L’ancien chef militaire, commanditaire du massacre de Srebrenica en 1995, avait été condamné à la prison à vie pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie.
Des hommages pour l’un des architectes de la pire tuerie en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. L’ex-chef militaire des Serbes de Bosnie Ratko Mladic, surnommé «le boucher des Balkans» pour son rôle dans le massacre de Srebrenica en 1995, aura des obsèques avec «les honneurs militaires et d’Etat auxquels il a droit», a annoncé à la radio locale K1 le ministre serbe de la Justice Nenad Vujić. Gravement malade depuis des mois, Ratko Mladic est mort jeudi à La Haye, où il purgeait une peine de prison à vie pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Les responsables serbes attendent de savoir quand les autorités à la Haye remettront le corps, a précisé Nenad Vujić. Et le ministre d’ajouter : «Nous sommes prêts à nous rendre à la Haye dès que nous saurons quelles sont les prochaines étapes.» Resté aux yeux d’une partie de la communauté serbe le héraut de la cause du peuple serbe, sa mémoire a déjà été honorée lors d’une cérémonie à la cathédrale orthodoxe du Christ Sauveur, Banja Luka, jeudi 27 août.
Massacre de 8 000 Bosniaques à Srebrenica
Mladic s’est éteint quelques jours après le dernier rejet par le Mécanisme international – appelé à exercer les fonctions résiduelles des Tribunaux pénaux, en l’occurrence du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, fermé en 2017 – de la demande de sa famille et du gouvernement serbe de le transférer dans un hôpital militaire de Belgrade pour y être soigné.
Cet homme incarnait le bras armé d’un sinistre trio – aux côtés de l’ancien président yougoslave Slobodan Milosevic et de l’ex-dirigeant des Serbes de Bosnie Radovan Karadzic – au moment où l’ex-Yougoslavie sombrait dans le carnage après la chute du communisme. Chargé de la stratégie militaire, il a commandé les forces serbes à Srebrenica dans le massacre de 8 000 Bosniaques musulmans, qui avaient cherché refuge dans ce qui était censé être une enclave protégée par les Nations unies. Entre 1992 et 1995, la guerre en Bosnie a fait environ 100 000 morts et 2,2 millions de personnes ont été déplacées.
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La photo de Ratko Mladic devant la cathédrale orthodoxe du Christ-Sauveur à Banja Luka, en Bosnie-Herzégovine, le 27 août 2026. (Photo/Reuters)
