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A l’approche des municipales, LFI soupçonné de communautarisme électoral

Posté : 05 novembre 2025 06:54
par Corvo
Des accusations d’entrisme islamiste à Denain aux propos de la députée Nathalie Oziol sur le meurtre de Samuel Paty, le mouvement de Jean-Luc Mélenchon semble s’éloigner du dogme anticlérical des origines.
ParCharlotte Belaïch
Publié aujourd'hui à 5h12

A cinq mois des municipales, les insoumis serpentent entre les polémiques, à Denain ou Montpellier. Alors que le reste de la gauche cherche à sceller des alliances, La France insoumise, souvent isolée, est accusée par ses adversaires de développer une «stratégie communautariste». En janvier 2025, lors de l’élection municipale partielle de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, seul contre les communistes, les socialistes et les écologistes, avait déjà été mis en cause. En septième position, sur la liste menée par le député Louis Boyard, on trouvait alors Mohammed Ben Yakhlef, auteur de tweets en l’honneur de dirigeants du Hamas ou du Hezbollah, des «martyrs» pour lesquels il appelait à prier. Des hommages parfois ponctués de suppliques religieuses.

Dans le Nord, le même genre de polémiques fleurit. Des ex-militants y dénoncent le recrutement de «profils inquiétants» dans la perspective des municipales. Autre cas à la Courneuve, en Seine-Saint-Denis, où le chef de file du mouvement, Mohamed Awad, est connu par les militants de gauche locaux pour être un ancien membre des jeunes musulmans de France, association créée dans les années 1990 par l’Union des organisations islamiques de France, réputée proche des Frères musulmans.
A Montpellier, une boucle WhatsApp intitulée «Oumma Montpellier», qui soutenait LFI pendant les européennes, appelle ainsi à faire battre le maire PS sortant, Michaël Delafosse. «Les informations qui sont partagées ici traitent en majorité d’islamophobie locale et des bonnes nouvelles dans notre lutte pour l’intérêt général, peut-on lire dans un message envoyé le 3 novembre sur ce canal, consulté par Libé. Certains pensent qu’ils ne peuvent pas faire grand-chose, le moins qu’on puisse faire, c’est au moins de s’informer pour faire des invocations (dou’as). Comme le montre ce hadith prophétique où il est dit : “Celui qui ne se préoccupe pas des affaires des musulmans, ne fait pas partie des leurs.”»

Un «fanatique musulman»
Au moment des européennes, le collectif appelait «clairement à voter pour la liste de Manon Aubry» car «il faut toujours regarder quel est l’intérêt de la oumma à tous les niveaux». «En résumé, le Parti Socialiste de Glucksmann est la pire des listes pour les musulmans français», pouvait-on encore lire. Un mois plus tard, lors des législatives anticipées, Taibi Bouklit, l’administrateur du groupe, affirmait considérer «le PS et le RN comme des ennemis à égalité» alors qu’un duel entre les deux partis se profilait. «La seule différence, c’est qu’au moins le RN est un ennemi déclaré et comme dit la députée européenne Rima Hassan : je préfère 1 000 fois combattre un adversaire qui s’assume que marcher avec un traître qui se dissimule. A Montpellier, aucun parti n’a fait plus de mal à la oumma que le PS de Delafosse et sa bande. On ne combat pas le racisme du RN avec les islamophobes du PS», écrivait l’administrateur.

Le maire de la ville, qui a fait de son intransigeance sur la laïcité un marqueur politique, est accusé d’avoir «projeté les caricatures de notre Prophète sur l’hôtel de région». «A la suite du meurtre de Samuel Paty (qu’on déplore), il a dit que [l’assassin était] un “fanatique musulman” au lieu de parler de terroriste ou criminel barbare ou assassin extrémiste», lui reproche encore Taibi Bouklit. Abdoullakh Anzorov, qui a décapité l’enseignant, a en effet revendiqué avoir «vengé le prophète», juste avant d’être abattu par la police. «Frères, priez pour qu’Allah m’accepte en martyr», disait-il encore.

