Sondage exclusif : le RN s’essouffle, la droite ressuscite
Posté : 09 septembre 2025 14:24
"Macronie en chute libre, RN en recul, gauche paradoxale, LR revigorés : un sondage Cluster17-« Le Point » redessine le paysage politique si les Français devaient voter dimanche prochain.
L'Assemblée nationale a tranché. En ne votant pas la confiance au gouvernement de François Bayrou, la chambre basse du Parlement a ouvert un nouveau chapitre d'instabilité politique. Dans ce contexte bouillonnant, Cluster17 a interrogé 1 133 inscrits sur les listes électorales, du 5 au 7 septembre, pour connaître leur choix au premier tour de l'élection législative si elle avait lieu dimanche prochain.
Trois scénarios ont été proposés : un premier où le Nouveau Front populaire (NFP) se présente uni ; un second où LFI se présente seul face au reste de la gauche et un troisième dans lequel LFI et Les Écologistes se présentent sous une bannière commune. Aucun ne permettrait de sortir clairement de la situation de brouillage actuel…
Le premier enseignement est à trouver du côté du Rassemblement national, qui semble s'essouffler. En juin 2024, la vague bleu marine avait bouleversé l'Assemblée nationale, propulsant le parti d'extrême droite à un niveau inédit dans l'histoire de la Ve République. Un an plus tard, la dynamique semble ralentir.
Avec 29 % des intentions de vote, le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen demeure tout de même en première position, mais sa domination est moins écrasante. « Ils sont en recul, observe Jean-Yves Dormagen, fondateur de l'institut de sondage. Ils perdent des voix aux dépens de Reconquête ! (4 %) et des Républicains (entre 12 et 13 %), qui doublent quasiment leur score de 2024. » Les Républicains, que certains présentaient comme cliniquement morts, ne semblent pas payer leurs divisions et leur échec gouvernemental récent.
Gauche divisée plus forte que gauche unie
C'est sur la gauche que se joue l'incertitude. Lorsqu'elle se présente unie sous la bannière du NFP, elle obtient 25 % des voix, soit quatre points derrière le RN. Mais paradoxalement, lorsqu'elle se divise en plusieurs blocs, son poids global grimpe.
Dans l'hypothèse d'une séparation entre LFI d'un côté (11 %) et PS-PC-PP-EELV de l'autre (16 %), la gauche totalise 27 %.
Dans l'autre configuration, opposant LFI-EELV (14 %) à PS-PC-PP (14 %), l'addition atteint même 28 %.
Ces chiffres révèlent une gauche incapable d'élargir son socle, malgré la crise persistante du camp présidentiel. Ce paradoxe s'explique par un effet mécanique : en multipliant les étiquettes et les sensibilités représentées, l'offre électorale devient plus large et capte davantage d'électeurs flottants, qui ne se reconnaissent pas forcément dans une bannière unique. « Le total reste assez proche de celui de 2024, observe Jean-Yves Dormagen. On peut considérer ce résultat comme décevant, ils profitent peu du rejet du macronisme. »
Vers la disparition du centre ?
C'est sans doute la donnée la plus frappante de ce sondage : Ensemble, qui réunissait les forces macronistes et centristes, tombe entre 13 et 14 % des intentions de vote, contre plus de 21 % un an plus tôt. La chute est sévère et traduit l'inéluctable érosion du pouvoir présidentiel, incapable de retrouver un second souffle.
Emmanuel Macron, affaibli par la séquence post-législatives et les tensions internes à sa majorité, voit son camp s'enfoncer dans une crise de représentation. Cette déperdition fragilise mécaniquement le centre, laissant davantage d'espace à la droite traditionnelle et au RN. « C'est un niveau très faible qui s'il se confirme, marque la fin de la tripartition de la vie politique. Leur score est historiquement bas. Ils sont menacés de déroute électorale », prévient Jean-Yves Dormagen.
Une droite classique en survie
Avec 13 % des intentions de vote, Les Républicains réalisent une percée inattendue. En juin 2024, ils plafonnaient à 6,9 %, réduits à la portion congrue dans l'hémicycle. Leur progression de près de 7 points en un an illustre une double dynamique : la capacité à récupérer des électeurs déçus par la macronie et un effet de contraste avec le RN. En s'affirmant comme une force autonome, LR redevient une alternative crédible pour un électorat de droite modéré, inquiet des perspectives d'une majorité RN. « C'est la force politique qui a le plus profité de la séquence de l'année passée. La dynamique est de leur côté même si le score reste modeste », souligne Jean-Yves Dormagen.
Cette remontée ne garantit pas pour autant un retour en force massif à l'Assemblée, mais elle pourrait permettre aux Républicains de jouer à nouveau un rôle charnière dans la recomposition politique.
La fin du macronisme ?
