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les racistes et négationnistes ont-ils le droit à la parole

Posté : 20 juillet 2014 18:28
par tisiphoné
doit-on laisser la parole libre aux racistes, antisionistes, islamophobes, négationnistes, révisionnistes ?
dans une société libre, ces personnes ont -elles le droit et la possibilité de s'exprimer? a-t-on le droit de les censurer ? au nom du devoir de mémoire doit-on faire jouer la prévention? ou sommes-nous assez instruits pour combattre leurs idées ?

Re: les racistes et négationnistes ont-ils le droit à la parole

Posté : 20 juillet 2014 18:39
par sacamalix
tisiphoné a écrit : doit-on laisser la parole libre aux racistes, antisionistes, islamophobes, négationnistes, révisionnistes ?
dans une société libre, ces personnes ont -elles le droit et la possibilité de s'exprimer? a-t-on le droit de les censurer ? au nom du devoir de mémoire doit-on faire jouer la prévention? ou sommes-nous assez instruits pour combattre leurs idées ?
Il y a des nuances à faire d'après moi dans le lot que tu proposes :
- les racistes, antisionistes et islamophobes ont une opinion, qui est la leur, et après tout, je ne vois pas pourquoi ils ne pourraient pas s'exprimer.
- les négationnistes et révisionnistes par contre font une propagande mensongère concernant des faits établis. Comme pour la publicité mensongère des entreprises, il faut donc l'interdire.

Enfin, il ne faut pas confondre droit à la parole et passage aux actes. Qu'un raciste dise qu'il n'aime pas les noirs, ça s'appelle de la liberté d'opinion et d'expression.
Par contre, qu'il aille battre un noir au nom de cette opinion (ou qu'il appelle d'autres à le faire) n'est pas acceptable.

Re: les racistes et négationnistes ont-ils le droit à la parole

Posté : 20 juillet 2014 18:53
par gemmill
"je pense , donc je suis"...

Re: les racistes et négationnistes ont-ils le droit à la parole

Posté : 20 juillet 2014 18:56
par avrilou
Bien sûr que les actes racistes sont toujours plus inquiétants mais doit-on pour autant minimiser le pouvoir de la parole?
Je viens de donner mon avis sur cette question dans le sujet précédent concernant l' insulte adressée à Taubira et à travers elle à toutes les renoi puisqu'il s'agit bien de comparer un visage humain de couleur noire au faciès d'un singe.
Inacceptable!
Je déplace donc mon intervention:

"Le racisme, une opinion comme une autre...
Alors confondre sciemment la liberté d'expression et la liberté d'insulter les gens de couleurs avec pour prétexte de libérer la parole raciste ( ce qui a pour réelle conséquence la banalisation de la haine), je trouve ça d'une neutralité douteuse.
8/
Bien sûr qu'une totale censure amènerait une frustration supplémentaire, le haineux a besoin de se défouler, on le sait, mais est-ce une raison valable pour accepter tous ses "dérapages" d'autant plus quand ils sont publics donc accessibles à tous?

Soigner ces grands malades, oui, parce qu'ils sont pitoyables et que l'enfermement ne changera rien à leurs pensées malsaines, de là à les défendre, à parler en leur nom ou à considérer sérieusement leur délire comme une opinion légitime..."
;-)

Re: les racistes et négationnistes ont-ils le droit à la parole

Posté : 20 juillet 2014 19:02
par Sov Strochnis
Si vous allez voir la définition et l'historique des mots de la liste (à savoir Islamophobie, antisionisme, révisionnisme, négationnisme)...vous verriez par exemple que le révisionnisme est...une démarche assez courante pour les historiens. L'histoire s'écrit avec des arguments et des faits, si à la moindre petite révision on est traité de gros négationniste...c'est ignorer comment procède un historien.

Je vous laisse chercher pour les autres termes...car comme le dit Saca, on ne doit pas tout mettre dans le même panier.

Re: les racistes et négationnistes ont-ils le droit à la parole

Posté : 20 juillet 2014 19:20
par Mister Polark
Oui. Ces gens vivent du fait de passer pour des martyrs. Laisser ces idiots s'exprimer en place public c'est aussi leur permettre de se prendre une déculottée devant toute la foule assemblée.
Et puis autoriser ne veut pas dire promouvoir. Si demain je veux faire rééditer le protocole des sages de sion, rien de m'en empêche, mais si personne en veut me vendre de papier ni d'encre, bah tu peux pas te plaindre.

