Quand Jean-Marie Lepen parle de "Monsieur Ebola"...
Posté : 21 mai 2014 19:04
Jean-Marie Le Pen fait le rapprochement entre immigration et virus Ebola
Nouvelle polémique signée Jean-Marie Le Pen. Lors d'une discussion où il parlait "de l'explosion démographique" dans le monde, le président d'honneur du Front national a lancé mardi soir à Marseille que "Monseigneur Ebola peut régler ça en trois mois".
Une référence explicite au virus qui porte ce nom et qui a tué des dizaines de personnes en Afrique depuis le début de l'année.
L'ancien patron du FN, candidat aux européennes dans le Sud-Est, discutait notamment avec le maire frontiste de Cogolin (Var) Marc-Etienne Lansade. La scène se passait à Marseille, lors d'un cocktail ouvert à la presse, avant un meeting et un discours au Palais de l'Europe du Parc Chanot de la cité phocéenne.
La thèse du grand remplacement
Evoquant "l'explosion démographique dans le monde", le "risque de submersion" de la France par l'immigration et "le remplacement de la population qui est en cours" à cause notamment de la "faible natalité du continent européen", Jean-Marie Le Pen a affirmé qu'il allait faire un discours "très grave". Ce discours ne sera "pas un testament. J'ai été un tribun de la plèbe, n'est-ce pas, un espèce de lanceur d'alerte", avait-il affirmé un peu plus tôt.
"Ils ont des yeux et ne voient pas. Ils ont des oreilles et n'entendent pas", a-t-il prophétisé, citant un livre de la démographe Michèle Tribalat, Les yeux grands fermés, sous-titré "L'immigration en France".
"Il n'est jamais trop tard", lui lance M. Lansade, le maire de Cogolin. "Il n'est jamais trop tard, mais il est bien trop tard quand même", lui répond Jean-Marie Le Pen, avant d'ajouter : "Monseigneur Ebola peut régler ça en trois mois".
Effectivement lors de ce discours, le candidat FN a de nouveau évoque la thèse du grand remplacement des populations françaises par l'immigration. "Cette immigration massive risque de produire un véritable remplacement des populations si nous n'arrivons pas assez tôt au pouvoir pour mettre un terme à la politique de décadence menée depuis des décennies", a-t-il prédit. "Cette immigration pèse d'un poids écrasant sur notre économie et notre société. L'immigration ne rapporte pas 20 milliards par an, elle coûte 100 milliards par an", a encore ajouté Jean-Marie Le Pen.
"Schengen est une monstruosité", dit sa fille
Reliant finalement cette question à l'Europe, le patriarche du FN a estimé que cette question de l'immigration a été "encore aggravée par la mise en oeuvre d'une fausse bonne idée, une erreur tragique, qui a été la volonté absurde et l'avenir le démontrera, criminelle, de créer des Etats-Unis d'Europe (...). Votre président d'honneur s'honore d'avoir eu la lucidité en 1957 de voter au Parlement français contre le traité de Rome", s'est-il félicité.
S'exprimant après lui, Marine Le Pen a -sans les outrances de son père- défendu une thèse similaire. "Marseille est le symbole que Schengen est une erreur, une faute, une monstruosité". "Ca suffit, nous voulons redevenir maîtres chez nous !", a lancé la présidente du FN, candidate dans le Nord.
Une simple "observation" démographique
Ce mercredi 21 mai, Jean-Marie Le Pen a tenté d'expliquer ses propos en expliquant que ses déclarations relevait d'une simple "observation" démographique. "Je ne vois pas comment on peut polémiquer sur un tel sujet. Moi, je suis un adversaire résolu de tout ce qui touche à l'intégrité des populations, mais on n'y peut rien. Moi, je ne maîtrise pas ces phénomènes, j'essaie de voir quels vont être les équilibres demain que nous devrons prendre en compte", a-t-il dit mercredi lors d'une conférence de presse.
"Moi, je dis que la France doit se préparer à subir le choc, le torrent migratoire, par l'extension continue de la population mondiale", a ajouté Jean-Marie Le Pen, candidat aux européennes dans le Sud-Est.
Le virus Ebola est, selon lui, une "maladie terrible". "Comme les guerres nucléaires ou internes, il est de nature à modifier cette évolution [démographique] qui en elle-même est catastrophique." "Dans certains pays à forte croissance démographique comme le Nigeria, malheureusement il n'y aura pas de quoi les nourrir", a-t-il fait valoir.
"Le buzz sur le net" de "gens malveillants"
S'agit-il d'un dérapage? "Non", a rétorqué Jean-Marie Le Pen. "Cette phrase n'a pas de portée particulière, c'est une observation." "Cette phrase fait le buzz sur le net. Je sais qu'un certain nombre de gens malveillants s'efforceront de diaboliser le FN. Ils ont tort", a ajouté Jean-Marie Le Pen, 86 ans.
"Il peut se produire des événements inopinés. Ebola, le seigneur Ebola, est un redoutable danger car il n'y a pas de thérapeutique pour le soigner. Il peut faire des ravages et balayer les populations dans le monde", a décrit Jean-Marie Le Pen. "En 1919, la grippe espagnole a tué en un an plus de gens que la guerre de 1914-1918 en cinq ans", a-t-il rappelé, ajoutant: "Nous ne sommes pas maîtres des grands équilibres mondiaux."
