Ce que j’ai appris des ultrariches durant un week-end organisé par Jeff Bezos

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Once
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Ce que j’ai appris des ultrariches durant un week-end organisé par Jeff Bezos

Message par Once »

"UN MONDE À PART"

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En 2018, j’ai été invité au week-end Campfire [littéralement, “feu de camp”] de Jeff Bezos à Santa Barbara, en Californie. Il s’agit d’un raout qui se tient tous les ans et pour lequel le fondateur d’Amazon invite autour de 80 personnes – des célébrités, des artistes, des intellectuels, et toute personne qu’il juge digne d’intérêt – à passer trois nuits dans un complexe hôtelier privé. J’avais été approché peu de temps auparavant par Amazon, qui voulait me débaucher du groupe Disney, où j’avais une société de production de cinéma et de télévision, et, même si j’avais décliné sa proposition (ou peut-être justement parce que je l’avais déclinée), l’équipe de Bezos m’a invité à Campfire, sans doute dans l’idée de m’impressionner en me montrant à quel point il avait le bras long.

(...)

Ma femme et moi avons donc fait le trajet Austin-Los Angeles et avons grimpé dans un jet pour un vol de trois quarts d’heure en direction du nord, en compagnie d’un humoriste et d’un gros bonnet de la télévision. Bezos avait réservé tout le complexe hôtelier de Biltmore pour le week-end, ainsi que le beach club situé juste en face.


Tous les matins, nous nous réunissions dans un amphi pour écouter diverses présentations. Si vous avez déjà vu une conférence Ted, vous connaissez le principe. L’après-midi et le soir, on nous invitait à échanger à bâtons rompus devant un verre ou un repas pantagruélique – autrement dit, à réseauter avec certaines des personnes les plus talentueuses du globe. La question qui revenait le plus souvent dans la bouche des invités était : “Pourquoi je suis là ?”

(...)

Bref, c’est comme ça que le week-end avait commencé. Et voici maintenant comment il s’est achevé : mon épouse s’est cassé le poignet en glissant sur l’herbe mouillée, et mes enfants et moi-même avons attrapé le pieds-mains-bouche. Et, non, ce n’est pas une blague. L’une d’entre nous est donc rentrée à la maison le bras en écharpe, et les trois autres ont eu la figure et les extrémités constellées de cloques rouges douloureuses qui les grattaient.

L’aura de la fortune


À l’apéritif, le deuxième jour, le patron d’une grande agence artistique m’a demandé ce que je pensais du week-end. J’ai répondu : “J’ai passé ma carrière à essayer de comprendre comment fonctionne le monde. Je ne m’étais pas rendu compte qu’il suffisait de venir ici et de poser la question aux gens qui sont aux manettes.”

(....)

Plus je me rapprochais du monde des grandes fortunes, plus je comprenais que le fait d’être riche à milliards ne se résumait pas à amasser suffisamment d’argent pour s’offrir des superyachts, des jets privés ou des hectares à tire-larigot. Cela voulait dire aussi que tout devenait gratuit de facto. Que tout actif peut être acheté mais que rien ne peut plus être perdu, pour la bonne raison que, pour les billionnaires en devenir, une perte, quelle que soit son ampleur, ne saurait nuire à leur standing ou à leur pouvoir personnel. Pour eux, le mot “échec” a cessé d’avoir un sens.

Ce sentiment d’invulnérabilité a de lourdes répercussions psychologiques. Si tout est gratuit et que plus rien n’a plus d’importance, alors le monde et les autres ne sont plus que des faire-valoir, pour autant qu’on leur accorde quelque égard. Ce qui n’est pas du “narcissisme” au sens classique du terme, dans lequel une image de soi mégalomane mais fragile peut dissimuler au fond une grande insécurité. Ce dont je parle ici, c’est plutôt d’une vision de soi dans laquelle la grenouille se fait aussi grosse que l’univers, au point que l’univers lui-même n’existe plus.

