Mesoke a écrit : 16 juillet 2026 15:01
Oui et si on avait mis plus de sous dans l'aide à l'enfance 5 mecs n'en auraient pas buté un autre il y a un mois, si on avait acheté les Canadair qu'on devait acheter des dizaines de km² de forêt n'auraient pas cramé cette semaine, si on avait interdit Nemesis plus tôt ils n'auraient pas tendu de traquenard à des antifascistes et Deranque ne serait pas mort, si on n'avait pas sabré dans le budget de la justice Barella aurait été incarcéré plus tôt et n'aurait pas violé et tué une gamine, etc, etc, etc.
Analyse politique de caniveau.
On doit faire des lois ou mettre des moyens pour appliquer des lois pour un résultat global en fonction des moyens qu'on décide d'y allouer. 100% de réussite ça n'aura jamais lieu. Il y aura TOUJOURS des OQTF. Il y aura TOUJOURS des crimes et délits commis par des OQTF. Et par des français de souche, et par des orphelins, des catholiques, des néonazis, des pompiers, des vendeurs de voitures. Le but de l'établissement d'une politique est comment concilier un budget raisonnable et un effet qu'on juge acceptable. Se plaindre parce qu'on n'a pas 100% de réussite, surtout en invoquant des faits divers horribles mais ultra rarissimes, c'est ne pas comprendre la base de la gestion d'un pays. Et c'est, désolé, être un pigeon qui tombe dans le piège de la surmédiatisation de la délinquance par les médias via des faits divers, pas quelqu'un qui chercherait à améliorer rationnellement une situation qui ne sera JAMAIS parfaite à 100%. A moins de devenir une dictature sécuritaire tu trouveras TOUJOURS des faits divers horribles à prendre en exemple pour dire qu'on n'en fait pas assez. Maintenant pose-toi la question de quel courant politique aux portes du pouvoir est soutenu par les médias qui surmédiatisent ces faits divers, et est idéologiquement proche d'un courant qui aime bien les dictatures sécuritaires.
Je vous l'accorde : le 100 % de réussite n'aura jamais lieu.
Mais encore faut-il se donner les moyens et la volonté d'exécuter des mesures d'expulsion qui me semblent basiques et de bon sens (si on considère un clandestin a vocation à rentrer dans son pays).
Nous n'avons manifestement pas les mêmes valeurs : vous considérez comme digne d'une dictature sécuritaire une mesure qui, selon moi, est une mesure de bon sens (expulser un clandestin qui n'a le droit de rester chez nous).
Quand je parle de se donner les moyens, je parle des moyens
juridiques, pas financiers. Car je pense qu'une politique d'expulsions systématiques ne nécessite pas de moyens financiers et humains supplémentaires : au contraire, elle pourrait permettre de faire des économies.
En effet, le droit français est ainsi conçu qu'il fournit aux clandestins de très nombreux motifs pour rester en France, et qu'il leur offre de très nombreuses possibilités de recours, appels, contre-appels, sursis... Ces procédures très complexes mobilisent de très nombreux fonctionnaires (magistrats, flics, matons, services préfectoraux...), pour finalement aboutir à un taux d'expulsion très faible (c'est leur objectif, puisqu'elles sont faites pour multiplier les possibilités offertes aux clandestins de rester en France). Prenons l'exemple des centres de rétention, dont on avait parlé au moment du meurtre de Philippine : pour garder un clandestin en centre de rétention pendant 90 jours, il faut 5 jugements successifs. Pourtant, en principe, un clandestin ne devrait avoir aucun autre droit que rentrer dans son pays : sauf que la loi inverse le principe, l'expulsion devient l'exception, et elle doit être justifiée à au moins 5 reprises dans ce délai de 90 jours. Chaque jugement occasionne du boulot pour les magistrats et les services préfectoraux. Si on simplifiait les procédures, avec un seul jugement et des délais rallongés, on aurait 5 fois moins de boulot pour les magistrats et les services préfectoraux, des risques de remise en liberté moindres, un ordre public mieux préservé, et cela n'aurait rien d'une dictature puisque, rappelons-le, un clandestin ne devrait avoir aucun autre droit que rentrer dans son pays.