da capo a écrit : 30 avril 2021 23:37
Ces différences que tu as bien cernées avec nos voisins ne nous dispensent pas de nous inspirer de leurs méthodes de modération du chômage intermittent ou de longue durée et cette réforme semble justement s'en rapprocher.... timidement.
Au titre de ces différences, s'ajoute un paramètre que je crois important, à savoir notre philosophie de l'aide sociale, considérée par les uns comme une solidarité de principe et par les autres comme un devoir d'assistanat sans condition.
Enfin, je crois qu'opposer une option mondialiste à une option nationaliste n'est qu'une vue de l'esprit, vu qu'on n'a plus le choix d'être mondialiste ou pas dans la mesure où l'on veut préserver notre niveau de vie et que cette idée nationaliste qui me semble tourner autour d'un vague protectionnisme à effet boomerang ne vaut pas un pet de lapin pour le dire franchement.
Leurs méthodes ? des mini-contrats ou contrats zéro qui cachent la poussière sous le tapis ? et des chiffres qui ne traduisent que très peu la situation réelle du chômage dans ces pays ?
Qui peut être crédible en prétendant qu'un emploi d'une heure dans la semaine de référence sort un individu du chômage ?
Mais la seule méthode pour résorber un tant soit peu le chômage en France est de crééer des emplois pérennes en relocalisant et en se réindustrialisant, d'arrêter l'hémorragie sous prétexte d'une union qui ne profite qu'à la finance, d'être beaucoup plus dissuasif sur les abus de contrats courts, d'en finir avec les accords commerciaux mortifères pour la France, d'arrêter de se servir de l'Unedic comme d'une caisse de pré-retraite et de dilapider des dizaines de milliards dans le vent
Je suis pour une fiscalité différenciée entre TPE/PME et grandes entreprises, précisément parce que les PME sont les plus grandes pourvoyeuses d'emplois
Là , on a le sentiment que tout se fait à l'envers de ce qui devrait être, comme si le chômage massif était plus un objectif qu'une conséquence ...
Par exemple, quel sens ça avait de légiférer en catimini en mai 2020 pour permettre aux dirigeants de reprendre leur propre entreprise en l'écrémant de personnel et de dettes ?
Cette mesure grotesque, conjuguée à des confinements destructeurs d'emplois et à une réforme inique, est d'un cynisme absolu
Sur les aides sociales, il me semble qu'elles sont toujours conditionnées à un niveau de ressources et autres critères ;
mais il y a là aussi entourloupe parce que la fraude est industrialisée, lutter contre est une priorité si on veut y voir clair, avant même de s'attaquer aux dépenses à proprement parler ; et dans cet objectif, il faudrait simplifier le système pour un meilleur contrôle ;
mais la solidarité est de mise dans un pays qui n'arrive pas à fournir un travail à chacun, on en revient toujours au même constat
Le droit au travail et à son libre choix fait partie des Droits de l'homme et de la Constitution, et à défaut de politiques dignes de ce nom, l'Etat a le devoir d'assurer à chacun une protection contre le chômage et des conditions de vie décente.
Quant à l'opposition mondialisme/nationalisme, au contraire, c'est le coeur du sujet ; il ne s'agit pas seulement de protectionnisme, mais de faire prévaloir les intérêts nationaux sur les intérêts privés et de ne pas rougir d'une conception de société plus juste ;
dans le cadre du chômage, ça implique de mener une politique qui lutte contre les fuites d'emplois et qui favorise les créations par des moyens pertinents, et non des mesures démagogiques qui ne visent qu'à s'acheter un électorat
Le protectionnisme n'est pas forcément à double tranchant s'il se limite à ce qu'on sait produire dans le pays, c'est juste une affaire de bon sens de privilégier la production nationale à des accords mortifères pour notre économie.