Les autres n’existent plus

Plusieurs décennies de recherche en psychologie du développement ont montré que le sens moral de l’individu était façonné par les conséquences de ses actes – pas nécessairement les retours de bâton, mais ses répercussions sur les autres, le fait de recevoir des réactions honnêtes, et donc de devoir s’adapter à la réalité telle qu’elle est plutôt qu’à celle qu’on aimerait voir. Non pas que les riches deviennent de “mauvaises” personnes : simplement, l’environnement dans lequel ils évoluent les empêche d’apprendre ce que les non-riches sont obligés d’apprendre en vivant dans un monde auquel ils se cognent constamment. Quand vous pouvez vous tirer de n’importe quelle bévue à coups de millions, quand vous pouvez congédier quiconque ose être en désaccord avec vous, quand votre cercle social se compose exclusivement de personnes qui ont besoin d’obtenir quelque chose de vous, le mécanisme de base en vertu duquel les humains apprennent que les autres sont réels finit par disparaître à vos yeux.

Quand Peter Thiel a déclaré : “Je ne crois plus que la liberté et la démocratie soient compatibles”, il ne parlait pas de votre liberté à vous. Il parlait de la sienne à lui. Vous, vous n’existez pas. Quand Musk apporte une tronçonneuse à Washington pour cette triste blague qu’il appelait le Doge [le “département de l’efficacité gouvernementale”], il le faisait avec la tête de celui qui est convaincu que rien n’a d’importance : ni la pauvreté, ni le chaos, ni la souffrance humaine. Il prenait son pied, voilà tout. Peu importait à ses yeux que toute cette entreprise de destruction ne se traduisît au bout du compte par aucune économie concrète. À ses yeux, le résultat était acquis d’avance : il ne pouvait que gagner, pour la simple et bonne raison que la notion d’échec n’avait plus aucun sens.


Depuis l’élection de 2024, on a assisté à un vrai basculement philosophique à droite, surtout parmi les milliardaires de la tech, qui diabolisent désormais l’idée d’empathie. Musk a qualifié l’empathie de “faiblesse fondamentale de la civilisation occidentale”. Il y voit une arme agitée par les progressistes pour forcer des gens par ailleurs rationnels à agir contre leurs intérêts propres. L’empathie serait quelque chose qui vous est infligé par d’autres – ce serait une faille qu’ils exploitent, une porte dérobée par laquelle ils accèdent à vos ressources et à votre volonté. Ce rejet de l’empathie en tant que valeur humaine sert de prétexte aux gens qui ne veulent plus rien ressentir. Si l’empathie est le problème, l’absence d’empathie n’est plus dès lors un défaut – c’est un avantage.

Bezos prend la tangente

J’ai fini par rencontrer Bezos le dernier jour, au déjeuner, après l’accident de ma femme. Je suis allé le remercier de nous avoir reçus, et il m’a demandé ce que j’avais pensé de Campfire. Je lui ai répondu que j’avais trouvé ça formidable, mais que hélas mon épouse s’était cassé le poignet le matin même en jouant au ballon avec notre fils de 6 ans.

(...)

Or quand je lui ai raconté ce qui s’était passé, Bezos a pris un air horrifié. Il n’a pas dit : “Je suis vraiment désolé.” Ni : “Avez-vous besoin de quelque chose ?” Non, il a fait la grimace et, une fraction de seconde plus tard, un de ses assistants déboulait et l’exfiltrait. Alors que je lui donnais l’occasion de faire preuve d’empathie (au moins pour la forme), il a préféré prendre la tangente.

https://www.courrierinternational.com/a ... s_244821_1
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Re: Ce que j’ai appris des ultrariches durant un week-end organisé par Jeff Bezos

Message par papibilou »

Conclusion ??
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Kabé
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Re: Ce que j’ai appris des ultrariches durant un week-end organisé par Jeff Bezos

Message par Kabé »

Conclusion ? Qu'il faut réguler les dérives de ses ultra-riches égoïstes ultra-libertaires qui pillent les pays et les populations pour devenir encore plus riche... Par exemple.
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Re: Ce que j’ai appris des ultrariches durant un week-end organisé par Jeff Bezos

