Les socialistes dirigent-ils les « trois institutions les plus importantes du pays », comme l’affirme Sarah Knafo ?
Posté : 17 octobre 2025 06:25
Sarah ment mais pas de vigne.
Sur ses réseaux sociaux, l’eurodéputée Sarah Knafo a affirmé que le PS dirige le « Conseil constitutionnel », le « Conseil d’Etat », et la « Cour des comptes ». Des propos qui sont à nuancer
Un faible score aux dernières élections présidentielles, mais une présence « à la tête » des principales institutions du pays. C’est la position dans laquelle se trouverait le parti socialiste, selon Sarah Knafo. Mercredi 8 octobre, sur ses différents réseaux sociaux - X, Instagram, Facebook, et TikTok, l’eurodéputée du parti Reconquête affirme que le PS « dirige » le « Conseil constitutionnel », le « Conseil d’Etat », et la « Cour des comptes ».
« Les trois institutions les plus importantes du pays », ajoute-t-elle. En parallèle, elle appuie sur le faible score du PS lors des dernières élections présidentielles, en 2022, à savoir « 1.75 % » des votes. Une surreprésentation pointée du doigt plus récemment par l’eurodéputée Marion Maréchal, sur X : « L’État-PS est partout, malgré ses 1,7 % ».
FAKE OFF
Sans les citer dans ses propos, l’eurodéputée vise Richard Ferrand, président du Conseil constitutionnel, Didier-Roland Tabuteau, vice-président du Conseil d’Etat, ainsi que Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes. En se penchant sur le parcours professionnel de ces trois hommes, on remarque qu’ils ont tous, à un moment ou à un autre, eu des liens avec le parti socialiste.
Pierre Moscovici et Richard Ferrand ont tous les deux été élus sous la bannière PS. Le premier a été député du Doubs, de 1997 à 2002 et de 2007 à 2014, puis ministre de l’Économie au début du quinquennat de François Hollande, de 2012 à 2014. Le second a été député du Finistère de 2012 à 2017.
Des « affiliations politiques » mises de côté en 2020 par Pierre Moscovici, lors de sa nomination à la tête de la Cour des comptes. « Certes, il est issu du Parti socialiste, mais il exerce une fonction qui est indépendante, il n’y a aucun lien avec une quelconque couleur politique », précise Anne-Andréa Vilerio, avocate en droit public. Richard Ferrand a lui quitté les socialistes en 2016, pour rejoindre les rangs de La République en marche et du candidat aux élections présidentielles, Emmanuel Macron.
Des décisions prises « de manière collégiale »
Tout comme le Conseil d’Etat et la Cour des comptes, le Conseil constitutionnel prend « ses décisions de manière collégiale », ajoute Anne-Andréa Vilerio. Autrement dit, les décisions, ou les observations dans le cas de la Cour des comptes, sont prises par plusieurs personnes.
Il faut donc aller « au-delà de la couleur politique du président », et regarder celles des neuf membres de cette institution. « La majorité des membres ne sont pas socialistes », fait remarquer l’avocate. « D’autre part, c’est faux de suggérer que, parce que le président du Conseil constitutionnel est un ancien PS, le Conseil constitutionnel serait une institution aux couleurs socialistes ».
Passons à Didier-Roland Tabuteau maintenant. L’actuel vice-président du Conseil d’Etat a été directeur adjoint des cabinets de ministre des Affaires sociales de Claude Évin (de 1988 à 1991) et de Martine Aubry (de 1997 à 2000), deux élus étiquetés PS. Il est donc réputé proche de la gauche socialiste. En revanche, il « n’a jamais été élu politique », et n’est « pas encarté » PS, clarifie Anne-Andréa Vilerio. C’est « une personnalité qui, en réalité, n’appartient pas à la famille socialiste ».
