Rapprochement Chez LR, des clins d’œil à l’extrême droite et un malaise
Posté : 06 novembre 2025 05:57
Alors Bruno...tu clarifies ta position ou pas ?...
Des figures du parti appellent Bruno Retailleau à clarifier sa position, alors que s’additionnent les signes de complaisance envers le RN ou le zemmourisme.
Absent d’un comité stratégique de LR convoqué mardi 4 novembre par Bruno Retailleau, le patron des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, s’était fendu la veille d’un courrier au Vendéen pour l’appeler à «clarifier la ligne politique et stratégique» du parti. Comprendre : rejeter toute alliance avec l’extrême droite.
Ces dernières semaines, les signes d’un rapprochement entre cette dernière et la droite se sont multipliés. C’est le boss Retailleau qui appelait, lors d’une législative partielle début octobre, à ne pas voter pour une candidate socialiste face à un ciottiste soutenu par le RN ; c’est le numéro 2 du parti, François-Xavier Bellamy, qui votait le 9 octobre une motion de censure déposée par Jordan Bardella contre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen ; c’est le maire de Cannes, David Lisnard qui, dans Valeurs actuelles mi-octobre, assurait qu’il y aura «matière à discussion» avec le RN si le parti infléchit sa doctrine économique. Mercredi 29 octobre, c’est encore Valérie Boyer, sénatrice LR, qui citait, lors des questions au gouvernement, l’écrivain antisémite Maurice Barrès, chantre du nationalisme : «Le déraciné se croit ouvert alors qu’il est vide.»
Des responsables qui feignent de ne pas voir le problème
Face à Retailleau mardi, Jean-François Copé et Michèle Tabarot ont remis une pièce dans la machine sur le vote de Bellamy au Parlement européen. «Retailleau n’a pas vraiment répondu. Ça l’agace», rapporte un participant. «Ils surjouent. C’est le même acte de théâtre. Retailleau a toujours été clair», défend son entourage. Au Vendéen, les frondeurs ont également rappelé le cas de Laurent Castillo, un proche d’Eric Ciotti, membre de son parti, l’UDR, mais qui siège toujours dans la délégation européenne à Bruxelles. Selon un participant, Retailleau estime qu’il n’a pas vocation à y rester. L’entourage de Bellamy n’a pas confirmé.
Alors que le sujet pourrait sérieusement secouer le parti à l’approche des municipales – une liste d’union des droites est déjà en place à Bourg-en-Bresse, dans l’Ain, derrière Reconquête, le parti d’Eric Zemmour – les responsables LR feignent de ne pas voir le problème. «Il faut arrêter de surjouer la question de la ligne, élude une conseillère du parti. Tout le monde est d’accord. On ne va pas passer mille ans sur la partielle, le vote de Bellamy.» Et d’ajouter : «Il n’y a pas d’accord d’appareil possible parce que Marine Le Pen ne veut pas d’union des droites et elle dit qu’elle n’est pas de droite. C’est grotesque.» Un gradé du parti enfonce : «Personne n’a prôné l’alliance avec une quelconque formation.» Pour combien de temps encore ?
https://www.liberation.fr/politique/che ... JJPSKEUBY/
Des figures du parti appellent Bruno Retailleau à clarifier sa position, alors que s’additionnent les signes de complaisance envers le RN ou le zemmourisme.
Absent d’un comité stratégique de LR convoqué mardi 4 novembre par Bruno Retailleau, le patron des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, s’était fendu la veille d’un courrier au Vendéen pour l’appeler à «clarifier la ligne politique et stratégique» du parti. Comprendre : rejeter toute alliance avec l’extrême droite.
Ces dernières semaines, les signes d’un rapprochement entre cette dernière et la droite se sont multipliés. C’est le boss Retailleau qui appelait, lors d’une législative partielle début octobre, à ne pas voter pour une candidate socialiste face à un ciottiste soutenu par le RN ; c’est le numéro 2 du parti, François-Xavier Bellamy, qui votait le 9 octobre une motion de censure déposée par Jordan Bardella contre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen ; c’est le maire de Cannes, David Lisnard qui, dans Valeurs actuelles mi-octobre, assurait qu’il y aura «matière à discussion» avec le RN si le parti infléchit sa doctrine économique. Mercredi 29 octobre, c’est encore Valérie Boyer, sénatrice LR, qui citait, lors des questions au gouvernement, l’écrivain antisémite Maurice Barrès, chantre du nationalisme : «Le déraciné se croit ouvert alors qu’il est vide.»
Des responsables qui feignent de ne pas voir le problème
Face à Retailleau mardi, Jean-François Copé et Michèle Tabarot ont remis une pièce dans la machine sur le vote de Bellamy au Parlement européen. «Retailleau n’a pas vraiment répondu. Ça l’agace», rapporte un participant. «Ils surjouent. C’est le même acte de théâtre. Retailleau a toujours été clair», défend son entourage. Au Vendéen, les frondeurs ont également rappelé le cas de Laurent Castillo, un proche d’Eric Ciotti, membre de son parti, l’UDR, mais qui siège toujours dans la délégation européenne à Bruxelles. Selon un participant, Retailleau estime qu’il n’a pas vocation à y rester. L’entourage de Bellamy n’a pas confirmé.
Alors que le sujet pourrait sérieusement secouer le parti à l’approche des municipales – une liste d’union des droites est déjà en place à Bourg-en-Bresse, dans l’Ain, derrière Reconquête, le parti d’Eric Zemmour – les responsables LR feignent de ne pas voir le problème. «Il faut arrêter de surjouer la question de la ligne, élude une conseillère du parti. Tout le monde est d’accord. On ne va pas passer mille ans sur la partielle, le vote de Bellamy.» Et d’ajouter : «Il n’y a pas d’accord d’appareil possible parce que Marine Le Pen ne veut pas d’union des droites et elle dit qu’elle n’est pas de droite. C’est grotesque.» Un gradé du parti enfonce : «Personne n’a prôné l’alliance avec une quelconque formation.» Pour combien de temps encore ?
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