Message par Once »

papibilou a écrit : 30 août 2026 21:01 Conclusion ??
Vous avez la parole, cher ami.
papibilou
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Re: Ce que j’ai appris des ultrariches durant un week-end organisé par Jeff Bezos

Message par papibilou »

Once a écrit : 31 août 2026 05:48
papibilou a écrit : 30 août 2026 21:01 Conclusion ??
Vous avez la parole, cher ami.
D'abord, mettons de côté les conclusions du fil sur les motivations des milliardaires américains. Ce n'est pas parce qu'ils ont tous des milliards qu'ils pensent pareil. Nombre d'entre eux ont créé des fonds philanthropiques, tel Bill Gates ou Warren Buffet :
https://www.lesechos.fr/weekend/busines ... ge-1218960
Nos milliardaires français seraient bien inspirés de les copier.
Ensuite, que faut il leur envier quand on fait partie de la classe moyenne ?
- la bouffe pantagruelique ?
- les déplacements en avion ?
- leurs maisons gigantesques ?
- leurs gardes du corps permanents pour tous les membres de la famille ?
Je ne suis pas sûr que j'aimerais être invité à ces raouts.
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Re: Ce que j’ai appris des ultrariches durant un week-end organisé par Jeff Bezos

Message par scorpion3917 »

Sont-ils simplement heureux au sens ou nous l'entendons ?
La seule chose qui permet au mal de triompher est l inaction des hommes de bien.
Edmund Burke.
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Re: Ce que j’ai appris des ultrariches durant un week-end organisé par Jeff Bezos

Message par Cépajuste »

papibilou a écrit : 31 août 2026 10:58
Once a écrit : 31 août 2026 05:48

Vous avez la parole, cher ami.
D'abord, mettons de côté les conclusions du fil sur les motivations des milliardaires américains. Ce n'est pas parce qu'ils ont tous des milliards qu'ils pensent pareil. Nombre d'entre eux ont créé des fonds philanthropiques, tel Bill Gates ou Warren Buffet :
https://www.lesechos.fr/weekend/busines ... ge-1218960
Nos milliardaires français seraient bien inspirés de les copier.
Ensuite, que faut il leur envier quand on fait partie de la classe moyenne ?
- la bouffe pantagruelique ?
- les déplacements en avion ?
- leurs maisons gigantesques ?
- leurs gardes du corps permanents pour tous les membres de la famille ?
Je ne suis pas sûr que j'aimerais être invité à ces raouts.
La question n'est pas là ; il ne s'agit pas de les envier ou de ce genre de choses. Il s'agit de prendre conscience que ces ultra-riches paient peu d'impôts et que leur enrichissement démesuré se fait au détriment du reste de la population. La croissance ne peut pas monter jusqu'au ciel, elle est forcément limitée, et tout ce qui est exagérément capté par quelques-uns se fait au détriment des autres. Sans vouloir tomber dans un égalitarisme forcené,il faudrait revenir à un partage des richesses tel qu'il existait à l'époque des Trente Glorieuses. Il faut regarder comment les inégalités ont explosé depuis une quarantaine d'années pour se rendre compte que cette évolution est néfaste. Sans compter que ces immenses fortunes donnent un immense pouvoir à leurs détenteurs et que les États risquent de se voir dicter leurs politiques par des intérêts privés, ce qui n'est pas démocratique.
Modifié en dernier par Cépajuste le 31 août 2026 11:13, modifié 1 fois.
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Re: Ce que j’ai appris des ultrariches durant un week-end organisé par Jeff Bezos

Message par Mesoke »

papibilou a écrit : 31 août 2026 10:58 D'abord, mettons de côté les conclusions du fil sur les motivations des milliardaires américains. Ce n'est pas parce qu'ils ont tous des milliards qu'ils pensent pareil. Nombre d'entre eux ont créé des fonds philanthropiques, tel Bill Gates ou Warren Buffet :
https://www.lesechos.fr/weekend/busines ... ge-1218960
Nos milliardaires français seraient bien inspirés de les copier.
Ensuite, que faut il leur envier quand on fait partie de la classe moyenne ?
- la bouffe pantagruelique ?
- les déplacements en avion ?
- leurs maisons gigantesques ?
- leurs gardes du corps permanents pour tous les membres de la famille ?
Je ne suis pas sûr que j'aimerais être invité à ces raouts.
Voilà, on n'a rien à leur envier parce qu'on voit bien la gabegie et le gaspillage que leur mode de vie engendre.

