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Non, le gouvernement Valls 2 n'est pas libéral

Posté : 02 septembre 2014 18:31
par Mister Polark
Non, le gouvernement Valls 2 n'est pas libéral
FIGAROVOX/ANALYSE - Utilisé comme critique ou comme compliment, le terme «libéral» revient sans cesse lorsqu'il s'agit de parler du nouveau gouvernement Valls 2. Pourtant, pour Jacques Garello, ces utilisations du mot sont hors de propos.

«Orientation libérale», «sociale-libérale», un ministre de l'économie «libéral»: le succès spectaculaire du mot est surprenant. Voilà de quoi faire réagir Messieurs Besancenot et Philippot, qui dénoncent l'«ultralibéralisme» ambiant.

Mais si l'on dit le mot, va-t-on faire la chose?

Certes dire le mot est une nouveauté: la conspiration du silence l'a masqué depuis 2002, date où le dernier parti libéral a quitté la scène politique. Le libéralisme n'a été évoqué que pour lui attribuer généreusement la paternité de la crise, pour condamner la mondialisation ou, indifféremment, le dirigisme bruxellois (un comble!) Il est d'ailleurs de bon ton de parler d'ultra-libéralisme pour condamner ses ultra-méfaits, ses ultra-injustices.

Voilà donc une révolution du vocabulaire inattendue. Elle pourrait réchauffer le cœur de tous ceux qui depuis des années sont victimes d'ostracisme. Le fait que le «libéral» soit désormais vendeur dans le marketing politique peut leur suggérer que leurs idées ont remporté une victoire. Serions-nous revenus aux années 1974, au début de l'ère giscardienne, quand Georges Marchais déclarait «Je suis un libéral». Quarante ans plus tard, va-t-on oser se dire libéral?

Hélas, cette victoire est à la Pyrrhus, et si le mot est à la mode, la chose n'est que virtuelle, voire mensongère. Sans doute y a-t-il quelque réalité derrière le choix du mot: c'est une remise en cause du socialisme, c'est le constat que personne ne sait vers quoi ni vers qui se tourner. Le mot traduit le désarroi de la classe politique mais aussi de l'opinion publique, voilà pourquoi il est bienvenu. Mais quel sens peut-il avoir dans le contexte actuel et quel écho concret peut-il avoir?

Pour beaucoup de personnes il signifie que l'on essaye d'infléchir la politique française vers la sociale-démocratie, les plus optimistes diront même vers le «modèle allemand» tant décrié jusqu'à présent. Mais d'une part la sociale-démocratie n'est pas libérale, puisqu'elle fait une large place au dirigisme et à la redistribution, ce qui n'est pas dans la doctrine libérale. De façon plus générale, la «troisième voie» qui veut mêler des principes et des éléments d'une économie de marché avec ceux d'une économie de plan, a toujours débouché à long terme sur un échec ; elle ne constitue en rien un tiers système, elle est un compromis politique qui tôt ou tard s'effondre. D'autre part le libéralisme ne se ramène pas à la liberté économique, il a une dimension politique et éthique qui lui donne sa vertu. Il est limitation du pouvoir politique et garantie des droits individuels, dont le droit de propriété, il est conforme à la nature de l'être humain, à sa capacité créatrice, et à sa volonté de vivre en harmonie avec les autres.

C'est la raison pour laquelle la chose libérale en reste pour l'instant au niveau du discours. L'ambiguïté demeure, et le cap du gouvernement est toujours incertain. Va-t-on supprimer la durée légale du travail? On envisage à peine un «aménagement» des 35 heures, ce qui n'a aucun sens pour un libéral? En quoi vont consister les baisses d'impôts? En un relèvement de la TVA? Le libéral dit plus clairement: on ne peut réduire les impôts sans réduire les dépenses, et on ne peut réduire les dépenses sans réduire la taille de l'Etat, sans le renvoyer «dans ses cordes»: qu'il assume ses missions régaliennes, celles qui impliquent le recours à la coercition, comme la défense, la police et la justice. Toute réforme qui s'écarte de cette ligne ne peut être tenue pour «libérale».

D'ailleurs, en se référant aux valeurs éthiques qui donnent sens à la liberté, le libéral ne peut accepter que la sphère publique déborde sur la vie privée, et il y a pour lui tout à craindre d'un gouvernement qui comprend des égéries qui veulent détruire la famille, le droit pénal et diffuser une «éducation» idéologique de nature à perturber durablement les enfants.

