Ils vivaient à trois et 19 chiens dans 50 mètres carrés.
Posté : 10 février 2015 06:03
C'est l'histoire de vies cabossées que révèlent nos confrères de "Charente Libre". Le 15 janvier dernier, le maire de Saint-Cybardeaux, commune de l'ouest de la Charente, signale auprès des services sociaux la grande précarité dans laquelle vit deux de ses administrés.
"L'odeur très forte qu'ils dégageaient", lui met notamment la puce à l'oreille. "Les voisins s'en plaignaient surtout l'été", mais ça n'allait pas au-delà. Les deux hommes "très discrets" ne posaient pas particulièrement problème, mais le maire de Saint-Cybardeaux n'a eu d'autres choix que de signaler au Groupement d'intérêt public Charente Solidarités la déchéance de deux de ses administrés.
Les ongles très longs, ça les gênait pour marcher:
Le 15 janvier dernier, quand les travailleurs sociaux pénètrent dans la maison de 50 mètres carrés, situées dans le bourg, la détresse dans laquelle ce père et ce fils sont plongés est criante.
Dix-neuf chiens vivent là. Des excréments jonchent le sol de cette vieille bâtisse - où la température ne dépasse pas les 10°C la nuit - qui n'a jamais été vidée du moindre de ses biens, "c'était trop de mémoire", se défend le propriétaire des lieux. Il a hérité cette habitation de sa mère décédée il y a quelques années. Il vit là avec son fils, au chômage, et un cousin [aujourd'hui hospitalisé] qui n'avait que très peu de revenus.
Une grande solitude:
Lui le retraité de la fonction publique "43 ans et demi de cotisation" n'a pas vu la pauvreté s'installer. "J'ai perdu 700 euros de salaire lorsque je suis parti en retraite." Des ennuis de santé, des échéanciers de factures qui gonflent, et le voilà privé d'électricité et d'eau.
Pour les chiens, il explique avoir été dépassé, "je n'ai pas vu que les chiennes étaient gestantes"... "C'étaient comme mes bébés", explique-t-il pour ne pas les avoir donnés. "On les alimentait bien", promet-il, "ce n'était peut-être pas très équilibré mais ils mangeaient tous les jours. On les vermifugeait aussi."
Une version corroborée par les Refuges de l'Angoumois et la SPA de Haute Gironde qui ont été mandatés par la Fondation 30 millions d'amis pour récupérer les animaux. Sur les 8 femelles recueillies, six étaient gestantes.
Le père et le fils devraient être relogés sous peu
Pour les amis des bêtes, le plus gros problème "même si les chiens n'étaient pas gros, on va dire qu'ils avaient la ligne", c'était les ongles "très longs, ça les gênait pour marcher". "On avait peur de leur faire mal", avance le sexagénaire, très triste d'être privé de ses bêtes. "On nous a dit qu'on pourrait en récupérer deux", se réjouit-il. Pour les autres, il espère "qu'ils trouveront des maîtres gentils, qui nous donneront des nouvelles de temps en temps".
Le père et le fils devraient être relogés sous peu. "Un soulagement", promet le sexagénaire qui a du mal à se déplacer et ne peut que difficilement accéder à l'étage de son habitation. "J'aimerais avoir des soutiens moraux", raconte-t-il disant souffrir d'une grande solitude. Son fils de 43 ans dit vouloir passer son permis de conduire pour trouver un travail dans les espaces verts.
(1) Refuge de l'Angoumois SPA de Mornac (16) : 05 45 65 76 99 ; SPA Haute Gironde : 05 57 58 43 97
Source:Sud-Ouest.
"L'odeur très forte qu'ils dégageaient", lui met notamment la puce à l'oreille. "Les voisins s'en plaignaient surtout l'été", mais ça n'allait pas au-delà. Les deux hommes "très discrets" ne posaient pas particulièrement problème, mais le maire de Saint-Cybardeaux n'a eu d'autres choix que de signaler au Groupement d'intérêt public Charente Solidarités la déchéance de deux de ses administrés.
Les ongles très longs, ça les gênait pour marcher:
Le 15 janvier dernier, quand les travailleurs sociaux pénètrent dans la maison de 50 mètres carrés, situées dans le bourg, la détresse dans laquelle ce père et ce fils sont plongés est criante.
Dix-neuf chiens vivent là. Des excréments jonchent le sol de cette vieille bâtisse - où la température ne dépasse pas les 10°C la nuit - qui n'a jamais été vidée du moindre de ses biens, "c'était trop de mémoire", se défend le propriétaire des lieux. Il a hérité cette habitation de sa mère décédée il y a quelques années. Il vit là avec son fils, au chômage, et un cousin [aujourd'hui hospitalisé] qui n'avait que très peu de revenus.
Une grande solitude:
Lui le retraité de la fonction publique "43 ans et demi de cotisation" n'a pas vu la pauvreté s'installer. "J'ai perdu 700 euros de salaire lorsque je suis parti en retraite." Des ennuis de santé, des échéanciers de factures qui gonflent, et le voilà privé d'électricité et d'eau.
Pour les chiens, il explique avoir été dépassé, "je n'ai pas vu que les chiennes étaient gestantes"... "C'étaient comme mes bébés", explique-t-il pour ne pas les avoir donnés. "On les alimentait bien", promet-il, "ce n'était peut-être pas très équilibré mais ils mangeaient tous les jours. On les vermifugeait aussi."
Une version corroborée par les Refuges de l'Angoumois et la SPA de Haute Gironde qui ont été mandatés par la Fondation 30 millions d'amis pour récupérer les animaux. Sur les 8 femelles recueillies, six étaient gestantes.
Le père et le fils devraient être relogés sous peu
Pour les amis des bêtes, le plus gros problème "même si les chiens n'étaient pas gros, on va dire qu'ils avaient la ligne", c'était les ongles "très longs, ça les gênait pour marcher". "On avait peur de leur faire mal", avance le sexagénaire, très triste d'être privé de ses bêtes. "On nous a dit qu'on pourrait en récupérer deux", se réjouit-il. Pour les autres, il espère "qu'ils trouveront des maîtres gentils, qui nous donneront des nouvelles de temps en temps".
Le père et le fils devraient être relogés sous peu. "Un soulagement", promet le sexagénaire qui a du mal à se déplacer et ne peut que difficilement accéder à l'étage de son habitation. "J'aimerais avoir des soutiens moraux", raconte-t-il disant souffrir d'une grande solitude. Son fils de 43 ans dit vouloir passer son permis de conduire pour trouver un travail dans les espaces verts.
(1) Refuge de l'Angoumois SPA de Mornac (16) : 05 45 65 76 99 ; SPA Haute Gironde : 05 57 58 43 97
Source:Sud-Ouest.