D'où le fait de limiter la quantité de sous que des humains pourraient obtenir. Pas la limiter à 2000 balles hein, la limiter à des niveaux élevés mais qui resteraient humains, et qui éviteraient que des gens comme Bezos puissent organiser ce genre de rencontres de réseautage qui sert à modifier l'opinion de quelques puissantes personnes à leur profit et leur idéologie.
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Re: Ce que j’ai appris des ultrariches durant un week-end organisé par Jeff Bezos

Message par Mesoke »

scorpion3917 a écrit : 31 août 2026 11:10 Sont-ils simplement heureux au sens ou nous l'entendons ?
Non, ne serait-ce que parce que chez eux la moindre amitié, le moindre amour, entraine un soupçon de potentielle volonté de profiter de leur pognon ou de leur réseau.
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Mickey
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Re: Ce que j’ai appris des ultrariches durant un week-end organisé par Jeff Bezos

Message par Mickey »

Perso je ne pourrai pas vivre dans une parano permanente, la peur de se faire braquer voir tuer même en ne sortant pas, doit être une vie bien triste.
Je préfère n'avoir rien et être peinard.
papibilou
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Re: Ce que j’ai appris des ultrariches durant un week-end organisé par Jeff Bezos

Message par papibilou »

Cépajuste a écrit : 31 août 2026 11:11
papibilou a écrit : 31 août 2026 10:58
D'abord, mettons de côté les conclusions du fil sur les motivations des milliardaires américains. Ce n'est pas parce qu'ils ont tous des milliards qu'ils pensent pareil. Nombre d'entre eux ont créé des fonds philanthropiques, tel Bill Gates ou Warren Buffet :
https://www.lesechos.fr/weekend/busines ... ge-1218960
Nos milliardaires français seraient bien inspirés de les copier.
Ensuite, que faut il leur envier quand on fait partie de la classe moyenne ?
- la bouffe pantagruelique ?
- les déplacements en avion ?
- leurs maisons gigantesques ?
- leurs gardes du corps permanents pour tous les membres de la famille ?
Je ne suis pas sûr que j'aimerais être invité à ces raouts.
La question n'est pas là ; il ne s'agit pas de les envier ou de ce genre de choses. Il s'agit de prendre conscience que ces ultra-riches paient peu d'impôts et que leur enrichissement démesuré se fait au détriment du reste de la population. La croissance ne peut pas monter jusqu'au ciel, elle est forcément limitée, et tout ce qui est exagérément capté par quelques-uns se fait au détriment des autres. Sans vouloir tomber dans un égalitarisme forcené,il faudrait revenir à un partage des richesses tel qu'il existait à l'époque des Trente Glorieuses. Il faut regarder comment les inégalités ont explosé depuis une quarantaine d'années pour se rendre compte que cette évolution est néfaste. Sans compter que ces immenses fortunes donnent un immense pouvoir à leurs détenteurs et que les États risquent de se voir dicter leurs politiques par des intérêts privés, ce qui n'est pas démocratique.
Ça ne m'a pas semblé être le sens du fil que j'ai survolé, je l'avoue.
Notre pays est le plus taxé au monde.
Nous sommes le pays le plus redistributeur au monde ( cf Insee).
Restent les milliardaires que l'on déteste, mais qui existent dans tous les pays. Récemment une élue LFI a déclaré que l'on devrait interdire les milliardaires. Un minimum d'objectivité laisse à penser que:
- si on veut surtaxer les milliardaires ça ne durera pas longtemps. Sur les 23 familles françaises les plus riches, 9 se sont déjà exilées. https://www.google.com/search?q=exil+fi ... fId=ChxjMe
- ce serait sûrement mieux que ces familles paient un peu plus d'impôts mais le pragmatisme devrait nous inciter à, non les faire fuir, mais à les pousser à investir chez nous, à créer des emplois. Évidemment certains vous diront qu'ils ne créent pas d'emplois mais c'est absurde. Une entreprise si elle est dirigée par un milliardaire fait ce qu'il décide. Une entreprise dont le principal actionnaire est un milliardaire prend systématiquement conseil auprès de lui, et celui ci est la personne la plus importante du Conseil d'Administration.

