gare au gorille a écrit : 19 juin 2022 00:19
da capo a écrit : 18 juin 2022 22:50
Ces phénomènes dits paranormaux comme les lieux hantés sont du domaine de la croyance, qui se définit comme une démarche pseudo-rationnelle dans laquelle on se leurre en accordant crédit à des pensées sans vérité, conformes à nos désirs et non à la réalité objective.
Plus la croyance en ces phénomènes indémontrables touche un nombre élevé de personnes, plus le croyant s'en trouve conforté.
On s'imagine que des entités, qu'on suppose extérieures à notre condition humaine, agissent de manière à manifester leur présence dans le but nous intriguer, voire de nous inquiéter, mais curieusement, elles le font exactement comme le feraient des humains espiègles, en se cachant pour augmenter l'effet produit.
De mon point de vue, ces entités ne sont que des créations humaines, des reflets de l'intarissable imagination des hommes.
Tu as surement la raison avec toi, mais peut être qu'un jour tu seras confronté à quelque chose qui dépasse ta raison et que tu ne pourras pas expliquer. Perso j'étais tout comme toi plein de certitude et fort du bon sens qui nous porte à rejeter les témoignages qui nous portent vers l'inexplicable et un jour je me suis retrouvé témoin malgré moi de quelque chose qui dépasse le bon sens et la raison et à partir de ce moment la toutes les certitudes se retrouvent remises en question. Je te souhaite d'en faire un jour ta propre expérience et éprouver la même interrogation qui est depuis la mienne. En attendant l'expérience un peu étonnante d'un autre quel qu'il soit ne pourra jamais te convaincre puisque la raison est avec toi.
Oui Gag, c'est ce qu'on appelle un état de sidération, ce moment de fragilité qui nous rend perméable à des explications qu'on aurait rejetées auparavant, mais qui soulagent cet état de panique provoqué par l'incident en y apportant un semblant de réponse.
On l'observe souvent à l'occasion de catastrophes naturelles par ex.
Dans le même ordre d'idée, on peut imaginer les croyances suscitées aux temps préhistoriques chez les hommes qui pouvaient parcourir la distance Calais-Douvres à pied sec lorsque la Manche a commencé à se remplir, ou bien devant les cataclysmes provoqués par les nombreuses éruptions volcaniques et les tremblements de terre du néolithique en Italie, en Grèce, aux proche et moyen Orient...
Petite anecdote :
vers l'âge de 18 ans, j'ai vécu cet état de sidération pendant une dizaine de minutes.
Avec ma copine du moment, on roulait à moto sur une petite route bordant la côte landaise.
On avait bu quelques bières et fumé quelques joints dans les dunes, puis repris la route au moment où la nuit commençait à tomber. Dans un virage pris un peu trop vite, ma roue avant qui a dérapé sur des aiguilles de pin est descendue de la bande de macadam et on a plongé dans le sable mou qui borde la route.
Comme il faisait chaud, j'avais mon casque au bras, ma copine portait le sien et c'est probablement la violence du choc de son casque sur ma nuque qui m'a valu de perdre connaissance pendant une vingtaine de secondes.
Quand je suis revenu à moi, il faisait pratiquement nuit et malgré ma douleur intense, je n'avais plus aucun souvenir du déroulement de l'accident, avec l'impression qu'il s'était passé quelque phénomène surnaturel du genre faille temporelle, renforcé par la certitude d'être passé sans transition du jour à la nuit en quelques secondes. Bref, je divaguais dans le sable en vociférant n'importe quoi et franchement, si l'on m'avait dit à cet instant qu'un fantôme avait traversé la route ou qu'un trou noir nous avait aspiré, je l'aurais cru sans réserve, mais en voyant ensuite la moto pliée en deux et aux cris de ma passagère qui m'engueulait, j'ai fini par retrouver mes esprits.
Bon, désolé c'était un peu long.
Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve.
Hölderlin