La liberté d'expression c'est pas fait pour parler de la météo mais de ce qui est considéré comme subversif. Sinon, ça n'aurait pas grand intérêt.
La liberté d'expression n'implique pas l'obligation d'écouter ou de diffuser des idées avec lesquelles on n'est pas d'accord.


« Parler de liberté n'a de sens qu'à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu'ils n'ont pas envie d'entendre. » Orwell

Ma position concernant la liberté d'expression est très simple: Je la défend totalement, à part peut-être un appel explicite au crime ou au meurtre. En cela je ne peux pas accepter la loi Gayssot, ou toutes les lois qui condamnent les propos raciste, xénophobes, discriminatoires, etc…

Donc ces gens, qu'ils soient nazis ou homophobes ne m'intéresse même pas, qu'ils disent ce qu'ils ont envie de dire, qu'ils chantent ce qu'ils ont envie de chanter. De la même manière que je ne m'opposerais pas à ce qu'un homosexuel, un nazi, un socialiste, un capitaliste, un stalinien, un raëlien, un islamiste radical, etc… puisse s'exprimer, crier ce qui lui chante dans la rue ou dans des lieux publics si il le veut.

On parle souvent de liberté d'expression, sans définir ce qu'on entend par "expression". (Tout ce que ça englobe et ce que cela exclue) Je ne m'oppose pas non plus à la liberté d'expression "vestimentaire" ou artistique ou quoi que ce soit dans ce genre. Si quelqu'un veut se balader dans la rue à poil, je ne vois pas au nom de quelle bêtise morale on devrait lui interdire. Si je n'aime pas ça, je vais ailleurs, ou je ne prête pas attention à lui. Si il veut se ballader habillé en soldat du IIIe Reich, ou avec un t-shirt d'Hitler, de Mao ou encore une Burqa…tant que ça ne m'impose pas quelque chose et qu'on ne m'empêche pas de vivre ma vie comme je le veux, qu'ils fassent ce qu'ils veulent!

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Evidemment qu'ils faut leur laisser la libre parole. Mais on peut comprendre que vous pensez que les Français sont des imbéciles, et qu'ils ne sont pas capable de penser par eux même, qu'ils ont besoin d'une élite éclairé qui sais mieux que tout le monde ce qui est bon pour eux.

Moi, j'aime la liberté d'expression pour des raisons indirectes à son existence. Lorsque plusieurs personnes "dérapent" verbalement (qui sur les chambre à gaz, qui sur les homos, qui sur la bite des noirs responsables de la famine en Afrique, etc.), ce sont plutôt ceux qui réagissent à ces dérapages que j'observe : la bienveillance envers tel "dérapeur" et pas tel autre en dit long sur les opinions et préjugés de l'observé.

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Pour les négationnistes, révisionnistes.

Ce n'est pas à l'état de définir une vérité historique.

Nier ou mettre seulement en doute si peu que ce soit le génocide des juifs pendant la Seconde guerre mondiale est sanctionné pénalement.Bruno Gollnisch a été condamné en janvier 2007 pour une phrase apparemment anodine : « je ne suis pas spécialiste de cette question et je pense qu'il faut laisser les historiens en discuter. Et cette discussion devrait être libre ». En février 2012, Jean-Marie le Pen est condamné pour « apologie de crimes de guerre » et « contestation de crime contre l'humanité » pour avoir écrit en janvier 2005 dans l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol : « En France du moins, l'Occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550.000 kilomètres carrés ». Dans beaucoup d'autres pays, de telles phrases passeraient inaperçues ; en France, certains sujets de discussion doivent être abordés avec d'extrêmes précautions si l'on veut éviter une condamnation pénale
Dans 14 pays d'Europe, le négationnisme (négation de l'holocauste) fait l'objet d'une loi dont la transgression est punie par la prison. Pourtant le négationnisme a des disciples en Europe dans tous ces 14 pays. Est-ce que la criminalisation des propos négationnistes aide à la disparition de ce mouvement ? Absolument pas, bien au contraire, la criminalisation les aide ! Dans la plupart des cas, la criminalisation des propos négationnistes ou même révisionnistes crée des martyrs et alimente ainsi la cause des groupes néo-nazis.