À la lumière de ce sondage, plusieurs enseignements se dégagent. D'abord, le RN reste la première force politique du pays, mais sa trajectoire n'est plus ascendante. Ensuite, le NFP confirme sa capacité de résistance, sans pour autant élargir son assise. Enfin, l'effondrement d'Ensemble profite largement aux Républicains, qui réapparaissent comme une force incontournable, même si leur poids demeure bien moindre que celui du RN ou de la gauche."
https://www.lepoint.fr/politique/sondag ... 151_20.php
L'Assemblée nationale a tranché. En ne votant pas la confiance au gouvernement de François Bayrou, la chambre basse du Parlement a ouvert un nouveau chapitre d'instabilité politique. Dans ce contexte bouillonnant, Cluster17 a interrogé 1 133 inscrits sur les listes électorales, du 5 au 7 septembre, pour connaître leur choix au premier tour de l'élection législative si elle avait lieu dimanche prochain.
Trois scénarios ont été proposés : un premier où le Nouveau Front populaire (NFP) se présente uni ; un second où LFI se présente seul face au reste de la gauche et un troisième dans lequel LFI et Les Écologistes se présentent sous une bannière commune. Aucun ne permettrait de sortir clairement de la situation de brouillage actuel…
Le premier enseignement est à trouver du côté du Rassemblement national, qui semble s'essouffler. En juin 2024, la vague bleu marine avait bouleversé l'Assemblée nationale, propulsant le parti d'extrême droite à un niveau inédit dans l'histoire de la Ve République. Un an plus tard, la dynamique semble ralentir.
Avec 29 % des intentions de vote, le parti de Jordan Bardella et Marine Le Pen demeure tout de même en première position, mais sa domination est moins écrasante. « Ils sont en recul, observe Jean-Yves Dormagen, fondateur de l'institut de sondage. Ils perdent des voix aux dépens de Reconquête ! (4 %) et des Républicains (entre 12 et 13 %), qui doublent quasiment leur score de 2024. » Les Républicains, que certains présentaient comme cliniquement morts, ne semblent pas payer leurs divisions et leur échec gouvernemental récent.
Gauche divisée plus forte que gauche unie
C'est sur la gauche que se joue l'incertitude. Lorsqu'elle se présente unie sous la bannière du NFP, elle obtient 25 % des voix, soit quatre points derrière le RN. Mais paradoxalement, lorsqu'elle se divise en plusieurs blocs, son poids global grimpe.
Dans l'hypothèse d'une séparation entre LFI d'un côté (11 %) et PS-PC-PP-EELV de l'autre (16 %), la gauche totalise 27 %.
Dans l'autre configuration, opposant LFI-EELV (14 %) à PS-PC-PP (14 %), l'addition atteint même 28 %.
Ces chiffres révèlent une gauche incapable d'élargir son socle, malgré la crise persistante du camp présidentiel. Ce paradoxe s'explique par un effet mécanique : en multipliant les étiquettes et les sensibilités représentées, l'offre électorale devient plus large et capte davantage d'électeurs flottants, qui ne se reconnaissent pas forcément dans une bannière unique. « Le total reste assez proche de celui de 2024, observe Jean-Yves Dormagen. On peut considérer ce résultat comme décevant, ils profitent peu du rejet du macronisme. »
Vers la disparition du centre ?
C'est sans doute la donnée la plus frappante de ce sondage : Ensemble, qui réunissait les forces macronistes et centristes, tombe entre 13 et 14 % des intentions de vote, contre plus de 21 % un an plus tôt. La chute est sévère et traduit l'inéluctable érosion du pouvoir présidentiel, incapable de retrouver un second souffle.
Emmanuel Macron, affaibli par la séquence post-législatives et les tensions internes à sa majorité, voit son camp s'enfoncer dans une crise de représentation. Cette déperdition fragilise mécaniquement le centre, laissant davantage d'espace à la droite traditionnelle et au RN. « C'est un niveau très faible qui s'il se confirme, marque la fin de la tripartition de la vie politique. Leur score est historiquement bas. Ils sont menacés de déroute électorale », prévient Jean-Yves Dormagen.
Une droite classique en survie
Avec 13 % des intentions de vote, Les Républicains réalisent une percée inattendue. En juin 2024, ils plafonnaient à 6,9 %, réduits à la portion congrue dans l'hémicycle. Leur progression de près de 7 points en un an illustre une double dynamique : la capacité à récupérer des électeurs déçus par la macronie et un effet de contraste avec le RN. En s'affirmant comme une force autonome, LR redevient une alternative crédible pour un électorat de droite modéré, inquiet des perspectives d'une majorité RN. « C'est la force politique qui a le plus profité de la séquence de l'année passée. La dynamique est de leur côté même si le score reste modeste », souligne Jean-Yves Dormagen.
Cette remontée ne garantit pas pour autant un retour en force massif à l'Assemblée, mais elle pourrait permettre aux Républicains de jouer à nouveau un rôle charnière dans la recomposition politique.
La fin du macronisme ?
À la lumière de ce sondage, plusieurs enseignements se dégagent. D'abord, le RN reste la première force politique du pays, mais sa trajectoire n'est plus ascendante. Ensuite, le NFP confirme sa capacité de résistance, sans pour autant élargir son assise. Enfin, l'effondrement d'Ensemble profite largement aux Républicains, qui réapparaissent comme une force incontournable, même si leur poids demeure bien moindre que celui du RN ou de la gauche."
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