UBUROI a écrit : 05 janvier 2020 20:56
La radicalisation islamiste ne serait elle pas le
"refuge moderne" pour certains "déviants", "délinquants", "asociaux", "révoltés", "non intégrés","décrocheurs", "mal dans leur peau", "victimisés et exclus"...comme l' étaient à une autre époque (années 70) les mouvements violents de l'extrême gauche. Je le pense d'autant plus que l' islamisme radical, contrairement aux extrémistes de la gauche révolutionnaires, est d'un simplisme binaire facilement assimilable par des individus incultes, par des individus rudimentaires...Il y a bien sûr des islamistes au parcours initiatique plus complexe et plus intellectuel.
Cette radicalisation islamiste est le signe de la grande détresse intellectuelle (et morale) de notre époque. La Bande à Baader étaient des intellectuels!
Cela va être difficile à aborder sous cet angle, alors qu'il serait l'un des plus intéressants, en plus d'éviter tous les raccourcis à la noix qu'on lit ici ou ailleurs sur les attentats islamistes et ses ramifications avec l'islam, la religion, et le musulman, l'individu lambda.
Deux pistes.
La première, et je regrette de ne plus être capable de mettre la main dessus, c'était la thèse d'un intellectuel américain, un sociologue de mémoire, qui expliquait pourquoi l'engouement pour rejoindre Daesh au levant avait agit sur autant de personnes à travers le monde, hommes et femmes. Il expliquait, entre autres raisons, que tous ces jeunes qui avaient rejoint le califat avaient enfin trouvé un sens à leur vie ; qu'ils étaient enfin considérés en tant qu'individus, fussent-ils des tueurs ; qu'ils faisaient partie d'un groupe, d'une société qui ne les rejetait pas et où on leur assignait un rôle, des tâches, des missions ; ils existaient ! Ils pouvaient aussi prendre leur vie en mains, quitte à détruire celle des autres, etc... Je ne pourrai pas retranscrire tout ce que cette thèse abordait, mais l'idée est là .
La seconde se trouve dans le rapport qu'avait rédigé ce député socialiste d'origine maghrébine, dont j'ai oublié le nom, lors de la présidence Hollande. Un type plutôt intéressant d'ailleurs (j'ai le nom sur le bout de la langue, je vois sa tête mais ça ne vient pas). J'avais commencé à lire le rapport que je n'ai pas terminé, mais il expliquait le pourquoi de la radicalisation de certains jeunes de banlieues, et on était dans la difficulté d’intégration, le manque de reconnaissance, le repli sur soi communautaire, le sentiment d'abandon, etc...
Enfin, les radicaux ont aussi leurs intellectuels, mais ils sont généraux, ils dirigent, dressent les plans, etc., mais ne vont pas se faire sauter le caisson. Ils ont leurs soldats pour ça, ceux qui sont venus des quatre coins du globe avec enfin l'idée d'un destin, fut-il cruel et tragique.
Inutile de citer le message auquel vous répondez s'il est au-dessus du votre, vous encombrez le forum pour des prunes.