Le juge de Fourniret:Ce procès risqué restera une référence
Posté : 14 janvier 2009 09:28
INTERVIEW - Gilles Latapie a présidé le procès Fourniret de mars à mai 2008 et nous livre ses confidences...
Votre livre* est atypique. Avez-vous hésité à l'écrire ?
Cette affaire est définitivement jugée. Si Michel Fourniret ou Monique Olivier avaient fait appel du verdict, je ne l'aurais pas écrit. Mon projet est d'expliquer le fonctionnement de la justice, sans trahir le secret du délibéré, ni mon devoir de réserve.
C'était un procès très risqué...
Le premier jour d'audience, je me suis senti un peu seul. Ce procès, par la personnalité de l'accusé, par sa médiatisation, par l'émotion qu'il suscitait dans l'opinion, présentait beaucoup de risques. Les assises sont du direct absolu, sans oreillette.
Michel Fourniret n'était pas un accusé comme un autre ?
On a affaire à quelqu'un dont l'intelligence lui permet de jouer des tours à tout moment. Il y a obligatoirement une phase d'observation réciproque. Mais avec le recul, j'ai rencontré des accusés plus difficiles que lui, plus butés.
Au final, qu'avez-vous compris de lui et de Monique Olivier ?
Monique Olivier est celle qui conserve la plus grande part de mystère. Lui, se présente toujours comme un être mauvais, et pourtant nous l'avons vu fragile face aux siens. En revanche, concernant la gravité des actes, je pense qu'il n'y avait pas grand-chose à comprendre, hélas.
On a pu qualifier ce procès de « procès pour rien », tant le verdict semblait acquis d'avance...
C'est vrai, on a reproché à la justice de dépenser beaucoup d'argent et de temps pour rien, mais mon objectif était de permettre la confrontation digne de toutes les parties - les accusés, les familles, la société - dans l'intérêt de tous. A cet égard, je pense que ce procès restera une référence.
Fourniret le manipulateur a-t-il gagné son procès ?
Au contraire, je pense que c'est la société qui a gagné. Lui a perdu tous ses défis : il n'a pas obtenu le huis clos, il a été présent à toutes les audiences, et il a fini par parler.
Avez-vous eu des contacts avec lui depuis le verdict ?
Il m'a écrit une lettre, mais nous n'avons pas de contacts.
* Face à Michel Fourniret (Michel Lafon).
Votre livre* est atypique. Avez-vous hésité à l'écrire ?
Cette affaire est définitivement jugée. Si Michel Fourniret ou Monique Olivier avaient fait appel du verdict, je ne l'aurais pas écrit. Mon projet est d'expliquer le fonctionnement de la justice, sans trahir le secret du délibéré, ni mon devoir de réserve.
C'était un procès très risqué...
Le premier jour d'audience, je me suis senti un peu seul. Ce procès, par la personnalité de l'accusé, par sa médiatisation, par l'émotion qu'il suscitait dans l'opinion, présentait beaucoup de risques. Les assises sont du direct absolu, sans oreillette.
Michel Fourniret n'était pas un accusé comme un autre ?
On a affaire à quelqu'un dont l'intelligence lui permet de jouer des tours à tout moment. Il y a obligatoirement une phase d'observation réciproque. Mais avec le recul, j'ai rencontré des accusés plus difficiles que lui, plus butés.
Au final, qu'avez-vous compris de lui et de Monique Olivier ?
Monique Olivier est celle qui conserve la plus grande part de mystère. Lui, se présente toujours comme un être mauvais, et pourtant nous l'avons vu fragile face aux siens. En revanche, concernant la gravité des actes, je pense qu'il n'y avait pas grand-chose à comprendre, hélas.
On a pu qualifier ce procès de « procès pour rien », tant le verdict semblait acquis d'avance...
C'est vrai, on a reproché à la justice de dépenser beaucoup d'argent et de temps pour rien, mais mon objectif était de permettre la confrontation digne de toutes les parties - les accusés, les familles, la société - dans l'intérêt de tous. A cet égard, je pense que ce procès restera une référence.
Fourniret le manipulateur a-t-il gagné son procès ?
Au contraire, je pense que c'est la société qui a gagné. Lui a perdu tous ses défis : il n'a pas obtenu le huis clos, il a été présent à toutes les audiences, et il a fini par parler.
Avez-vous eu des contacts avec lui depuis le verdict ?
Il m'a écrit une lettre, mais nous n'avons pas de contacts.
* Face à Michel Fourniret (Michel Lafon).