En conclusion, si on peut faire payer un peu plus ces gens, ok, mais si c'est pour les faire fuir, c'est une stupidité.
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Re: Ce que j’ai appris des ultrariches durant un week-end organisé par Jeff Bezos

Message par papibilou »

Mickey a écrit : 31 août 2026 11:48 Perso je ne pourrai pas vivre dans une parano permanente, la peur de se faire braquer voir tuer même en ne sortant pas, doit être une vie bien triste.
Je préfère n'avoir rien et être peinard.
Sans aller jusqu'à n'avoir rien, mais effectivement il suffit de voir ce qu'il s'est passé pour des récents millionnaires en cryptomonnaie et leur famille pour comprendre qu'ils ne peuvent pas vivre normalement, se balader dans la rue, aller au resto, voir un spectacle sans des protections permanentes et effectivement la crainte que des membres de la famille soient kidnappés.
La conséquence est qu'ils vivent dans des bunkers et que dès lors, qu'ils soient en Suisse en Italie ou en France, n'a aucune importance. N'imaginons donc pas que nous les retiendrons parce qu'ils aiment leur pays.
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Re: Ce que j’ai appris des ultrariches durant un week-end organisé par Jeff Bezos

Message par le chimple »

papibilou a écrit : 31 août 2026 11:56
Mickey a écrit : 31 août 2026 11:48 Perso je ne pourrai pas vivre dans une parano permanente, la peur de se faire braquer voir tuer même en ne sortant pas, doit être une vie bien triste.
Je préfère n'avoir rien et être peinard.
Sans aller jusqu'à n'avoir rien, mais effectivement il suffit de voir ce qu'il s'est passé pour des récents millionnaires en cryptomonnaie et leur famille pour comprendre qu'ils ne peuvent pas vivre normalement, se balader dans la rue, aller au resto, voir un spectacle sans des protections permanentes et effectivement la crainte que des membres de la famille soient kidnappés.
La conséquence est qu'ils vivent dans des bunkers et que dès lors, qu'ils soient en Suisse en Italie ou en France, n'a aucune importance. N'imaginons donc pas que nous les retiendrons parce qu'ils aiment leur pays.
Ca , par contre , c'est différent !
Les milliardaires ont au moins un mérite , c'est d'employer des milliers de personnes qui sortent des produits qui , s'ils sortent de France , amènent des devises et des impôts pour le pays !
Les "" cryptoman "" , eux , vivent sur le pognon des autres , en général de ceux qui bossent , complètement inutiles , font du vent , des parasites , tu les enlèves , le monde continuera à tourner !
Comme le résultat de la razzia que s'apprête à lancer l'autre tache de Mélanchon et quelques autres utopiques de gauche sur nos milliardaires français !
Le monde continuera à tourner , sauf un petit détail , ce sont les pays qui se feront un plaisir d'accueillir leur fortune et tout le reste , et nous , il nous restera les cailloux à mettre dans la gamelle pour faire la soupe !
...C'est curieux chez les marins , le besoin de faire des phrases ...
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Re: Ce que j’ai appris des ultrariches durant un week-end organisé par Jeff Bezos

Message par Mesoke »

Pour la énième fois les milliardaires n'embauchent personne à part leurs gardes du corps, leurs assistants, leurs cuistots et autre personnel de maison. Ce sont les entreprises possédées par les milliardaires qui embauchent des milliers de gens avec leur argent, pas avec celui des milliardaires. Au contraire même puisque les milliardaires et autres actionnaires vont pousser ces entreprises à embaucher le moins possible, vont leur faire licencier des employés voire fermer des filiales pourtant rentables afin de maximiser les bénéfices et donc leurs dividendes.
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Re: Ce que j’ai appris des ultrariches durant un week-end organisé par Jeff Bezos

