"Voulons nous plus d'enfants ?"
La réponse est non. On peut le regretter, mais c'est ainsi.
Je pense que la dénatalité procède d'une tendance anthropologique lourde, commune à quasiment tout le monde occidental. Le sondage nous dit que les gens veulent encore des enfants, mais il faudrait voir qui a été interrogé.
Parce que si vous interrogez les jeunes adultes (15/30 ans), vous verrez que le désir de parentalité y est très faible.
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Une étude choc révèle la baisse inédite du désir d’enfants chez les jeunes
Beaucoup de jeunes adultes, aujourd'hui, préfèrent avoir un chat qu'un enfant.
Il y a plusieurs raisons à ce refus de la parentalité :
- parce que l'avenir est angoissant, avec notamment un changement climatique qui va rendre la vie sur Terre de plus en plus difficile,
- parce qu'ils ont intériorisé le fait qu'il est de plus en plus compliqué de concilier vie professionnelle et vie publique : ils ont vu leurs parents galérer avec des journées à rallonge, ils n'ont pas envie de ça,
- parce qu'ils n'ont plus ce sentiment de devoir (on fait des enfants par obligation morale, tant pis si les conditions de vie en prennent un coup), ils ont dans une vision plus individualiste, plus égoïste, plus hédoniste de la vie (on a envie de se faire plaisir, on n'a pas envie de se faire chier avec des enfants),
- l'addiction aux réseaux sociaux réduit les liens sociaux : quand on passe ses journées et/ou ses soirées à surfer sur Instagram ou Tiktok, ça veut dire qu'on sort moins avec les copains et les copines, qu'on fait moins de rencontres, qu'il y a donc moins de "plus si affinités".
De façon plus générale, les enfants sont considérés par de plus en plus de gens comme une source de nuisances, et non plus comme une richesse, un gage d'avenir.
Menaces, plaintes... Les enfants réduits au silence jusque dans les cours de récréation
No kids : Sommes-nous en train de bannir les enfants de l'espace public ?
Alors puisque les enfants sont d'abord considérés comme une source d'emmerdes, par les jeunes adultes eux-mêmes, par leurs propres parents, par les voisins... pourquoi continuer à en faire ?
Et face à cette tendance anthropologique lourde, je crains que les quelques mesurettes envisagées ça et là (augmenter les allocations familiales, augmenter le nombre de places en crèches, allonger le congé parental) ne soient bien dérisoires.
Notons que la France a longtemps fait figure d'exception en Europe, avec une natalité supérieure à celle de ses voisins. Finalement, elle rentre dans le rang.
Les conséquences de cette dénatalité sont dommageables pour le monde occidental en général (faiblesse démographique face à d'autres pays, pénuries de main-d’œuvre dans de nombreux métiers, nécessité de recourir à l'immigration pour faire tourner l'économie...), mais elles sont encore plus terribles pour la France, qui a lourd système social à financer, qu'elle a déjà du mal à financer, mais qu'elle n'arrivera plus du tout à financer dans un contexte de déclin démographique. A ce sujet, la Cour de comptes vient de publier un rapport très inquiétant :
61% du PIB en dépenses publiques en 2070: la Cour des comptes tire la sonnette d'alarme sur les conséquences de la dégringolade des naissances