Brimer la liberté d'expression sous prétexte d'empêcher la "banalisation" de propos racistes, xénophobes ou autres n'empêche pas la survie de ces mouvements, car on ne peut empêcher les gens de penser ce qu'ils veulent. La meilleure manière de combattre le néo-nazisme est d'utiliser la raison et le ridicule et non pas de criminaliser une telle expression. Si des propos néo-nazis perdurent, c'est à l'individu de les combattre en s'exprimant en toute liberté. La liberté d'expression elle-même est la meilleure arme contre les débordements de la liberté d'expression.

Dans ce contexte, criminaliser l'expression des propos négationnistes ou révisionnistes revient à juger irresponsable le public, qui pourrait être "influencé" par de tels propos. Évidemment une telle expression n'est pas rendue impossible par l'interdiction, elle est seulement rendue clandestine, et d'autant plus intransigeante.
Source : http://www.wikiberal.org/wiki/Libert%C3 ... expression
Si en 1960 les lois mémoriels existaient, comment les historiens auraient pu prouvé que le Massacre de Katyn avaient été exécuté par les russes et non pas les Nazi ?

Pour le racisme :

Récemment, Craig Cobb, halluciné prêcheur de la suprématie de la race blanche ("white supremacist"), a fait le tour des plateaux télé (USA) et a été tourné en ridicule (une analyse ADN lui montrant en direct qu'il était "14% africain"!). N'est-ce pas plus efficace que l'interdiction?


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Les atteintes à la liberté d'expression obéissent généralement à un clientélisme électoral. Voici un exemple de raisonnement de politicien relativement à la répression de l'incitation à la haine :
- les gens sont des faibles, les incitations à la haine pourraient les pousser à passer à l'acte ;
- le pouvoir qui, lui, est une élite supérieure au reste de la population, sait ce qu'il faut faire ; ainsi le pouvoir sait discriminer entre les bonnes interdictions et les mauvaises : il peut décréter par exemple qu'on n'a pas le droit
- d'exprimer de haine envers les juifs, les musulmans ou les homosexuels, mais que c'est toléré envers les riches, les Blancs, les banquiers, les zoophiles, etc. ;
- si un groupe de pression quelconque veut imposer une nouvelle interdiction en sa faveur, sa demande sera examinée avec bienveillance (il a intérêt à être assez nombreux ou à faire un grand tapage médiatique).
Le politicien pourra ensuite trouver a posteriori toutes sortes de justifications éthiques à des limitations à la liberté d'expression en réalité d'origine clientéliste.

De façon plus générale, la France est le seul pays à avoir des lois dites « mémorielles » et servant le plus souvent à s'attirer le soutien d'une population d'électeurs. La plus récente de ces lois est la loi sur le génocide arménien


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Brûler un coran puis uriner dessus et diffuser le tout sur Internet vaut à son auteur en 2011 trois mois de prison avec sursis et 1.000 € d’amende pour incitation à la haine à l'égard des musulmans (le blasphème n'existe plus depuis 1881, sauf en Alsace-Moselle par incorporation de l'article 166 du code pénal allemand). En revanche, l'exposition en Avignon de photographies d'un Christ plongé dans l’urine et le sang est soutenue moralement et financièrement par les pouvoirs publics.

Faire l'apologie du communisme n'est pas interdit contrairement à l'apologie du nazisme. Terrible ...

Re: les racistes et négationnistes ont-ils le droit à la parole

Posté : 20 juillet 2014 19:26
par CrazyMan
Sov Strochnis a écrit : Si vous allez voir la définition et l'historique des mots de la liste (à savoir Islamophobie, antisionisme, révisionnisme, négationnisme)...vous verriez par exemple que le révisionnisme est...une démarche assez courante pour les historiens. L'histoire s'écrit avec des arguments et des faits, si à la moindre petite révision on est traité de gros négationniste...c'est ignorer comment procède un historien.

Je vous laisse chercher pour les autres termes...car comme le dit Saca, on ne doit pas tout mettre dans le même panier.
Effectivement les termes employés forment une grosse soupe de tout et n'importe quoi.
Mettre islamophobie, racisme, antisionisme, révisionnistes et négationnistes dans le même sac c'est chercher à simplifier bêtement.

Re: les racistes et négationnistes ont-ils le droit à la parole

Posté : 21 juillet 2014 09:59
par Mister Polark
Peut-être devrions nous censurer les libéraux, c'est connu, c'est à cause d'eux qu'il y a famine dans le monde, que les pauvres meurt ? Et la droite aussi, qui sont pour les grands patrons et l'esclavage des travailleurs ?