Message par sofasurfer »

Once a écrit : 30 août 2026 16:46 "UN MONDE À PART"

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En 2018, j’ai été invité au week-end Campfire [littéralement, “feu de camp”] de Jeff Bezos à Santa Barbara, en Californie. Il s’agit d’un raout qui se tient tous les ans et pour lequel le fondateur d’Amazon invite autour de 80 personnes – des célébrités, des artistes, des intellectuels, et toute personne qu’il juge digne d’intérêt – à passer trois nuits dans un complexe hôtelier privé. J’avais été approché peu de temps auparavant par Amazon, qui voulait me débaucher du groupe Disney, où j’avais une société de production de cinéma et de télévision, et, même si j’avais décliné sa proposition (ou peut-être justement parce que je l’avais déclinée), l’équipe de Bezos m’a invité à Campfire, sans doute dans l’idée de m’impressionner en me montrant à quel point il avait le bras long.

(...)

Ma femme et moi avons donc fait le trajet Austin-Los Angeles et avons grimpé dans un jet pour un vol de trois quarts d’heure en direction du nord, en compagnie d’un humoriste et d’un gros bonnet de la télévision. Bezos avait réservé tout le complexe hôtelier de Biltmore pour le week-end, ainsi que le beach club situé juste en face.


Tous les matins, nous nous réunissions dans un amphi pour écouter diverses présentations. Si vous avez déjà vu une conférence Ted, vous connaissez le principe. L’après-midi et le soir, on nous invitait à échanger à bâtons rompus devant un verre ou un repas pantagruélique – autrement dit, à réseauter avec certaines des personnes les plus talentueuses du globe. La question qui revenait le plus souvent dans la bouche des invités était : “Pourquoi je suis là ?”

(...)

Bref, c’est comme ça que le week-end avait commencé. Et voici maintenant comment il s’est achevé : mon épouse s’est cassé le poignet en glissant sur l’herbe mouillée, et mes enfants et moi-même avons attrapé le pieds-mains-bouche. Et, non, ce n’est pas une blague. L’une d’entre nous est donc rentrée à la maison le bras en écharpe, et les trois autres ont eu la figure et les extrémités constellées de cloques rouges douloureuses qui les grattaient.

L’aura de la fortune


À l’apéritif, le deuxième jour, le patron d’une grande agence artistique m’a demandé ce que je pensais du week-end. J’ai répondu : “J’ai passé ma carrière à essayer de comprendre comment fonctionne le monde. Je ne m’étais pas rendu compte qu’il suffisait de venir ici et de poser la question aux gens qui sont aux manettes.”

(....)

Plus je me rapprochais du monde des grandes fortunes, plus je comprenais que le fait d’être riche à milliards ne se résumait pas à amasser suffisamment d’argent pour s’offrir des superyachts, des jets privés ou des hectares à tire-larigot. Cela voulait dire aussi que tout devenait gratuit de facto. Que tout actif peut être acheté mais que rien ne peut plus être perdu, pour la bonne raison que, pour les billionnaires en devenir, une perte, quelle que soit son ampleur, ne saurait nuire à leur standing ou à leur pouvoir personnel. Pour eux, le mot “échec” a cessé d’avoir un sens.

Ce sentiment d’invulnérabilité a de lourdes répercussions psychologiques. Si tout est gratuit et que plus rien n’a plus d’importance, alors le monde et les autres ne sont plus que des faire-valoir, pour autant qu’on leur accorde quelque égard. Ce qui n’est pas du “narcissisme” au sens classique du terme, dans lequel une image de soi mégalomane mais fragile peut dissimuler au fond une grande insécurité. Ce dont je parle ici, c’est plutôt d’une vision de soi dans laquelle la grenouille se fait aussi grosse que l’univers, au point que l’univers lui-même n’existe plus.

