Ignorance Contre l’islam, le révisionnisme d’Eric Zemmour
Posté : 27 novembre 2025 17:56
Ben voyons !...
Dans son nouveau livre, «La messe n’est pas dite», l’ancien candidat d’extrême droite à la présidentielle multiplie les contresens et raccourcis historiques pour (encore) fustiger les musulmans.
Publié aujourd'hui à 17h38
Eric Zemmour n’aime pas le christianisme. C’est plutôt qu’il déteste l’islam. Et ce n’est pas à l’Eglise qu’il susurre sa flamme, dans La messe n’est pas dite, publié en octobre chez Fayard : c’est à la religion musulmane qu’il déclare la guerre. Les ennemis de nos ennemis étant nos amis, l’ancien candidat marri à la présidentielle propose désormais aux juifs et aux chrétiens d’oublier leurs anciennes querelles pour se concentrer sur l’adversaire commun. Propulsé par le groupe Bolloré (propriétaire de Fayard), il signe depuis deux mois un strident retour médiatique et plaide, de matinale d’Europe 1 en soirée du Journal du dimanche «pour un sursaut judéo-chrétien», puisque, selon lui, seule cette «alliance peut sauver la France et l’Europe d’une inéluctable et funeste islamisation».
Mariage de raison, plus que d’amour. Mais pour lequel Zemmour est prêt à se muer de nouveau en falsificateur de l’histoire et à minorer le martyre du peuple juif en exonérant ses bourreaux – l’Europe chrétienne, à l’antijudaïsme atavique, et ses rejetons antisémites modernes – de leurs responsabilités. Le polémiste creuse encore et toujours la même ornière : la France et l’Europe crèvent de la repentance née des atrocités commises au XXe siècle, qui les empêche d’affirmer leur identité face à des populations, essentiellement musulmanes dans son esprit, qui elles ne s’embarrassent pas des mêmes pudeurs.
L’Eglise exonérée de la persécution des juifs
Zemmour se donne donc pour mission de combattre ce sentiment de culpabilité. Il relativisait déjà, dans le Suicide français (Albin Michel, 2014), le rôle actif de Vichy dans la déportation des juifs français, au mépris de la réalité historique établie. Le voilà cette fois qui exonère l’Eglise, la chrétienté et l’Europe de leur responsabilité dans la longue persécution des juifs sur leur sol. S’il ne la nie pas entièrement, il l’explique souvent et parfois l’excuse… Les braves Français du XIXe siècle, par exemple, «n’ont jamais compris ni admis que ces Rothschild, banquiers de toutes les coalitions contre Napoléon, soient devenus les grands argentiers et même les amis des rois qui avaient succédé à leur cher empereur». Et les Allemands du XXe, eux, «notaient avec un ressentiment croissant que la quasi-totalité des agitateurs communistes qui mirent le continent à feu et à sang après la Première Guerre mondiale et la Révolution russe de 1917 étaient juifs». Et si ce n’était pas tout de même un peu de leur faute ?
https://www.liberation.fr/politique/con ... R36CC3XTM/
Dans son nouveau livre, «La messe n’est pas dite», l’ancien candidat d’extrême droite à la présidentielle multiplie les contresens et raccourcis historiques pour (encore) fustiger les musulmans.
Publié aujourd'hui à 17h38
Eric Zemmour n’aime pas le christianisme. C’est plutôt qu’il déteste l’islam. Et ce n’est pas à l’Eglise qu’il susurre sa flamme, dans La messe n’est pas dite, publié en octobre chez Fayard : c’est à la religion musulmane qu’il déclare la guerre. Les ennemis de nos ennemis étant nos amis, l’ancien candidat marri à la présidentielle propose désormais aux juifs et aux chrétiens d’oublier leurs anciennes querelles pour se concentrer sur l’adversaire commun. Propulsé par le groupe Bolloré (propriétaire de Fayard), il signe depuis deux mois un strident retour médiatique et plaide, de matinale d’Europe 1 en soirée du Journal du dimanche «pour un sursaut judéo-chrétien», puisque, selon lui, seule cette «alliance peut sauver la France et l’Europe d’une inéluctable et funeste islamisation».
Mariage de raison, plus que d’amour. Mais pour lequel Zemmour est prêt à se muer de nouveau en falsificateur de l’histoire et à minorer le martyre du peuple juif en exonérant ses bourreaux – l’Europe chrétienne, à l’antijudaïsme atavique, et ses rejetons antisémites modernes – de leurs responsabilités. Le polémiste creuse encore et toujours la même ornière : la France et l’Europe crèvent de la repentance née des atrocités commises au XXe siècle, qui les empêche d’affirmer leur identité face à des populations, essentiellement musulmanes dans son esprit, qui elles ne s’embarrassent pas des mêmes pudeurs.
L’Eglise exonérée de la persécution des juifs
Zemmour se donne donc pour mission de combattre ce sentiment de culpabilité. Il relativisait déjà, dans le Suicide français (Albin Michel, 2014), le rôle actif de Vichy dans la déportation des juifs français, au mépris de la réalité historique établie. Le voilà cette fois qui exonère l’Eglise, la chrétienté et l’Europe de leur responsabilité dans la longue persécution des juifs sur leur sol. S’il ne la nie pas entièrement, il l’explique souvent et parfois l’excuse… Les braves Français du XIXe siècle, par exemple, «n’ont jamais compris ni admis que ces Rothschild, banquiers de toutes les coalitions contre Napoléon, soient devenus les grands argentiers et même les amis des rois qui avaient succédé à leur cher empereur». Et les Allemands du XXe, eux, «notaient avec un ressentiment croissant que la quasi-totalité des agitateurs communistes qui mirent le continent à feu et à sang après la Première Guerre mondiale et la Révolution russe de 1917 étaient juifs». Et si ce n’était pas tout de même un peu de leur faute ?
https://www.liberation.fr/politique/con ... R36CC3XTM/