11 multinationales ont eu la peau de la directive européenne sur le devoir de vigilance
Posté : 05 décembre 2025 12:21
"11 multinationales ont eu la peau de la directive européenne sur le devoir de vigilance, dévoile une enquête
Via une organisation opaque, ces multinationales ont mobilisé des États européens et non-européens contre la directive, encouragé les États-Unis à faire pression sur l'UE et poussé la droite européenne à se rapprocher de l'extrême droite.
elon des documents internes dévoilés par le Centre de recherche sur les entreprises multinationales (SOMO), une alliance secrète de 11 d'entre elles, majoritairement américaines, dont Chevron, ExxonMobil et Koch, Inc., a utilisé une organisation fantoche, la "Table ronde sur la compétitivité", pour vider de sa substance la directive européenne sur le devoir de vigilance des entreprises.
"Diviser pour mieux régner"
"Ces entreprises, pour la plupart (...) actives dans le secteur des énergies fossiles, visaient à « diviser pour mieux régner » au sein du Conseil, à marginaliser les services jugés récalcitrants de la Commission européenne et à inciter le Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen à se rallier autant que possible aux partis de droite", indique le SOMO.
La Table ronde sur la compétitivité comprend des géants du pétrole (ExxonMobil, Chevron, TotalEnergies), des services pétroliers et gaziers (Koch, Inc., Honeywell, Baker Hughes), du négoce de matières premières (Nyrstar) de la chimie (Dow, Inc), de la finance (JPMorgan Chase) et... de la location automobile Enterprise Mobility (location de voitures).
TotalEnergies a murmuré à l'oreille des gouvernements français, belge et danois, tandis qu'ExxonMobil a discuté avec l’Allemagne, la Hongrie, la République tchèque et la Roumanie, dans l'optique de "diviser pour mieux régner."
Chevron et ExxonMobil ont rallié les pays non-membres de l'Union européenne contre la directive sur le devoir de vigilance. La Table ronde a notamment envisagé une "campagne de lettres des pays tiers / associations de pays tiers" à adresser à la Commission et aux États membres afin de "mobiliser les pays tiers pour (…) interpeller [Ursula] Von der Leyen" notamment lors de l'Assemblée générale des Nations Unies, la COP30 et le sommet du G20.
Opération d'ingérence
Les entreprises membres de la Table ronde ont aussi fait de la directive un enjeu des négociations commerciales entre l'UE et Washington. Elles ont encouragé l'administration Trump, via les diplomates américains, à faire pression sur l'UE pour qu'elle abandonne la directive sur le devoir de vigilance, dans le cadre des négociations commerciales entre l'UE et les États-Unis, instrumentalisant notamment les inquiétudes du secteur européen de l'automobile face à d'éventuels droits de douane américains.
Au niveau du Parlement européen, la Table ronde pour la compétitivité s'est rapprochée du Parti Populaire européen (PPE, droite) et notamment de l'eurodéputé suédois Jörgen Warborn pour qu'il se dissocie des centristes et s'allie avec l'extrême droite, ce qu'il a fini par faire en novembre 2025, adoptant le mandat de négociation Omnibus I.
"[Le lobbyiste] Teneo, coordinateur de la Table ronde, a une solide expérience de collaboration avec des entreprises du secteur des énergies fossiles, dont Chevron, Shell et Trafigura, ajoute le SOMO. Il a également été engagé par le gouvernement azerbaïdjanais pour gérer les relations publiques lors de la COP29, conférence sur le climat qu'il a organisée."
Enfin, la Table ronde a financé en sous-main le think-tank TEHA Group pour qu'il mette en doute l'étude d'impact de la Commission européenne sur la directive. La touche finale."
https://www.geo.fr/environnement/11-mul ... ete-229832
Via une organisation opaque, ces multinationales ont mobilisé des États européens et non-européens contre la directive, encouragé les États-Unis à faire pression sur l'UE et poussé la droite européenne à se rapprocher de l'extrême droite.
elon des documents internes dévoilés par le Centre de recherche sur les entreprises multinationales (SOMO), une alliance secrète de 11 d'entre elles, majoritairement américaines, dont Chevron, ExxonMobil et Koch, Inc., a utilisé une organisation fantoche, la "Table ronde sur la compétitivité", pour vider de sa substance la directive européenne sur le devoir de vigilance des entreprises.
"Diviser pour mieux régner"
"Ces entreprises, pour la plupart (...) actives dans le secteur des énergies fossiles, visaient à « diviser pour mieux régner » au sein du Conseil, à marginaliser les services jugés récalcitrants de la Commission européenne et à inciter le Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen à se rallier autant que possible aux partis de droite", indique le SOMO.
La Table ronde sur la compétitivité comprend des géants du pétrole (ExxonMobil, Chevron, TotalEnergies), des services pétroliers et gaziers (Koch, Inc., Honeywell, Baker Hughes), du négoce de matières premières (Nyrstar) de la chimie (Dow, Inc), de la finance (JPMorgan Chase) et... de la location automobile Enterprise Mobility (location de voitures).
TotalEnergies a murmuré à l'oreille des gouvernements français, belge et danois, tandis qu'ExxonMobil a discuté avec l’Allemagne, la Hongrie, la République tchèque et la Roumanie, dans l'optique de "diviser pour mieux régner."
Chevron et ExxonMobil ont rallié les pays non-membres de l'Union européenne contre la directive sur le devoir de vigilance. La Table ronde a notamment envisagé une "campagne de lettres des pays tiers / associations de pays tiers" à adresser à la Commission et aux États membres afin de "mobiliser les pays tiers pour (…) interpeller [Ursula] Von der Leyen" notamment lors de l'Assemblée générale des Nations Unies, la COP30 et le sommet du G20.
Opération d'ingérence
Les entreprises membres de la Table ronde ont aussi fait de la directive un enjeu des négociations commerciales entre l'UE et Washington. Elles ont encouragé l'administration Trump, via les diplomates américains, à faire pression sur l'UE pour qu'elle abandonne la directive sur le devoir de vigilance, dans le cadre des négociations commerciales entre l'UE et les États-Unis, instrumentalisant notamment les inquiétudes du secteur européen de l'automobile face à d'éventuels droits de douane américains.
Au niveau du Parlement européen, la Table ronde pour la compétitivité s'est rapprochée du Parti Populaire européen (PPE, droite) et notamment de l'eurodéputé suédois Jörgen Warborn pour qu'il se dissocie des centristes et s'allie avec l'extrême droite, ce qu'il a fini par faire en novembre 2025, adoptant le mandat de négociation Omnibus I.
"[Le lobbyiste] Teneo, coordinateur de la Table ronde, a une solide expérience de collaboration avec des entreprises du secteur des énergies fossiles, dont Chevron, Shell et Trafigura, ajoute le SOMO. Il a également été engagé par le gouvernement azerbaïdjanais pour gérer les relations publiques lors de la COP29, conférence sur le climat qu'il a organisée."
Enfin, la Table ronde a financé en sous-main le think-tank TEHA Group pour qu'il mette en doute l'étude d'impact de la Commission européenne sur la directive. La touche finale."
https://www.geo.fr/environnement/11-mul ... ete-229832