La députée LFI de l’Hérault Nathalie Oziol, elle, a une autre lecture des événements. Interrogée par Taibi Bouklit dans sa permanence le 5 juin 2024, elle expliquait dans une vidéo ensuite diffusée sur la boucle WhatsApp ne «pas être d’accord» pour qu’on dise «comme le maire de Montpellier, que c’est un fanatique musulman» qui a tué Samuel Paty. «C’est pas une question de religion, mais de moyens, de hiérarchie, de comment le gouvernement considère l’Education nationale. Mon rôle, c’est de réaxer : on arrête les diversions, de cibler les boucs émissaires, on remet le curseur sur les vrais problèmes.»

Paradoxalement du côté des croyants
De Montpellier à Denain, les polémiques révèlent les critiques sur la nouvelle stratégie du mouvement. Persuadé qu’il peut se hisser au second tour grâce aux abstentionnistes des quartiers populaires, Mélenchon, qui était férocement anticlérical, va changer de discours. Progressivement, l’ancien socialiste va se convaincre que ce revirement électoraliste s’impose face à l’extrême droite. La «nouvelle France», comme il la théorise, contre l’ancienne, au bord de la guerre civile. «Il y a des gens chauffés à blanc qui détestent les arabes, ce pays est fragmenté, disait-il ainsi à Libé au moment des émeutes qui ont suivi la mort de Nahel, en juin 2023. Sur le plan social, on peut toujours se dire que ça changera. Le problème, c’est quand les gens commencent à se pointer du doigt.» Quelques mois plus tard, après une altercation avec un ancien fonctionnaire de police proche de l’extrême droite, il écrivait aux insoumis : «Ce qui s’avance sur notre pays ira à son terme, n’en doutez pas. L’épreuve ne fait que commencer. Nous sommes à l’heure des caractères. C’est le moment d’en avoir.»

Mélenchon y croit-il vraiment ? Malgré leurs profonds désaccords, l’insoumis a longtemps discuté avec Guillaume Lacroix, le patron du Parti radical de gauche. «Il théorise avec une vraie sincérité le fait qu’il appréhende une forme de guerre civile entre musulmans et non musulmans, raconte le conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes. Est-ce que c’est une vraie peur ou une prophétie autoréalisatrice ?» Lors de l’un de leur dernier échange, pendant les législatives de 2024, Jean-Luc Mélenchon aurait encore abordé le sujet. «Il m’a dit : ce pays est raciste, je le ressens, je suis marocain», rapporte Lacroix, interloqué. Ce fils de pieds noirs, issu d’une famille catholique, arrivé en France à 11 ans, affirmait déjà face aux étudiants de Sciences-Po, pendant les européennes : «Je dis souvent aux camarades que le seul maghrébin, c’est moi.»

Dans cet affrontement, les insoumis se retrouvent paradoxalement du côté des croyants. «Le capitalisme s’attaque à tous ceux qui veulent, qui rêvent et qui proposent un autre monde. Il faut que, chaque jour, ils s’en prennent à la foi des musulmans qui ont l’audace de croire en dieu, c’est-à-dire qui ont l’audace de croire que quelque chose d’autre existe !» s’indignait ainsi la députée de Seine-Maritime Alma Dufour lors d’un meeting à Rouen en juin. Après la cérémonie d’ouverture des JO, Mélenchon lui-même avait expliqué ne pas avoir aimé «la moquerie sur la Cène chrétienne». «A quoi bon risquer de blesser les croyants ?» interrogeait-il sur son blog. «Il suit la poussée du religieux», analyse un ancien proche de ses années dans l’Essonne. Une autre époque, un autre Mélenchon.

https://www.liberation.fr/politique/a-l ... CZAK76J6Q/

Re: A l’approche des municipales, LFI soupçonné de communautarisme électoral

Posté : 05 novembre 2025 07:28
par mic43121
Ça avance ..les frangins prônaient l'islamisation de l'occident ... :]

Re: A l’approche des municipales, LFI soupçonné de communautarisme électoral

Posté : 05 novembre 2025 07:52
par Fonck1
Je le dis depuis longtemps, Mélenchon va prendre une grosse gifle.

Re: A l’approche des municipales, LFI soupçonné de communautarisme électoral

Posté : 05 novembre 2025 08:50
par jeandu53
"LFI soupçonné de communautarisme électoral"

Sans blague ? Ils découvrent ça maintenant, à Libération ? Remarquez : mieux vaut tard que jamais.