Merah aurait braqué une bijouterie entre deux tueries
Posté : 11 décembre 2014 12:47
La police a retrouvé la trace de Mohamed Merah sur le braquage d'une bijouterie toulousaine qui s'est déroulé deux jours avant la tuerie de l'école juive, selon des informations d'Europe 1.
Le 15 mars 2012, le « tueur au scooter » a abattu de sang-froid deux soldats à Montauban (après en avoir abattu un le 11 mars), avant de tuer, le 19 mars, trois jeunes enfants et un père de famille devant l'école juive Ozar Hatorah à Toulouse. Mohamed Merah est mort le 22 mars sous les balles du RAID, à l'issue d'un siège de plus de trente heures.
Les enquêteurs toulousains ont acquis la conviction que le Toulousain avait participé au braquage d'une bijouterie, dans la nuit du 16 au 17 mars 2012. Trois hommes ont fait irruption en pleine nuit au domicile d'un bijoutier dans la périphérie de Toulouse. Les malfaiteurs l'ont menacé et mené jusqu'à sa boutique où ils ont dérobé 20 000 euros d'or et de bijoux. Sur les lieux du casse, les enquêteurs de la gendarmerie retrouvent une cartouche de 11.43, le même calibre que celui utilisé par le tueur au scooter. La PJ toulousaine et l'antiterrorisme, chargés des investigations sur Mohamed Merah, s'emparent alors du dossier.
MÊME MALADRESSE
Plusieurs détails troublants les mènent sur la piste de Merah. Les images de vidéosurveillance de la bijouterie montrent qu'un des trois braqueurs perd une munition en faisant tomber son chargeur. Une maladresse identique à celle que Mohamed Merah avait eu la veille en abattant les militaires.
L'or et les bijoux provenant de ce braquage ont été revendus dès le lendemain contre 10 000 euros en liquide. Les enquêteurs ont retrouvé les bijoux chez l'acheteur. Une partie du produit de cette vente a été découverte dans la voiture de Mohamed Merah : des billets de banques portant les traces papillaires de l'acheteur.
Des djihadistes dont on connaît désormais la nationalité. Des jeunes Français qui brûlent leur passeport, et qui menacent la France d'attentats terroristes, une vidéo tournée quelquepart en Syrie, où la propagande du groupe Etat islamique se poursuit. Comment Mickaël Dos Santos et ses accolytes sont-ils devenus des bourreaux, capables de décapiter des otages ? 'C'est un converti dont on sait qu'il est sur zone depuis longtemps, depuis un an et demi, depuis août 2013, explique Jean-Charles Brisard, spécialiste du terrorisme. Il s'est formé au maniement des armes et il est devenu ultra-radical et on sait par ailleurs qu'il est ultra violent. On le voit a travers la litterature qu'il évoque sur les raisons sociaux, il évoque des menaces d'attentat contre la France, des appels au jihad, il évoque de manière recurrente le nom de Mohamed Merah.' Champigny-sur-Marne, en région parisienne. Les voisins de la famille Dos Santos ont du mal à y croire, même chose à la mosquée : 'J'imaginais pas qu'il soit capable de faire des choses comme ça', dit un homme. 'Pour nous c'est un assassin, rajoute un autre, parce que l'islam c'est pas ça, l'islam c'est la paix.' Près de 380 Français seraient en Syrie ou en Irak. Ce phénomène a poussé la France à renforcer ses lois antiterroristes au début du mois. Mais ça ne répond pas à la vraie question : pourquoi ces jeunes s'engagent-ils ?
« Cette transaction est d'autant moins anodine que cet acheteur n'est autre que l'homme qui a fourni un fusil mitrailleur à Mohamed Merah. Ce même fusil qui a été utilisé lors de la tuerie de l'école Ozar Hatorah deux jours plus tard. La justice ne sait toujours pas qui sont les deux complices de Merah dans ce braquage. La question qui se pose désormais est de savoir s'il s'agit de “simples” complices “monte en l'air” ou de soutiens actifs du tueur au scooter et de ses actes terroristes », rapporte Europe 1.