La semaine dernière, la toujours très discrète Danielle Simonnet, membre active de La France insoumise, a pris, avec Danièle Obono, autre figure de la formation de Jean-Luc Mélenchon, l'heureuse initiative d'inviter Jeremy Corbyn à la soutenir dans sa course à la députation. Un choix des plus judicieux tant Jeremy Corbyn s'y connaît en victoire électorale. À la tête des travaillistes britanniques, il a accompli ce singulier exploit d'obtenir l'un des scores les plus historiquement faibles aux dernières élections législatives, perdant notamment des bastions de toujours dans le nord du pays.
L'autre fait d'armes de Jeremy Corbyn est d'avoir réussi à être exclu de son propre parti (il fut réintégré peu après) après la sortie d'un rapport indépendant l'accusant, lui et sa formation, d'avoir laissé prospérer sans réagir l'antisémitisme au sein des instances de son parti. Il est vrai qu'en matière d'antisémitisme, Corbyn possède ce talent rare de se situer toujours sur cette vertigineuse ligne de crête qui sépare les ardents défenseurs de la cause palestinienne des pourfendeurs du peuple juif dans son ensemble.
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On pourrait faire le même parallèle avec la Russie. L'antiaméricanisme primaire des Insoumis les range forcément aux côtés de la Russie. Là aussi, c'est une simple question de mécanique idéologique. On ne réfléchit pas, on fait du copier-coller. À la présumée arrogance de l'Amérique et de l'OTAN répondrait l'éternelle humilité de la Russie, gardienne de tous les pays colonisés de la terre. Et quand cette dernière se permet d'annexer en toute illégalité l'Ukraine, on bafouille, on dit oui, on dit non, on dit arrêtez la guerre et comme cette dernière ne veut finir, on dit cessons de fournir des armes aux Ukrainiens, c'est la seule façon d'en terminer.
Ce qui revient à sacrifier les Ukrainiens.
http://www.slate.fr/story/229062/blog-s ... EifQ%3D%3D

