais une politique de l'offre si prédatrice pour la demande. Ton point de vue est celui des entreprises.
Comme il est confortable de donner des leçons de sobriétés financières tout en empochant son salaire de cadre dans une entreprise privée mon cher Victor.
Il faut être réaliste et avoir les pieds sur terre. Abaisser le smic à 800 euros ? Comment les salariés les plus précaires pourront se loger en ville, c'est-à -dire au coeur des bassins d'emplois ?
Ton approche est profondément anti-logique et anti-éthique. Comment veux tu, dans une société déjà franchement ébranlée par des tensions sociales, proposer des mesures qui agrandiraient davantage les inégalités ?
Tu es, dans un même temps, pour la suppression de certaines aides sociales, pour le fait que l'impôt soit payer par tous et pour la suppression de l'ISF. En gros, tu es pour laisser s'accroitre les hauts capitaux et pour taper sur les plus démunis sous couvert de compétitivité.
Les inégalités exploseront et il n'est même pas certains que les entreprises reviendront rapidement.
Tu m'expliqueras également comment fait un salarié qui touche 800 euros par mois pour se loger, se nourrir, se chauffer et puis payer des impôts.
Une autre approche, sans doute plus pertinente, serait de revaloriser les emplois ayant une forte utilité sociale mais aucune reconnaissance. Les premiers de corvée comme les aides à la personne, les infirmiers, etc, doivent être largement reconnus à leur juste valeur.
Pour moi, il faut également procéder à une refonte fiscale. Le revenu universel pourrait par exemple une manière totalement pertinente de simplifier le système fiscal.
En ce qui concerne les entreprises, il faut être attentif aux externalités et à l'utilité sociale de celles-ci. Les secteurs d'activités a forte valeur sociale ou à production verte doivent faire l'objet de nombreuses subventions. Quant aux grandes entreprises dont l'utilité sociale se limitent à créer des emplois et qui, par leurs activités financières, accumulent des dividendes disproportionnés doivent être fortement taxées. Les entreprises polluantes également.
Il faut aussi investir massivement dans l'éducation. Comment un cadre d'entreprise comme toi peut-il être si hors sol de la réalité économique ? Comment les salariés peuvent-ils se réinsérer dans d'autres secteurs si leurs entreprises ferment à cause de la transition écologique par exemple ? Il faut former et la formation passe par l'éducation. La croissance passe également par l'éducation. On ne fait pas de croissance en jouant sur les multiples petites coupes budgétaires possibles mais en innovant.
"Etre de gauche c'est d'abord penser le monde, puis son pays, puis ses proches, puis soi; être de droite c'est l'inverse" Gilles Deleuze