flagellation d'un blogueur saoudien
Posté : 20 janvier 2015 08:17
Certaines voix en France s'élèvent pour demander au gouvernement d'intervenir auprès de l'Arabie saoudite afin d'annuler la condamnation du blogueur Raef Badaoui à 1000 coups de fouet, 10 ans de prison et 266 000 dollars d'amende.
EELV a demandé dimanche au gouvernement français d'intervenir auprès de l'Arabie saoudite pour qu'il annule la condamnation du blogueur Raef Badaoui à 1.000 coups de fouet, dix ans de prison et 266.000 dollars d'amende. Condamné pour «insulte à l'Islam», cet homme de 31 ans a reçu le 9 janvier 50 premiers coups de fouet.
Vendredi devait avoir lieu la deuxième séance de flagellation. Elle été reportée car ses plaies n'étaient pas cicatrisées.
Les coups de fouet sont censés être répartis sur vingt semaines. Les prochains coups de fouet auront «probablement lieu vendredi» 23 janvier, avait concédé l'épouse du blogueur jointe vendredi par téléphone au Canada où elle a trouvé refuge avec ses trois enfants.
«Alors que la Cour suprême d'Arabie Saoudite doit réexaminer le dossier du citoyen-journaliste, la France doit faire entendre sa voix», écrit EELV dans un communiqué. «Une semaine après la gigantesque manifestation républicaine d'hommage aux victimes et de défense de la liberté d'expression, il serait incompréhensible que nous puissions continuer comme si de rien n'était», poursuit EELV. Le 11 janvier dernier, Nizar al-Madani, ministre d’Etat saoudien aux Affaires étrangères, avait en effet participé à la marche parisienne.
Le parti dirigé par Emmanuelle Cosse «attend du ministère des Affaires étrangères qu'il relaye auprès de l'Arabie Saoudite et au niveau international les demandes des organisations de Droits de l'homme et d'un nombre croissant de citoyens» car «ce châtiment cruel doit être purement et simplement annulé».
Raef Badaoui est l'animateur du site internet Liberal Saudi Network, qui comprend un forum de débats, et lauréat 2014 du prix Reporters sans frontières (RSF). Les autorités ont fermé ce site qui, selon des militants, avait critiqué la police religieuse et certains édits islamiques.
Sa femme a exhorté «le monde entier (...) à mettre la pression sur l'Arabie saoudite pour qu'elle libère Raef». Le gouvernement américain a ainsi appelé Riyad à annuler sa condamnation. Le Haut Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme ainsi que l'ensemble des ONG de défense des droits de l'homme ont appuyé cette demande.