« Parler de liberté n'a de sens qu'à condition que ce soit la liberté de dire aux gens ce qu'ils n'ont pas envie d'entendre. » Orwell

La censure Française, ça fait longtemps que la France n'est plus une terre de liberté, de liberté de parole, d'expression.
Quand le CSA bannit une grande partie de l'humour noir
Le CSA a mis en demeure Canal+ après la publication d'un sketch dont il n'a pas voulu saisir l'humour noir, et donc le second degré. Une censure du politiquement incorrect qui tend à se généraliser dans les médias traditionnels, et que le CSA rêve d'imposer aussi sur Internet. Il sait déjà comment s'y prendre.

[...]

En décidant de mettre Canal+ en demeure, le CSA veut inciter la chaîne (et toutes les autres) à s'auto-censurer. Les chaînes de télévision devront éviter tout sketch dont un élément, "quel que soit son contexte", est susceptible de porter atteinte à la dignité humaine.

Avec une telle jurisprudence, Jérémy Ferrari aurait-il pu faire son sketch formidable sur l'adoption des handicapés, dans lequel il rappelle aux enfants qu'une "adoption coûte quand même 5000 euros, ce qui fait de vous un mauvais rapport qualité-prix" ?


Ou Les Inconnus auraient-ils pu faire leur sketch qui se moque d'un handicapé amputé des deux bras ?

Société 2.0
CSA, Filtrage, Liberté d'expression, Internet
Publié par Guillaume Champeau, le Jeudi 30 Janvier 2014
Quand le CSA bannit une grande partie de l'humour noir

Le CSA a mis en demeure Canal+ après la publication d'un sketch dont il n'a pas voulu saisir l'humour noir, et donc le second degré. Une censure du politiquement incorrect qui tend à se généraliser dans les médias traditionnels, et que le CSA rêve d'imposer aussi sur Internet. Il sait déjà comment s'y prendre.
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Selon la définition qu'en donne Wikipedia, l'humour noir est "une forme d’humour qui souligne avec cruauté, amertume et parfois désespoir l’absurdité du monde, face à laquelle il constitue quelquefois une forme de défense". L'encyclopédie collaborative ajoute qu'il "consiste notamment à évoquer avec détachement, voire avec amusement, les choses les plus horribles ou les plus contraires à la morale en usage".

En clair, le principe-même de l'humour noir est de choquer en brisant des tabous. Parfois pour provoquer un rire libérateur dans un climat de gravité, comme lorsque Stéphane Guillon se permet de rire du crash de Rio-Paris une semaine après le drame. Parfois pour provoquer une réflexion sur une situation que l'humoriste veut dénoncer, comme lorsqu'Albert Dupontel se moque d'un mort d'accident de la route un peu trop pressé, qui se permet d'engueuler Dieu.

C'est dans cet esprit que Canal+ avait diffusé le 20 décembre 2013 un sketch, dans Le Débarquement 2, sur les victimes du génocide du Rwanda. Parodiant les émissions "Rendez-vous en terre inconnue" et "La parenthèse inattendue" de Frédéric Lopez, le sketch mettait en scène un rescapé Tutsi, et se moquait (pour le dénoncer) des blancs occidentaux qui observent le génocide rwandais avec un détachement cynique.

"J'aimerais qu'on parle du malheur d'Honoré. Honoré a vécu des malheurs, et j'aimerais qu'il en parle, qu'il parle de sa terrible aventure... pendant qu'on mange", disait l'animateur.

Flirtant par obligation en permanence avec la ligne rouge, tout auteur de sketch d'humour noir prend le risque de ne pas être compris, et surtout de voir son texte interprété au premier degré. C'est ce qui est arrivé aux comédiens de Canal+. Des spectateurs se sont ligués pour demander au CSA de sévir.

Loin de protéger l'humour noir au nom de la liberté d'expression, le CSA a décidé de leur donner raison, en s'engouffrant dans la brèche ouverte avec fracas par le Conseil d'Etat dans l'affaire Dieudonné : l'atteinte à la dignité humaine.

