capochef99 a écrit : 30 novembre 2020 15:17
Cela fait trop longtemps que E MACRON ne s'est pas exprimé sur l'UNION EUROPEENNE, et surtout sur la comparaison de la FRANCE avec l'ALLEMAGNE, quant-à mettre en place
une armée de défense de l'U-E ????
En début 2019 E MACRON faisait des promesses en ce sens !
Depuis, j'ai l'impression que MARKEL a fermé la porte ????
Une armée de défense contre qui ?
contre quoi ?
Avec quelle stratégie ? dissuasion classique, dissuasion progressive ?
Il faut se rappeler de tout ce qui a suivi le déploiement des SS-20 et la crise des euromissiles.
Il faut bien se rappeler de cette crise a été l'occasion de tensions assez importantes entre la France et l'Allemagne.
L'Allemagne étant la plus visée par les missiles SS-20 soviétiques, elle était favorable aux déploiements des Pershing américains pour contrebalancer les SS-20.
C'était beaucoup moins la même unanimité en France. Les atlantistes étaient pour mais les souverainistes y étaient opposés, car ils pensaient que cela pouvait remettre en cause la dissuasion nucléaire gaullienne.
Finalement, Mitterrand (en fin de compte, plutôt atlantiste comme la participation française à la guerre contre l'Irak en 1991 le montrera, JP Chevènement, souverainiste, y était opposé et démissionnera) finira par accepter le déploiement des missiles Pershing et s'en servira comme monnaie d'échange dans d'autres négociations avec Kohl.
Donc, faut bien se rendre compte qu'une défense européenne, cela peut amener assez rapidement à l'abandon du plus important domaine de souveraineté dont dispose encore la France.
La crise des euromissiles est une période de relations Est-Ouest tendues et de débats au sein des membres européens de l'OTAN qui naît des premiers déploiements de missiles soviétiques SS-20 en 1977 et s'achève par la signature du traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire en 1987. Cette crise s'inscrit dans le contexte plus global d'une période de retour à la guerre froide du milieu des années 1970 au milieu des années 1980 qui met fin à une période de détente Est-Ouest, en Europe notamment.
Le déploiement du missile nucléaire de portée intermédiaire SS-20, nettement plus performant que les SS-4 et SS-5 qu'il remplace, provoque une inquiétude en Europe de l'Ouest et sert d'argument pour justifier une modernisation des forces nucléaires intermédiaires (FNI) de l'OTAN. Fin 1979, l'OTAN décide de déployer dans cinq pays européens de nouvelles armes nucléaires tout en proposant aux Soviétiques l'ouverture de négociations sur les FNI.
Cette « double décision » traduit l'absence de consensus dans la classe politique des pays concernés sur la nécessité de cette course aux armements et la vigueur des mouvements pacifistes, notamment en Allemagne de l'Ouest et aux Pays-Bas.
Les négociations entre Américains et Soviétiques s'ouvrent en 1981 mais s'interrompent fin 1983 lorsque l'OTAN commence le déploiement effectif de ses nouveaux missiles Pershing II et BGM-109 G malgré la vague sans précédent de manifestations pacifistes à l'automne de cette année.
Le Royaume-Uni et la France réussissent à garder leurs forces nucléaires nationales en dehors du champ des négociations, en dépit de la volonté maintes fois réaffirmée des Soviétiques de les y inclure. Les pourparlers reprennent en mars 1985 et finissent par se débloquer fin 1986 lorsque Gorbatchev renonce à cette demande. Le traité sur l'élimination des forces nucléaires intermédiaires est signé le 8 décembre 1987 par Reagan et Gorbatchev, mettant ainsi fin à la crise des euromissiles.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_des_euromissiles
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Alexis de Tocqueville