Les autres n’existent plus

Plusieurs décennies de recherche en psychologie du développement ont montré que le sens moral de l’individu était façonné par les conséquences de ses actes – pas nécessairement les retours de bâton, mais ses répercussions sur les autres, le fait de recevoir des réactions honnêtes, et donc de devoir s’adapter à la réalité telle qu’elle est plutôt qu’à celle qu’on aimerait voir. Non pas que les riches deviennent de “mauvaises” personnes : simplement, l’environnement dans lequel ils évoluent les empêche d’apprendre ce que les non-riches sont obligés d’apprendre en vivant dans un monde auquel ils se cognent constamment. Quand vous pouvez vous tirer de n’importe quelle bévue à coups de millions, quand vous pouvez congédier quiconque ose être en désaccord avec vous, quand votre cercle social se compose exclusivement de personnes qui ont besoin d’obtenir quelque chose de vous, le mécanisme de base en vertu duquel les humains apprennent que les autres sont réels finit par disparaître à vos yeux.

Quand Peter Thiel a déclaré : “Je ne crois plus que la liberté et la démocratie soient compatibles”, il ne parlait pas de votre liberté à vous. Il parlait de la sienne à lui. Vous, vous n’existez pas. Quand Musk apporte une tronçonneuse à Washington pour cette triste blague qu’il appelait le Doge [le “département de l’efficacité gouvernementale”], il le faisait avec la tête de celui qui est convaincu que rien n’a d’importance : ni la pauvreté, ni le chaos, ni la souffrance humaine. Il prenait son pied, voilà tout. Peu importait à ses yeux que toute cette entreprise de destruction ne se traduisît au bout du compte par aucune économie concrète. À ses yeux, le résultat était acquis d’avance : il ne pouvait que gagner, pour la simple et bonne raison que la notion d’échec n’avait plus aucun sens.


Depuis l’élection de 2024, on a assisté à un vrai basculement philosophique à droite, surtout parmi les milliardaires de la tech, qui diabolisent désormais l’idée d’empathie. Musk a qualifié l’empathie de “faiblesse fondamentale de la civilisation occidentale”. Il y voit une arme agitée par les progressistes pour forcer des gens par ailleurs rationnels à agir contre leurs intérêts propres. L’empathie serait quelque chose qui vous est infligé par d’autres – ce serait une faille qu’ils exploitent, une porte dérobée par laquelle ils accèdent à vos ressources et à votre volonté. Ce rejet de l’empathie en tant que valeur humaine sert de prétexte aux gens qui ne veulent plus rien ressentir. Si l’empathie est le problème, l’absence d’empathie n’est plus dès lors un défaut – c’est un avantage.

Bezos prend la tangente

J’ai fini par rencontrer Bezos le dernier jour, au déjeuner, après l’accident de ma femme. Je suis allé le remercier de nous avoir reçus, et il m’a demandé ce que j’avais pensé de Campfire. Je lui ai répondu que j’avais trouvé ça formidable, mais que hélas mon épouse s’était cassé le poignet le matin même en jouant au ballon avec notre fils de 6 ans.

(...)

Or quand je lui ai raconté ce qui s’était passé, Bezos a pris un air horrifié. Il n’a pas dit : “Je suis vraiment désolé.” Ni : “Avez-vous besoin de quelque chose ?” Non, il a fait la grimace et, une fraction de seconde plus tard, un de ses assistants déboulait et l’exfiltrait. Alors que je lui donnais l’occasion de faire preuve d’empathie (au moins pour la forme), il a préféré prendre la tangente.

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J Bezos s'est fait relativement tout seul, il a débuté en vendant des livres dans le garage de ses parents. il a bossé jour et nuit, et a su s'entourer des bonnes personnes pour se lancer dans la vente sur internet. Il a aussi coupé toute empathie envers les gens qui lui riaient au nez et expliquaient que ca ne marchera jamais.

C'est peut être cet état d'esprit qui a forgé la personnalité controversée de j Bezos aujourd'hui, et en effet dans son parcours l'absence d'empathie a été un avantage pour réaliser son projet a conte courant des tendances du moment...
L’ouverture d'esprit n'est pas une fracture du crâne

Pierre Desproges
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