"Le Conseil a considéré que certains propos tenus dans cette séquence portaient atteinte à la dignité de la personne humaine, en dépit du genre humoristique auquel elle entendait être rattachée", explique le CSA qui avait déjà décidé d'interdire la quenelle à la télévision au nom des "valeurs d'intégration et de solidarité qui sont celles de la République". Dans sa décision, le CSA dit très explicitement qu'il refuse de prendre en compte le contexte des phrases litigieuses :

Un des personnages, relatant ses démarches pour adopter un enfant rwandais, a indiqué que la famille de ce dernier avait été retrouvée, l’obligeant ainsi à « en choisir un autre » et à demander « à voir la carte du village rasé, pour être sûr que tout le monde y était resté » ; qu’il est même allé jusqu’à s’écrier « Génocide, génocide » et que, malgré la qualification de génocide des exactions commises au Rwanda, « il y en a encore un paquet en pleine forme » : de tels propos sont en eux-mêmes et quel que soit leur contexte, attentatoires aux personnes frappées par un génocide.

En outre, un second personnage a interprété une chanson présentée comme étant de tradition rwandaise et inspirée de la comptine enfantine Fais dodo Colas mon petit frère en chantant « Maman est en haut, coupée en morceaux, Papa est en bas, il lui manque les bras », faisant ainsi une référence explicite, sur le mode de la dérision, à des corps de victimes décédées et de survivants mutilés.

Ce faisant, le CSA ne fait cependant que suivre la logique imprimée par l'arrêt du 16 février 2007 de l'assemblée plénière de la Cour de cassation qui, déjà à propos de Dieudonné, avait estimé qu'il était possible de juger les phrases incriminées non pas dans leur contexte, mais en elles-mêmes — dans cette affaire, Dieudonné avait été condamné pour avoir déclaré que "les juifs, c’est une secte, c’est une escroquerie", au cours d'un entretien dans lequel il expliquait auparavant que "juifs et musulmans pour moi, ça n’existe pas".

En décidant de mettre Canal+ en demeure, le CSA veut inciter la chaîne (et toutes les autres) à s'auto-censurer. Les chaînes de télévision devront éviter tout sketch dont un élément, "quel que soit son contexte", est susceptible de porter atteinte à la dignité humaine.

Avec une telle jurisprudence, Jérémy Ferrari aurait-il pu faire son sketch formidable sur l'adoption des handicapés, dans lequel il rappelle aux enfants qu'une "adoption coûte quand même 5000 euros, ce qui fait de vous un mauvais rapport qualité-prix" ?
Ou Les Inconnus auraient-ils pu faire leur sketch qui se moque d'un handicapé amputé des deux bras ?
Ou Desproges, faire son célèbre sketch sur les Juifs qui allaient à Auschwitz parce que le train était gratuit

Importer la censure sur Internet : un plan de bataille déjà dessiné

A cette époque où la télévision est ainsi corsetée, Internet apparaît comme un espace de liberté débridée. Ce constat devrait inviter la télévision et son régulateur à remettre la censure en question, en réalisant qu'elle est contre-productive. Mais c'est l'inverse qui se produit. C'est Internet que l'on veut progressivement censurer comme la télévision.

Actuellement, quand des animateurs du service public expliquent très sérieusement qu'il est de leur devoir de ne pas inviter des "cerveaux malades" dont ils dressent eux-mêmes la liste, ils incitent les spectateurs lassés du politiquement correct à aller chercher les discours radicaux là où ils sont réduits à devoir s'exprimer, sans opposition, sur Internet. Pendant qu'une émission de Mots Croisés débarrassée de tout cerveau malade, dans laquelle 100 % des invités attaquent Dieudonné et justifient sa censure, fait 1,5 million de téléspectateurs, le même Dieudonné rassemble 3 millions de spectateurs pour chacune de ses vidéos sur YouTube. Si tant est qu'elle fut efficace un jour, la censure est plus que jamais contre-productive dans un monde où ce qu est censuré dans les médias traditionnels est recherché voire glorifié sur Internet.
http://www.numerama.com/magazine/28220- ... -noir.html

Re: les racistes et négationnistes ont-ils le droit à la parole

Posté : 21 juillet 2014 10:15
par Mister Polark
Liberté d’expression en danger !
[...]

[Manuel Valls] proclamait alors : « Nous devons neutraliser le cyberespace et sur ce point, les Américains posent un problème à cause de leur premier amendement qui défend la liberté d’expression 2. Mais il semblerait que cette phrase ne soit pas la première du genre de M. Valls puisque voici environ un an, à propos de la teneur de certains messages publiés sur Twitter, le locataire de la place Beauvau avait déclaré regretter la « segmentation des régimes juridiques [qui] procure une certaine impunité » de leurs auteurs. Avant d’ajouter : «L’Europe doit s’imposer et convaincre les États-Unis qu’il faut concilier liberté d’expression et sécurité »3. Non content de piétiner l’un des fondements de notre État de droit, notre zélé ministre semble aussi vouloir imposer son point de vue aux autres pays du monde, notamment aux États-Unis qui, il est vrai, ont sacralisé la liberté d’expression.

