Comment le RN veut étaler au grand jour les divisions du bloc central
Posté : 30 octobre 2025 07:01
À la niche !..
Avec deux textes soutenus par une partie du socle commun, le parti de Marine Le Pen veut profiter de la journée qui lui est consacrée ce jeudi à l'Assemblée pour accentuer les divisions.
A chaque niche parlementaire du RN, cette journée consacrée aux propositions de loi d'un groupe politique, le mode d'emploi est presque toujours le même. L'année dernière, il s'agissait de placer en porte à faux les groupes de gauche sur l'abrogation de la réforme des retraites, que le RN proposait lors de sa journée d'initiative parlementaire.
Cette année, ce sont plusieurs textes sur le régalien, « piégeux » pour le bloc central, que le groupe de Marine Le Pen a inscrit à l'ordre du jour de sa niche qui se tient ce jeudi. Une manière de diviser le socle commun en plein débat sur le budget et de prendre à témoin l'électorat sur les sujets de prédilection du RN.
Accords franco-algériens
Marine Le Pen n'a d'ailleurs rien laissé au hasard. En conférence des présidents, la présidente de groupe est parvenue à faire modifier le règlement empêchant de changer l'ordre d'examen des textes dans le cadre d'une niche parlementaire. Conséquence ? Plusieurs textes qui risquent de diviser les groupes de droite et du centre se retrouvent désormais en première position. C'est le cas de la proposition de résolution « visant à dénoncer les accords franco-algériens du 27 décembre 1968 ».
Sans être contraignant sur le plan législatif, ce texte est soutenu par les groupes Horizons et LR. En réunion de groupe des députés LR, mardi, Laurent Wauquiez, a donné la ligne directrice à droite : « Si le fond correspond à ce qu'on défend, on vote. Les textes sur l'accord franco-algérien et le délit de séjour irrégulier sont quasi les mêmes que ceux qu'on a déjà déposés », a-t-il déclaré.
Mais de son côté, Renaissance devrait s'opposer à la proposition de résolution. « Dès janvier 2025, nous avons appelé, avec Gabriel Attal, à dénoncer l'accord France-Algérie. Nous n'avons donc pas attendu que le RN se réveille dix mois plus tard, par le dépôt de cette résolution », rappelle le député Renaissance Charles Rodwell dans un communiqué. Ce dernier met d'ailleurs en garde contre un « retour à la situation d'avant-1968 » en cas d'adoption de cette résolution, faute de « cadre juridique alternatif » avec le risque de provoquer un « déferlement migratoire sur la France ».
Interrogée ce mercredi à l'Assemblée par l'Association des journalistes parlementaires (AJP), Marine Le Pen a balayé cette critique. « La vraie question, a-t-elle en revanche voulu développer, c'est de savoir s'ils vont changer de comportement ou pas. Je note que les LR sont opposés à la convention de 1968, que M. Attal et M. Philippe y sont opposés, ça me parait faire une majorité. »
Plutôt que d'obtenir des victoires concrètes, le RN préfère prendre à revers ses adversaires. Quitte à sacrifier des textes plus consensuels ayant davantage de chance d'être adoptés. C'est le cas, par exemple, de ses propositions de loi sur la « simplification administrative des droits et prestations pour les personnes en situation de handicap » ou sur la limitation des frais bancaires, désormais placées en fin de parcours.
https://www.lesechos.fr/politique-socie ... al-2195517
Avec deux textes soutenus par une partie du socle commun, le parti de Marine Le Pen veut profiter de la journée qui lui est consacrée ce jeudi à l'Assemblée pour accentuer les divisions.
A chaque niche parlementaire du RN, cette journée consacrée aux propositions de loi d'un groupe politique, le mode d'emploi est presque toujours le même. L'année dernière, il s'agissait de placer en porte à faux les groupes de gauche sur l'abrogation de la réforme des retraites, que le RN proposait lors de sa journée d'initiative parlementaire.
Cette année, ce sont plusieurs textes sur le régalien, « piégeux » pour le bloc central, que le groupe de Marine Le Pen a inscrit à l'ordre du jour de sa niche qui se tient ce jeudi. Une manière de diviser le socle commun en plein débat sur le budget et de prendre à témoin l'électorat sur les sujets de prédilection du RN.
Accords franco-algériens
Marine Le Pen n'a d'ailleurs rien laissé au hasard. En conférence des présidents, la présidente de groupe est parvenue à faire modifier le règlement empêchant de changer l'ordre d'examen des textes dans le cadre d'une niche parlementaire. Conséquence ? Plusieurs textes qui risquent de diviser les groupes de droite et du centre se retrouvent désormais en première position. C'est le cas de la proposition de résolution « visant à dénoncer les accords franco-algériens du 27 décembre 1968 ».
Sans être contraignant sur le plan législatif, ce texte est soutenu par les groupes Horizons et LR. En réunion de groupe des députés LR, mardi, Laurent Wauquiez, a donné la ligne directrice à droite : « Si le fond correspond à ce qu'on défend, on vote. Les textes sur l'accord franco-algérien et le délit de séjour irrégulier sont quasi les mêmes que ceux qu'on a déjà déposés », a-t-il déclaré.
Mais de son côté, Renaissance devrait s'opposer à la proposition de résolution. « Dès janvier 2025, nous avons appelé, avec Gabriel Attal, à dénoncer l'accord France-Algérie. Nous n'avons donc pas attendu que le RN se réveille dix mois plus tard, par le dépôt de cette résolution », rappelle le député Renaissance Charles Rodwell dans un communiqué. Ce dernier met d'ailleurs en garde contre un « retour à la situation d'avant-1968 » en cas d'adoption de cette résolution, faute de « cadre juridique alternatif » avec le risque de provoquer un « déferlement migratoire sur la France ».
Interrogée ce mercredi à l'Assemblée par l'Association des journalistes parlementaires (AJP), Marine Le Pen a balayé cette critique. « La vraie question, a-t-elle en revanche voulu développer, c'est de savoir s'ils vont changer de comportement ou pas. Je note que les LR sont opposés à la convention de 1968, que M. Attal et M. Philippe y sont opposés, ça me parait faire une majorité. »
Plutôt que d'obtenir des victoires concrètes, le RN préfère prendre à revers ses adversaires. Quitte à sacrifier des textes plus consensuels ayant davantage de chance d'être adoptés. C'est le cas, par exemple, de ses propositions de loi sur la « simplification administrative des droits et prestations pour les personnes en situation de handicap » ou sur la limitation des frais bancaires, désormais placées en fin de parcours.
https://www.lesechos.fr/politique-socie ... al-2195517