Une bulle immobilière en France ?
Posté : 13 juin 2014 15:58
Le marché immobilier mondial suscite l’inquiétude du Fonds monétaire international (FMI). L’institution, qui vient de lancer un nouvel indice global des prix immobiliers , s’alarme de possibles bulles dans certains pays. Le problème semble plus épineux en Belgique, au Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Royaume-Uni et en France parmi les 51 pays étudiés par l’institution multilatérale.
Outre-Quiévrain, les prix de l’immobilier se situent près de 50 % au-dessus de leur moyenne historique de long terme rapportés aux revenus des ménages. Le chiffre s’élève à 33 % pour le Canada, 28,5 % pour la France et 27,5 % outre-Manche. Autre témoignage d’une évolution inquiétante : la hausse des prix des logements par rapport à la hausse des loyers. Encore au Canada, les prix de l’immobilier se situent près de 87 % au-dessus de leur moyenne historique de long terme rapportés aux loyers. Pour la France, le chiffre s’élève à près de 35 %. Or en théorie, a souligné Min Zhu, l’un des directeurs généraux adjoint du Fonds lors d’un discours à la Bundesbank au début du mois, « les prix immobiliers, des loyers et les revenus devraient évoluer en tandem sur le long terme ». C’est loin d’être le cas pour les pays précités.
« Dans l’ensemble, les prix de l’immobilier sont à la hausse. L’indice global du FMI a progressé continuellement au cours des 7 derniers trimestres. Sur les 12 derniers mois, les prix ont grimpé dans 33 des 51 pays passés en revue », a ajouté Min Zhu. Il a précisé que, dans certains cas, ce n’est qu’une reprise par rapport à la baisse des prix enregistrée pendant la grande crise. « Mais, dans d’autres, les prix ont poursuivi leur ascension après une modération temporaire de cette progression durant la crise », a-t-il relevé.
Alors que les 50 dernières crises bancaires observées par le passé ont été précédées, dans les deux tiers des cas, par un éclatement de bulles immobilières, selon le département de la recherche du FMI, ce dernier tire donc la sonnette d’alarme puisque dans un bon nombre de pays, l’immobilier est une des composantes essentielles du patrimoine. « Aux Etats-Unis, l’immobilier représente environ un tiers des actifs détenus par le secteur privé non financier. La majorité des ménages préfère l’immobilier aux actifs financiers. En France, par exemple, moins d’un quart des ménages déteint des actions mais près de 60 % d’entre eux sont propriétaires de leur maison », a observé Min Zhu.
Si certains ne manquent pas d’incriminer les politiques monétaires accommodantes des banques centrales des pays riches comme responsables de cette hausse immobilière, l’étude de Patrick Artus, directeur de la recherche économique de Natixis, publiée hier, tempère ce jugement. En comparant la rentabilité du capital productif des entreprises à celle du capital en logement sur une longue période, il juge que l’épargne s’est plus dirigée vers le logement que vers les entreprises aux Etats-Unis et au Royaume-Uni jusqu’à la crise. Contrairement à l’Allemagne, l’Italie ou le Japon. La crise et les réponses qui lui ont été apportées n’expliquent pas entièrement le bonne santé de l’immobilier dans certains pays.
Néanmoins, pour le FMI, là où il existe un sérieux doute sur la création d’une bulle, il serait judicieux d’agir rapidement. En limitant, par exemple, le crédit au logement, en renforçant le ratio de capital des banques appliqué à ces prêts immobiliers ou encore en instaurant des taxes pour les achats des étrangers
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