Quant à la deuxième sentence, elle est à mettre à l’actif de Najat Vallaud-Belkacem, collègue de Manuel Valls et porte-parole du gouvernement. Au cours d’une conférence de presse dans la journée de dimanche, on a pu l’entendre dire ceci : « C’est une bonne chose d’encadrer la liberté d’expression pour éviter qu’elle ne porte atteinte à autrui »4. Encore une fois, personne ne paraît choqué devant de telles déclarations, surtout quand elles viennent d’un ministre de la république. On ne sera donc pas étonné, par la suite, que certains pays se moquent de nos leçons de morale sur les droits de l’homme – Chine et Russie en tête.
Alors que la France est pointée du doigt comme l’un des pays qui restreint le plus cette liberté fondamentale, nous rappellerons que voici presque trois ans, Reporters Sans Frontières, estimait que notre pays était classé au même rang que la Corée du Sud, la Libye ou encore la Russie dans le domaine. Sombre présage qui semble se confirmer de jour en jour.
Source complète : http://www.contrepoints.org/2014/01/15/ ... -en-danger

Manuel Valls à aussi parler à un moment d’interdire le printemps Français ...


[...]

L’erreur du moralisme selon John Stuart Mill

Le moralisme en politique, c’est la confusion du moral et du légal. Ainsi la violence verbale est moralement condamnable mais pas pénalement. Il est, en effet, impossible de déterminer par la loi si tel ou tel propos constitue une violence verbale. Il ne faut pas confondre ce qui est condamnable moralement (les vices) avec ce qui est condamnable juridiquement (les crimes, comme les agressions contre les personnes ou leurs biens). Or, le moralisme ouvre nécessairement la voie au gouvernement des pensées, à l’interdiction du débat et à des demandes infinies de pénalisation.

John Stuart Mill a défendu cette idée dans un livre célèbre, De la liberté (1854). Selon lui, le seul motif pour lequel une communauté civilisée peut légitimement « user de la force contre un de ses membres, contre sa volonté, est d’empêcher que du mal soit fait à autrui ». Le rôle du pouvoir est d’empêcher l’agression physique. Ainsi, dit-il, « Il convient de se tourner un instant vers ceux qui disent qu’on peut permettre d’exprimer librement toute opinion, pourvu qu’on le fasse avec mesure, et qu’on ne dépasse pas les bornes de la discussion loyale. On pourrait en dire long sur l’impossibilité de fixer avec certitude ces bornes supposées ; car si le critère est le degré d’offense éprouvé par ceux dont les opinions sont attaquées, l’expérience me paraît démontrer que l’offense existe dès que l’attaque est éloquente et puissante : ils accuseront donc de manquer de modération tout adversaire qui les mettra dans l’embarras. »

La liberté d’expression est donc une liberté négative. Elle consiste à ne pas empêcher quiconque, de façon coercitive, d’exprimer des idées et des opinions, y compris les opinons jugées immorales ou fausses. Cette tolérance n’est pas synonyme de relativisme, qui consisterait à mettre toutes les opinions sur le même plan. Elle ouvre au contraire au débat, au droit de réponse, à l’argumentaire et à la persuasion. Mill écrit : « Les seules mesures que la société est justifiée à prendre pour exprimer sa répulsion ou sa désapprobation pour un tel comportement sont les conseils, l’instruction, la persuasion, et la cessation de la fréquentation de l’individu par ceux qui l’estimeraient nécessaire pour leur propre bien. »

On peut tout dire dans la limite du respect des contrats et de la propriété privée.

Pour un libéral cohérent, la liberté d’expression doit être totale et sans autre restriction que le respect du droit de propriété d’autrui. Cela signifie par exemple que j’ai le droit d’empêcher un homme de coller une affiche sur le mur de ma maison. De même, un éditeur ou un groupe de presse est maître de ses choix éditoriaux et de ses publications. Un chef d’entreprise ou un directeur d’école est maître du règlement intérieur de son établissement. Quand on y entre, on accepte ce règlement, sous peine de sanctions. Même chose sur un blog ou un site internet. Chacun peut édicter un règlement en vertu duquel il s’engage à censurer tel ou tel propos jugé déplacé. Autrement dit, dans une société libre, on a le droit de tout dire dans la limite des engagements contractuels que l’on a pris et du respect du droit de propriété.

