Page 1 sur 1

Une avancée pour la lutte contre le SIDA?

Posté : 28 juillet 2014 07:40
par Crapulax
Neutraliser le virus du Sida dans les muqueuses. C’est le pari de la société B Cell Design, située à Limoges. Une découverte majeure qui a encore besoin d’être testée sur les animaux, puis sur l’homme.

En pleine conférence mondiale sur le Sida, la possibilité d’un vaccin préventif est-elle en train de naître à Limoges?? Dans les laboratoires de B Cell Design, au premier étage des locaux abritant l’établissement français du sang (EFS), à Limoges, Armelle Cuvillier, responsable scientifique du projet, est convaincue de l’originalité et de l’efficacité de son approche. « La nature de l’anticorps et de la réponse induite est différente des autres recherches », explique cette chercheuse, secondée par une équipe scientifique issue exclusivement de l’Université de Limoges.
« Explorer une
nouvelle voie d'attaque »

Ses scientifiques ont déjà « reproduit chez les souris les anticorps capables de neutraliser le VIH, explique-t-elle. On veut cantonner l’infection aux muqueuses et utiliser les armes naturelles de défense qui existe à cet endroit ».
L’aventure, menée en partenariat avec Sanofi-Pasteur et l’Inserm de Strasbourg, part d’un constat simple. La quête d’un vaccin contre le Sida reste « sur 30 ans d’échec », souligne Armelle Cuvillier. La raison?? Les scientifiques qui s’attaquaient jusqu’à présent à cet Everest médical, le faisaient de manière classique, en isolant des éléments protéiques à la surface du virus. « Par exemple, dissèque la chercheuse, pour la grippe, un composant du virus est utilisé dans la fabrication du vaccin. Mais ça ne marche pas avec le VIH car les éléments qui sont à sa surface changent avec le temps. Il nous fallait donc explorer une nouvelle voie d’attaque. »

« Réactions croisées »

Les scientifiques limougeauds se basent sur des travaux de Sanofi-Pasteur pour étudier une autre piste : « Il a été démontré que des personnes exposées régulièrement au virus résistent à l’infection, reprend Armelle Cuvillier. Pourquoi?? Pour répondre à cette question, les chercheurs se sont appuyés sur le rôle fondamental que joue la flore naturelle qui tapisse toutes nos muqueuses, composée de micro-organismes, qui nous entraînent à élaborer des systèmes de protection. La réponse immunitaire contre ces micro-organismes s’est également montrée très efficace contre le Sida. C’est ce qu’on appelle des réactions croisées. »
Toute l’originalité de l’approche de B Cell Design réside là. « Notre vaccin n’est pas basé sur un composant naturel du VIH, mais a pour objectif d’induire une réaction à celui-ci à l’endroit même où il pénètre dans l’organisme : les muqueuses. C’est là que le virus se cache et infecte petit à petit l’organisme. Notre vaccin va permettre de maintenir une stimulation locale permanente du système immunitaire. Il sera ainsi éduqué pour répondre au VIH. » L’utilisation de ces anticorps permettrait aussi de traiter les cancers se développant dans d’autres régions muqueuses, comme le cancer colorectal par exemple.

« La bonne recette »

Pour le Sida, le vaccin s’est déjà montré efficace sur les rongeurs de petite taille. Un brevet a été déposé en février. « Il nous faut maintenant passer à la phase pré-clinique », explique la responsable scientifique. Cette étape doit notamment permettre de parfaire la composition, le dosage et le choix de la voie d’administration du vaccin. « On choisit la bonne recette, simplifie Armelle Cuvillier, pédagogue. Elle sera ensuite testée sur des rats et des lapins. Puis viendra la première phase d’expérimentation humaine sur des volontaires sains. »
B Cell Design rejoindrait alors le cercle très fermé de la vingtaine d’essais cliniques déjà en cours dans le monde. « Cela peut prendre deux à trois ans », estime-t-elle. Le projet demande également des fonds pour permettre à la société de se structurer. La route est encore longue, mais l’espoir est au bout…

Source:Le Populaire du Centre.