Par ailleurs, l’avocate en droit public rappelle que le poste de vice-président du Conseil d’Etat est « institutionnellement neutre ». Autre rectification apportée : le Conseil d’Etat, puisqu’il est composé de « juges administratifs », est « une juridiction ». Idem pour la Cour des comptes, composée elle de « magistrats financiers ».
https://www.20minutes.fr/politique/4179 ... arah-knafo
Sur ses réseaux sociaux, l’eurodéputée Sarah Knafo a affirmé que le PS dirige le « Conseil constitutionnel », le « Conseil d’Etat », et la « Cour des comptes ». Des propos qui sont à nuancer
Un faible score aux dernières élections présidentielles, mais une présence « à la tête » des principales institutions du pays. C’est la position dans laquelle se trouverait le parti socialiste, selon Sarah Knafo. Mercredi 8 octobre, sur ses différents réseaux sociaux - X, Instagram, Facebook, et TikTok, l’eurodéputée du parti Reconquête affirme que le PS « dirige » le « Conseil constitutionnel », le « Conseil d’Etat », et la « Cour des comptes ».
« Les trois institutions les plus importantes du pays », ajoute-t-elle. En parallèle, elle appuie sur le faible score du PS lors des dernières élections présidentielles, en 2022, à savoir « 1.75 % » des votes. Une surreprésentation pointée du doigt plus récemment par l’eurodéputée Marion Maréchal, sur X : « L’État-PS est partout, malgré ses 1,7 % ».
FAKE OFF
Sans les citer dans ses propos, l’eurodéputée vise Richard Ferrand, président du Conseil constitutionnel, Didier-Roland Tabuteau, vice-président du Conseil d’Etat, ainsi que Pierre Moscovici, président de la Cour des comptes. En se penchant sur le parcours professionnel de ces trois hommes, on remarque qu’ils ont tous, à un moment ou à un autre, eu des liens avec le parti socialiste.
Pierre Moscovici et Richard Ferrand ont tous les deux été élus sous la bannière PS. Le premier a été député du Doubs, de 1997 à 2002 et de 2007 à 2014, puis ministre de l’Économie au début du quinquennat de François Hollande, de 2012 à 2014. Le second a été député du Finistère de 2012 à 2017.
Des « affiliations politiques » mises de côté en 2020 par Pierre Moscovici, lors de sa nomination à la tête de la Cour des comptes. « Certes, il est issu du Parti socialiste, mais il exerce une fonction qui est indépendante, il n’y a aucun lien avec une quelconque couleur politique », précise Anne-Andréa Vilerio, avocate en droit public. Richard Ferrand a lui quitté les socialistes en 2016, pour rejoindre les rangs de La République en marche et du candidat aux élections présidentielles, Emmanuel Macron.
Des décisions prises « de manière collégiale »
Tout comme le Conseil d’Etat et la Cour des comptes, le Conseil constitutionnel prend « ses décisions de manière collégiale », ajoute Anne-Andréa Vilerio. Autrement dit, les décisions, ou les observations dans le cas de la Cour des comptes, sont prises par plusieurs personnes.
Il faut donc aller « au-delà de la couleur politique du président », et regarder celles des neuf membres de cette institution. « La majorité des membres ne sont pas socialistes », fait remarquer l’avocate. « D’autre part, c’est faux de suggérer que, parce que le président du Conseil constitutionnel est un ancien PS, le Conseil constitutionnel serait une institution aux couleurs socialistes ».
Passons à Didier-Roland Tabuteau maintenant. L’actuel vice-président du Conseil d’Etat a été directeur adjoint des cabinets de ministre des Affaires sociales de Claude Évin (de 1988 à 1991) et de Martine Aubry (de 1997 à 2000), deux élus étiquetés PS. Il est donc réputé proche de la gauche socialiste. En revanche, il « n’a jamais été élu politique », et n’est « pas encarté » PS, clarifie Anne-Andréa Vilerio. C’est « une personnalité qui, en réalité, n’appartient pas à la famille socialiste ».
Par ailleurs, l’avocate en droit public rappelle que le poste de vice-président du Conseil d’Etat est « institutionnellement neutre ». Autre rectification apportée : le Conseil d’Etat, puisqu’il est composé de « juges administratifs », est « une juridiction ». Idem pour la Cour des comptes, composée elle de « magistrats financiers ».
https://www.20minutes.fr/politique/4179 ... arah-knafo