Dans la sphère publique, la situation n’est plus du tout la même. En effet, l’espace public appartient à tous, personne ne peut s’en arroger le monopole. L’autorité publique dispose du monopole de la violence mais son rôle est justement de réprimer la violence faite aux personnes et à leurs biens, pas d’initier elle-même la violence. Il existe un moyen simple pour la société civile de combattre les comportements et les idées fausses, y compris les insultes : l’ostracisme et le boycott. C’est la seule méthode spontanément et naturellement efficace, qui protège la libre volonté des individus. Mais vouloir établir la tolérance universelle d’une manière coercitive en criminalisant la pensée et en forçant le citoyen à adopter une vérité d’État est aberrant.
La conclusion est donc simple : nul ne devrait être inquiété par la justice pour des propos privés ou publics qui, même s’ils font offense à tel ou tel, ne tuent pas et ne portent pas atteinte à la sécurité des personnes ou des biens. Il faut donc abolir toute forme de délit d’opinion, toute tentative de légiférer sur le passé, sur l’histoire ou sur la mémoire.
http://www.contrepoints.org/2014/01/13/ ... -tout-dire
Personne n’est plus embastillé pour ses opinions, et le temps au Voltaire écrivait que « sans l’agrément du Roi, vous ne pouvez penser » semble bien révolu. L’avalanche de sottises postées chaque jour sur le web conduit parfois à penser que, s’il y a un problème avec la liberté d’expression, il réside plutôt dans son abus.

Pourquoi alors des artistes aussi divers que Michel Houellebecq, Christian Clavier ou Karl Lagerfeld se sont-­ils inquiétés récemment d’un retour rampant de la censure ?


Depuis quarante ans, nos gouvernants se sont mis en tête d’éradiquer la bêtise. La loi Pleven de 1972 condamnant les propos discriminatoires peut être considérée comme le point de départ de cette évolution. Bien d’autres lois ont suivi, toutes rédigées avec les meilleures intentions du monde, mais qui ont considérablement limité le champ de la liberté d’expression (voir leur liste complète en annexe de ce rapport, avec des exemples de « propos interdits »).Ce corpus juridique est aujourd’hui heureusement peu utilisé, hormis par quelques associations spécialisées et personnalités procédurières, mais il définit un cadre potentiellement très dangereux, qui explique à la fois la judiciarisation du débat public en France, et le développement des phénomènes d’auto-­‐censure. Si ces lois étaient appliquées à la lettre, rares sont les écrits ou les paroles qui échapperaient à la justice.

Nous nous sommes tournés vers John Stuart Mill et son essai On Liberty (1859) pour retrouver les principes fondateurs de la liberté d’expression. Nous en avons tiré la conviction que tout ce qui a trait à la définition de la « vérité » ou de la « morale » doit être ouvertement autorisé. Nous faisons le pari, à la base de nos démocraties, que l’individu est rationnel, et que l’opinion, correctement informée, est mieux à même de trancher le bien et le mal que les tribunaux. Comme le dit Jamel Debbouze, « laissons les imbéciles dire tout et n’importe quoi ». Seul le souci de ne pas faire de mal à autrui doit pouvoir restreindre la liberté d’expression – ce qui peut justifier, par exemple, des lois protégeant la vie privée et la réputation, ou condamnant l’incitation à la violence.

Munis de ces principes solides, nous avons passé en revue la législation française. Si l’on peut sourire du délit d’ « outrage à Ambassadeur », d’ « opinions contraires à la décence » ou de « diffamation à l’encontre des administrations publiques », comment tolérer qu’un véritable délit de blasphème ait été réintroduit par la Cour de Cassation ? que les lois mémorielles empêchent les historiens de faire leur travail (si elles avaient existé dans les années 60, jamais on aurait pu montrer que le massacre de Katyn avait été perpétré par les Russes et non par les Nazis) ? que chaque communauté se dote de son association spécialisée traquant toute critique (une plainte pour « discrimination envers la communauté des femmes rondes » a récemment été déposée) ? que l’on ne puisse pas montrer, dans un reportage, un vigneron qui prend plaisir à boire son vin ? que l’usage trop aisé de la diffamation soit devenu une arme politique ? qu’un simple « retweet » puisse valoir une mise en examen ?