Ainsi la chose libérale ne peut-elle être que «globale», la libération du pays ne saurait être seulement économique , c'est dans tous les domaines que les Français doivent retrouver leurs libertés, ce qui exige aussi le respect d'un état de droit, c'est-à-dire d'une situation où les règles sociales émergeant de l'expérience et du droit naturel sont respectées par tous, et où le pouvoir politique a précisément pour raison d'être et pour mission de faire respecter cet état de droit - et de le respecter lui-même évidemment.

On a souligné à l'envi les applaudissements des entrepreneurs au discours du Premier Ministre. Il est vrai que ceux qui sont harassés d'impôts, de réglementations, victimes d'une idéologie de lutte des classes et de condamnation du profit, désignés à la vindicte populaire comme fauteurs de chômage et de pauvreté, peuvent apprécier qu'un langage nouveau soit enfin entendu, leur rendant hommage pour l'œuvre créatrice qu'ils accomplissent au service de la communauté. Mais, à supposer que les promesses suivent les discours, ce que le Premier Ministre a souhaité, ce n'est pas la révolution libérale, c'est la collaboration entre l'Etat et les entreprises. Le discours n'est pas libéral, il est colbertiste. C'est mieux que le marxisme, mais c'est encore du mercantilisme: l'Etat garant de la richesse nationale en partenariat avec les patrons. Colbert voulait aussi aider les marchands à développer leurs affaires: «Que puis-je faire pour vous?» demande-t-il à la délégation de marchands qu'il avait conviée. Legendre répond: «Laissez-nous faire». Cette anecdote bien connue traduit l'esprit du libéral: les entreprises, comme tous les Français, ont besoin qu'on les laisse créer, épargner, investir, consommer, ils ont besoin aussi qu'on les laisse gérer leur vie privée, leur patrimoine, leur famille et leurs communautés comme ils l'entendent. Tant que cette certitude ne sera pas acquise, il n'y aura pas de retour à la confiance ni à la croissance ni à l'harmonie. C'est du moins l'opinion habituelle du libéral. C'est un vrai défi dans le pays de Colbert et du despotisme.
Source : http://www.lefigaro.fr/vox/economie/201 ... iberal.php

Re: Non, le gouvernement Valls 2 n'est pas libéral

Posté : 02 septembre 2014 19:00
par Kelenner
Sur le plan sémantique l'auteur a raison, Valls n'est pas libéral. Politiquement il se situe plutôt au centre-droit tendance sociale-démocrate, sur le -triste- modèle d'un Blair ou d'un Schroder. Cohn-Bendit par exemple est bien plus libéral que Valls à tous points de vue.

Après le fond du problème, c'est le libéralisme en lui-même. Pour moi qui considère cette doctrine comme l'une des plus grosses enfumades intellectuelles de l'histoire, sur tous les plans, je n'ai bien entendu pas la même vision béate d'un monde libéral idyllique que l'auteur de l'article.

Re: Non, le gouvernement Valls 2 n'est pas libéral

Posté : 02 septembre 2014 22:09
par Fonck1
Kelenner a écrit : Sur le plan sémantique l'auteur a raison, Valls n'est pas libéral. Politiquement il se situe plutôt au centre-droit tendance sociale-démocrate, sur le -triste- modèle d'un Blair ou d'un Schroder. Cohn-Bendit par exemple est bien plus libéral que Valls à tous points de vue.
ils ont plutôt fait tous deux des bonnes choses pour leur pays.
Après le fond du problème, c'est le libéralisme en lui-même. Pour moi qui considère cette doctrine comme l'une des plus grosses enfumades intellectuelles de l'histoire, sur tous les plans, je n'ai bien entendu pas la même vision béate d'un monde libéral idyllique que l'auteur de l'article.
nous ne sommes pas dans un monde libéral,nous sommes dans un monde étatique.

Re: Non, le gouvernement Valls 2 n'est pas libéral

Posté : 02 septembre 2014 22:26
par Kelenner
On ne peut pas catégoriser de manière aussi simpliste. Déjà, il existe de sérieuses différences entre pays. D'autre part, pour prendre le cas de la France l'Etat est certes important dans certains domaines mais dans d'autres les lois en vigueur sont clairement d'orientation libérales : on peut citer les règles d'héritage et de propriété très favorables aux fortunes "établies".

On comprend bien que pour l'auteur tout cela est insuffisant et qu'il rêverait d'un monde où tous les garde-fous seraient supprimés afin que les plus forts écrasent encore un peu plus la gueule des plus faibles, ce qui est l'essence même du "libéralisme".

Re: Non, le gouvernement Valls 2 n'est pas libéral

Posté : 02 septembre 2014 22:39
par Mister Polark
Kelenner a écrit : On ne peut pas catégoriser de manière aussi simpliste. Déjà, il existe de sérieuses différences entre pays. D'autre part, pour prendre le cas de la France l'Etat est certes important dans certains domaines mais dans d'autres les lois en vigueur sont clairement d'orientation libérales : on peut citer les règles d'héritage et de propriété très favorables aux fortunes "établies".

On comprend bien que pour l'auteur tout cela est insuffisant et qu'il rêverait d'un monde où tous les garde-fous seraient supprimés afin que les plus forts écrasent encore un peu plus la gueule des plus faibles, ce qui est l'essence même du "libéralisme".
Non, ce n'est pas l'essence du libéralisme

Re: Non, le gouvernement Valls 2 n'est pas libéral

Posté : 02 septembre 2014 22:46
par Fonck1
Kelenner a écrit : On ne peut pas catégoriser de manière aussi simpliste. Déjà, il existe de sérieuses différences entre pays. D'autre part, pour prendre le cas de la France l'Etat est certes important dans certains domaines mais dans d'autres les lois en vigueur sont clairement d'orientation libérales : on peut citer les règles d'héritage et de propriété très favorables aux fortunes "établies".
les règles d'héritages changent en 2015 pour un alignement sur l'europe.
On comprend bien que pour l'auteur tout cela est insuffisant et qu'il rêverait d'un monde où tous les garde-fous seraient supprimés afin que les plus forts écrasent encore un peu plus la gueule des plus faibles, ce qui est l'essence même du "libéralisme".
pour moi,il n'y a aucun état libéral,ce ne sera donc jamais l'essence du libéralisme.

Re: Non, le gouvernement Valls 2 n'est pas libéral

Posté : 02 septembre 2014 22:47
par Kelenner
Sur le plan théorique cette école de pensée enrobe joliment les choses et se rengorge de termes flatteurs : liberté, tolérance, responsabilité individuelle.. Ca fait très beau sur le papier, je le concède. Mais les libéraux ne sont pas des imbéciles, ils savent pertinemment que tout cela n'existe pas dans la réalité. N'est "libre" que celui qui a les moyens de l'être, et comme les libéraux défendent farouchement toutes les positions acquises, seule une infime minorité de la population peut réellement exercer ses droits. Les autres n'ont qu'à subir la "liberté" des nantis.

Bref le libéralisme peut être considéré au mieux comme une gentille utopie naïve, ou pire comme une manipulation hypocrite particulièrement perverse.

Re: Non, le gouvernement Valls 2 n'est pas libéral

Posté : 02 septembre 2014 22:51
par Fonck1
Kelenner a écrit : Sur le plan théorique cette école de pensée enrobe joliment les choses et se rengorge de termes flatteurs : liberté, tolérance, responsabilité individuelle.. Ca fait très beau sur le papier, je le concède. Mais les libéraux ne sont pas des imbéciles, ils savent pertinemment que tout cela n'existe pas dans la réalité. N'est "libre" que celui qui a les moyens de l'être, et comme les libéraux défendent farouchement toutes les positions acquises, seule une infime minorité de la population peut réellement exercer ses droits. Les autres n'ont qu'à subir la "liberté" des nantis.

Bref le libéralisme peut être considéré au mieux comme une gentille utopie naïve, ou pire comme une manipulation hypocrite particulièrement perverse.
pour l'instant,le libéralisme est le seul système qui a permis au monde de s'enrichir.

Re: Non, le gouvernement Valls 2 n'est pas libéral

Posté : 03 septembre 2014 01:10
par Rananen
Fonck1 a écrit : pour l'instant,le libéralisme est le seul système qui a permis au monde de s'enrichir.
le monde ne s est pas enrichie , le monde c est appauvrie en ressource !
tand que tu ne comprendra pas que ce système ne peut pas duré dans une planète finie tu n aura rien compris a rien !

Re: Non, le gouvernement Valls 2 n'est pas libéral

Posté : 03 septembre 2014 10:34
par Jarod1
Qui peut sérieusement parler de libéralisme en France quand la dépense publique représente 56 % de la richesse nationale ????

On peut agiter tous les concepts qu'on veut, mais on ne peut pas dire n'importe quoi.

Re: Non, le gouvernement Valls 2 n'est pas libéral

Posté : 03 septembre 2014 11:05
par sacamalix
Fonck1 a écrit : pour l'instant,le libéralisme est le seul système qui a permis au monde de s'enrichir.
Sauf qu'une fois que tu es suffisamment enrichi, peut-être serait-il intelligent d'arrêter d'en vouloir toujours plus aux dépends des autres... Quand tu te rends compte qu'avoir 1 million € te permet de vivre une vie sans bosser, que 2 ou 3 permettent d'assurer une vie confortable à ta descendance, quelle est l'utilité réelle d'en gagner 4, 5, 10 voire plus par an, pendant que les autres crèvent la dalle ? :siffle:

Re: Non, le gouvernement Valls 2 n'est pas libéral

Posté : 03 septembre 2014 12:28
par Fonck1
sacamalix a écrit : Sauf qu'une fois que tu es suffisamment enrichi, peut-être serait-il intelligent d'arrêter d'en vouloir toujours plus aux dépends des autres... Quand tu te rends compte qu'avoir 1 million € te permet de vivre une vie sans bosser, que 2 ou 3 permettent d'assurer une vie confortable à ta descendance, quelle est l'utilité réelle d'en gagner 4, 5, 10 voire plus par an, pendant que les autres crèvent la dalle ? :siffle:
euh avec 1 millions d'euros,tu ne vis pas une vie entière sans bosser.

c'est vrai,l'argent attire l'argent.
mais ça a toujours existé,on ne prête pas aux pauvres. (peut être aussi parce qu'ils sont dans l'incapacité de rembourser,ce serait même assez logique)
bon je pense quand même que les gens qui gagnent beaucoup d'argent,en font vivre aussi beaucoup derrière.
tout est question de ratio entre ce que l'on gagne et dépense.
quand aux autres qui crèvent la dalle,on en est loin en France,dans un cadre général.

Re: Non, le gouvernement Valls 2 n'est pas libéral

Posté : 03 septembre 2014 12:29
par Fonck1
Jarod1 a écrit : Qui peut sérieusement parler de libéralisme en France quand la dépense publique représente 56 % de la richesse nationale ????

On peut agiter tous les concepts qu'on veut, mais on ne peut pas dire n'importe quoi.
:+1

Re: Non, le gouvernement Valls 2 n'est pas libéral

Posté : 03 septembre 2014 14:12
par Victor
Kelenner a écrit : Sur le plan sémantique l'auteur a raison, Valls n'est pas libéral. Politiquement il se situe plutôt au centre-droit tendance sociale-démocrate, sur le -triste- modèle d'un Blair ou d'un Schroder. Cohn-Bendit par exemple est bien plus libéral que Valls à tous points de vue.

Après le fond du problème, c'est le libéralisme en lui-même. Pour moi qui considère cette doctrine comme l'une des plus grosses enfumades intellectuelles de l'histoire, sur tous les plans, je n'ai bien entendu pas la même vision béate d'un monde libéral idyllique que l'auteur de l'article.
Vous êtes très injuste avec Schröder. Si on compare l'Allemagne avant et après Schröder, il n'y a pas photo. Les grandes réformes qui ont permis le redressement de l'Allemagne sont à son actif. Merkel a bénéficié des retombées des réformes de Schröder.

J'avoue ne pas comprendre pourquoi tant de Français qui se disent de gauche sont réticents à la social-démocratie, qui partout ailleurs en Europe est la gauche. Est-ce parce que notre histoire est remplie de "révolutions" 1789, 1830, 1848, la commune. révolutions sanglantes et bien guère efficaces. Regardez les autres pays européens, ils n'ont pas cet héritage révolutionnaire et ne s'en porte pas plus mal, voir pourraient nous donner des leçons de démocratie, comme l'indépendance totale de la justice.

Re: Non, le gouvernement Valls 2 n'est pas libéral

Posté : 03 septembre 2014 14:46
par Fonck1
Victor a écrit : Vous êtes très injuste avec Schröder. Si on compare l'Allemagne avant et après Schröder, il n'y a pas photo. Les grandes réformes qui ont permis le redressement de l'Allemagne sont à son actif. Merkel a bénéficié des retombées des réformes de Schröder.
et en plus,elle n'a pas fait n’importe quoi avec le bénéfice fait ! contrairement aux notre qui en vendant les bijoux de famille,on continuer à dépenser !
J'avoue ne pas comprendre pourquoi tant de Français qui se disent de gauche sont réticents à la social-démocratie, qui partout ailleurs en Europe est la gauche. Est-ce parce que notre histoire est remplie de "révolutions" 1789, 1830, 1848, la commune. révolutions sanglantes et bien guère efficaces. Regardez les autres pays européens, ils n'ont pas cet héritage révolutionnaire et ne s'en porte pas plus mal, voir pourraient nous donner des leçons de démocratie, comme l'indépendance totale de la justice.
parce que les français n'aiment pas faire d'efforts,ils aiment le grand train,dépenser,c'est "l'autre" qui paye...