La fraude aux cotisations sociales explose.
Posté : 17 septembre 2014 06:01
Les fraudeurs ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Alors que la gruge des assurés sociaux, régulièrement dénoncée, est comprise entre 2 et 3 milliards d’euros par an, celle des employeurs serait près de dix fois plus importante, selon un rapport de la Cour des comptes à paraître mercredi. En effet, en 2012, le besoin de financement de l’ensemble de la Sécu (assurance chômage et retraites complémentaires comprises) se montait à 19 milliards d’euros. Autrement dit, si la fraude au paiement des cotisations sociales n’existait pas, non seulement il n’y aurait pas de déficit de la Sécu, mais l'ensemble des régimes présenteraient un léger excédent de 1 à 6 milliards d'euros...
Problème : les nouvelles formes de fraudes sont «difficiles à combattre», reconnaît la Cour. Notamment en raison de la mondialisation des échanges, du développement du marché unique européen – qui réunit des pays dont les niveaux de protection sociale sont «très inégaux» –, mais aussi à cause de l’augmentation des transactions dématérialisées. «La fraude transnationale, la sous-traitance en cascade, les faux statuts, les circuits de financement occultes compliquent la tâche des agents chargés du contrôle des cotisations», explique la Cour des comptes. Parmi les nouvelles formes de fraudes : le détournement du régime des travailleurs détachés, pour lesquels s’applique le droit du travail du pays d’accueil, mais celui de la sécurité sociale du pays d’origine. Avec, la plupart du temps, des cotisations moins élevées qu’en France. Autre type de fraude en vogue : celle liée au statut de «travailleur indépendant», détourné par certains employeurs.
Parmi les «anciennes» pratiques : les entreprises qui sous-déclarent les heures de travail, mais aussi la fraude des particuliers employeurs, qui reste «difficile à détecter et à réprimer». Les régimes de retraite complémentaire, quant à eux, ne font toujours pas l’objet de contrôle. Par secteur, la construction et le commerce occupent la tête de peloton, avec respectivement 3,8 milliards et 3,3 milliards de cotisations «éludées».
Face à ces pratiques, le taux de recouvrements reste dérisoire : environ 1,5% de la fraude liée au travail dissimulé, hors retraites complémentaires et chômage. Résultat : le niveau des redressements était inférieur à 1 milliard d’euros en 2013. Dans ce contexte, la Cour des compte appelle à un renforcement des moyens d’investigation, regrettant qu’il n’y ait pas l’équivalent de la«police fiscale» dans ce domaine. Et appelle aussi à une augmentation de la majoration des redressements en cas de constat de travail dissimulé, actuellement fixée à 25% seulement.
Source:Libération.
Problème : les nouvelles formes de fraudes sont «difficiles à combattre», reconnaît la Cour. Notamment en raison de la mondialisation des échanges, du développement du marché unique européen – qui réunit des pays dont les niveaux de protection sociale sont «très inégaux» –, mais aussi à cause de l’augmentation des transactions dématérialisées. «La fraude transnationale, la sous-traitance en cascade, les faux statuts, les circuits de financement occultes compliquent la tâche des agents chargés du contrôle des cotisations», explique la Cour des comptes. Parmi les nouvelles formes de fraudes : le détournement du régime des travailleurs détachés, pour lesquels s’applique le droit du travail du pays d’accueil, mais celui de la sécurité sociale du pays d’origine. Avec, la plupart du temps, des cotisations moins élevées qu’en France. Autre type de fraude en vogue : celle liée au statut de «travailleur indépendant», détourné par certains employeurs.
Parmi les «anciennes» pratiques : les entreprises qui sous-déclarent les heures de travail, mais aussi la fraude des particuliers employeurs, qui reste «difficile à détecter et à réprimer». Les régimes de retraite complémentaire, quant à eux, ne font toujours pas l’objet de contrôle. Par secteur, la construction et le commerce occupent la tête de peloton, avec respectivement 3,8 milliards et 3,3 milliards de cotisations «éludées».
Face à ces pratiques, le taux de recouvrements reste dérisoire : environ 1,5% de la fraude liée au travail dissimulé, hors retraites complémentaires et chômage. Résultat : le niveau des redressements était inférieur à 1 milliard d’euros en 2013. Dans ce contexte, la Cour des compte appelle à un renforcement des moyens d’investigation, regrettant qu’il n’y ait pas l’équivalent de la«police fiscale» dans ce domaine. Et appelle aussi à une augmentation de la majoration des redressements en cas de constat de travail dissimulé, actuellement fixée à 25% seulement.
Source:Libération.