Le législateur, en abandonnant tout principe, a mis le juge dans la position impossible de rétablir le bon sens. En ajoutant exception après exception, restriction après restriction, il s’est fait l’homme de main d’une société frileuse et inhibitrice, détruisant cet « esprit français » fait d’excès, d’esprit et d’espoir.

Pour redonner à la France son blason de pays des Lumières, nous formulons 6 propositions dont le détail et les implications juridiques sont fournis en conclusion de ce rapport :

• Affranchir la liberté d’expression de l’idée de morale ou de vérité.
• Libérer les propos excessifs.
• Restreindre l’usage de la diffamation.
• Redéfinir le droit à la vie privée.
• Protéger les journalistes.
• Créer des zones de catharsis.
C'est le résume d'une étude :)
Pour voir l'étude complète ou une synthèse (plus longue que le résumé, plus courte que l'étude
voir en bas du résumé : http://www.generationlibre.eu/etudes/po ... xpression/
Synthèse : 10 pages
Etude : 49 pages

Re: les racistes et négationnistes ont-ils le droit à la parole

Posté : 21 juillet 2014 10:23
par sacamalix
Mister Polark a écrit : Pendant qu'une émission de Mots Croisés débarrassée de tout cerveau malade, dans laquelle 100 % des invités attaquent Dieudonné et justifient sa censure, fait 1,5 million de téléspectateurs, le même Dieudonné rassemble 3 millions de spectateurs pour chacune de ses vidéos sur YouTube.
Attention quand même avec les "vues" Youtube : 3 millions de vues, ça peut être 1 million de personnes qui regardent 3 fois... :siffle: Et ce genre de vidéos, les adeptes les regardent plusieurs fois, les montrent aux amis, aux collègues...

Re: les racistes et négationnistes ont-ils le droit à la parole

Posté : 21 juillet 2014 10:32
par Hatteras
sacamalix a écrit :
- les négationnistes et révisionnistes par contre font une propagande mensongère concernant des faits établis. Comme pour la publicité mensongère des entreprises, il faut donc l'interdire.
Interdire le mensonge ? Quel beau programme !

Re: les racistes et négationnistes ont-ils le droit à la parole

Posté : 21 juillet 2014 10:51
par Mister Polark
Hatteras a écrit : Interdire le mensonge ? Quel beau programme !
Il faudrait penser à interdire la politique :content85 :content85 :content85

Re: les racistes et négationnistes ont-ils le droit à la parole

Posté : 21 juillet 2014 10:53
par Rananen
l expression du racisme n est pas une liberté mais une atteinte a la liberté et a l intégrité morale d autrui . c est donc une agression et ça doit être par conséquent puni !

Re: les racistes et négationnistes ont-ils le droit à la parole

Posté : 21 juillet 2014 11:40
par Mister Polark
Rananen a écrit : l expression du racisme n est pas une liberté mais une atteinte a la liberté et a l intégrité morale d autrui . c est donc une agression et ça doit être par conséquent puni !
L'intégrité morale, c'est quoi ?

C'est n'importe quoi. L'expression du racisme ce sont des mots. Une agression ce sont des actes physiques bien réels. Si il y a appel au meurtre ou à la violence, c'est ça qu'il faut condamner indépendamment du fait que ça soit raciste ou non. Idem pour l'éventuel harcèlement qui doit être quoi pour lui même indépendamment de qui il vise.
Mais le racisme en soi ou son expression ça n'est pas une agression.

Il est maintenant très fréquent d'entendre les gens dire: "Je suis plutôt choqué par ceci, je suis plutôt choqué par cela". Ça pas de sens, pas de but. C'est rien de plus qu'un gémissement. Vous êtes choqué par ça? Eh bien, putain quoi?"
Stephen Fry

Re: les racistes et négationnistes ont-ils le droit à la parole

Posté : 21 juillet 2014 11:43
par sacamalix
Rananen a écrit : l expression du racisme n est pas une liberté mais une atteinte a la liberté et a l intégrité morale d autrui . c est donc une agression et ça doit être par conséquent puni !
Ok, et si je dis "t'es un sale con", c'est plus ou moins grave que de dire "sale noir" ? Je ne porte pas atteinte à ton intégrité morale ? :roll: :roll: