La cheffe d’établissement a porté plainte après avoir été bousculée jeudi matin par une mère de famille ulcérée de voir son fils recalé à l’entrée de l’école.
...L’illustration d’un climat devenu difficile dans le contexte de pandémie.
Source:Le Parisien.Imaginé pour protéger les élèves de l’épidémie de Covid-19, le protocole sanitaire strict mis en place dans les écoles devient-il une menace pour les enseignants et les responsables d’établissements ?
Il est en tout cas à l’origine de l’agression, ce jeudi matin, à Nanterre, de Véronique Mauro, directrice de l’école élémentaire Anatole-France, bousculée par une mère de famille ulcérée par la fermeture inopinée de la classe de son fils.
Cette fermeture, consécutive à l’absence d’un enseignant, la directrice de l’école Anatole-France, en poste depuis neuf ans, a pourtant pris le soin d’en informer elle-même chaque parent. Presque un rituel pour cette cheffe d’établissement qui avoue être confrontée, depuis des mois, à de sérieux problèmes d’organisation liés à l’épidémie avec, de temps à autre, des fermetures de classe à gérer en plein milieu de journée.
Là, c’est de bon matin que la responsable a pris son téléphone pour alerter les parents. « Je les ai prévenus un par un que le protocole sanitaire ne nous permettait pas de brasser les élèves et qu’il était donc impossible de les dispatcher dans d’autres classes, glisse-t-elle. Je leur ai aussi expliqué que, par conséquent, l’école n’était pas en mesure d’accueillir leurs enfants. »
Un coup de fil plus ou moins bien accepté par les familles, excepté pour un couple dont le fils de huit ans a, malgré tout, été envoyé à l’école, accompagné par son grand frère.
Dix jours d’arrêt de travail:
Présente sur le trottoir, devant l’école, à l’arrivée de l’écolier et de son aîné, la directrice, dans le respect du protocole sanitaire, n’a pas eu d’autre choix que de leur demander de faire demi-tour.
Sauf qu’une demi-heure plus tard, c’est la mère de l’enfant, des insultes plein la bouche, qui a fait irruption dans la petite école Anatole-France.
« Elle était hors d’elle et hurlait qu’elle ne savait pas où était son fils, confie Véronique Mauro, encore groggy par l’épisode qui lui a, au final, coûté dix jours d’interruption temporaire de travail (ITT). L’agression a d’abord été verbale mais ensuite, elle m’a littéralement foncé dessus…»
La scène, malgré l’intervention du gardien de l’école, s’est ensuite poursuivie jusque dans le bureau de la cheffe d’établissement où celle-ci assure avoir été bousculée par la mère de famille. Au point d’être contrainte d’alerter la police.
Un épisode qui, selon la directrice, en dit long sur l’état de nerfs de certains parents d’élèves confrontés à d’inconfortables imprévus. « Les agressions verbales et les insultes constituent, hélas, mon quotidien depuis près d’un an, regrette-t-elle. Et Anatole-France n’est pas un cas isolé. De ce que me racontent les collègues, c’est la même chose dans d’autres écoles de Nanterre.»
«Les parents sont à cran»:
Si elle n’absout ni les insultes, ni les comportements violents, Véronique Mauro n’élude toutefois pas le contexte.
« Notre école se trouve en zone d’éducation prioritaire, dans un quartier populaire où les parents occupent des emplois parfois précaires, avec des employeurs pas toujours compréhensifs, observe-t-elle. Pour eux, il peut être compliqué d’expliquer à leurs patrons qu’ils ne peuvent pas venir travailler parce qu’ils doivent garder leurs enfants.»
« Le climat est actuellement très difficile, observe, de son côté, Jean-Pierre Bellier, adjoint au maire de Nanterre en charge de l’éducation. En cette période de crise sanitaire, de lourdes contraintes et d’importantes charges mentales pèsent à la fois sur les enseignants, les élèves, les personnels communaux et les parents d’élèves. C’est tout un système qui se retrouve en tension.»
« Entre les fermetures de classes liées au Covid et celle liée à la grève des agents [municipaux], les parents sont à cran, confirme un délégué local FCPE. Après, les enseignants et les chefs d’établissements ne doivent pas servir de réceptacle à cette colère.»
Soutenue par les enseignants de l’école, qui ont un temps envisagé la possibilité d’une grève pédagogique avant de se raviser, la directrice, qui a également reçu la visite de l’inspectrice de circonscription, a déposé plainte contre la mère de famille.
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