La popularité de Donald Trump s’effondre, le camp républicain redoute une vague démocrate
Posté : 09 décembre 2025 15:57
""C’est un désastre complet" : la popularité de Donald Trump s’effondre, le camp républicain redoute une vague démocrate
Un bref moment de répit : Donald Trump a semblé particulièrement heureux, vendredi, lorsque la FIFA lui a remis un prix de la paix spécialement imaginé pour s’attirer ses bonnes grâces, à l’approche d’une coupe du monde 2 026 organisée sur le continent nord-américain (Etats-Unis, Canada, Mexique). Le locataire de la Maison Blanche a particulièrement apprécié cette délicate attention, parce que les motifs de satisfaction se font plutôt rares en ce moment.
Le parti républicain enchaîne les déboires et les mécontents, de plus en plus nombreux, ne se cachent plus. Mardi dernier, dans le Tennessee, une élection d’un représentant (député) s’est jouée à moins de 10 % de voix d’écart, dans un territoire que les conservateurs avaient toujours gagné par plus de 20 % d’avance. Le mois dernier, les candidats républicains ont été battus à plate couture lors des élections au poste de Gouverneur dans le New Jersey et en Virginie. À New York, Donald Trump a soutenu tour à tour plusieurs candidats (Adams, Cuomo), et tous ont été battus par Zohran Mamdani, qu’il a d’abord accusé de tous les maux avant de se résoudre à l’accueillir, tout sourire, à la Maison Blanche.
Si les critiques ont toujours été féroces contre Trump, les scrutins, eux, ne mentent pas. La réalité des chiffres rattrape le président des Etats-Unis : il y a comme un rejet dans le pays de sa personne et de ses politiques. Un rejet illustré par les enquêtes d’opinion, toutes plus mauvaises les unes que les autres. Son taux de popularité est au plus bas (38 % d’opinions favorables).
Même le monde MAGA semble désormais se déchirer : Marjorie Taylor Greene, un soutien de la première heure, a fini par rompre avec l’homme d’affaires au sujet de l’affaire Epstein.
« Ils pillent notre pays »
L’influenceur d’extrême-droite Nick Fuentes, qui a contribué à la réélection de Trump et avait eu les honneurs d’un dîner à Mar-a-Lago en 2022, a résumé la pensée de son camp : « Trump est plus impopulaire que jamais, a-t-il dit lors de son podcast. Ses taux de popularité sont aux chiottes. C’est un désastre complet. Plutôt que de tenir ses promesses, ce gouvernement s’est seulement enrichi lui-même. On est à des niveaux criminels de corruption. Ils pillent notre pays. »
Le second mandat de Donald Trump ressemble à un navire prend l’eau de toutes parts. Les dix premiers mois de son administration ont été menés dans le bruit et la fureur et n’ont pas épargné grand-monde. Tour-à-tour, la Maison Blanche s’en est pris aux immigrés, chassés aux quatre coins du pays et dont les droits sont rognés ; aux africains-américains (fin des politiques anti-discrimination et de la discrimination positive) ; aux minorités sexuelles ; et même aux femmes, via une politique anti-avortement très agressive.
Hormis l’homme blanc hétérosexuel, surreprésenté dans son cabinet et dans son gouvernement, pas grand-monde n’a trouvé grâce à ses yeux. Toutes ces catégories de population, particulièrement ciblées par des mesures prises par décret présidentiel, constituent autant d’électeurs déçus et de critiques féroces aujourd’hui. D’autant plus que tous les indicateurs (inflation, marché de l’emploi, etc.) sont de plus en plus négatifs.
Le recul, en termes de popularité, est marqué chez quasiment toutes les catégories de population. Les Américains d’origine hispanique, qui font les frais d’une chasse sans merci par la police de l’immigration, sont les plus déçus, constatent les enquêtes d’opinion. En 2024, pourtant, ils avaient aidé Donald Trump à revenir à la Maison Blanche.
La crainte des élus républicains
« Ce ne sera pas un simple retournement de situation : les Républicains avaient l’occasion de séduire un nouvel électorat, mais en cédant au racisme violent et au nativisme de Trump, ils l’ont perdu et ne le récupéreront probablement jamais, a ainsi prédit Paul Krugman, Prix Nobel d’Economie 2008. Je le sais parce que c’est ce qui s’est passé avec le vote juif, qui vote toujours largement démocrate, parce que nous avons de la mémoire et nous nous souvenons de l’antisémitisme d’extrême-droite. »
La crainte gagne les élus républicains, qui redoutent une vague bleue (démocrate) lors des élections de mi-mandat de novembre 2026, qui renouvelleront la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Donald Trump, qui semble pour le moment avoir fait le pari d’aller encore plus loin dans ses politiques, a onze mois pour corriger le tir."
https://www.ladepeche.fr/2025/12/08/ces ... 096897.php
Un bref moment de répit : Donald Trump a semblé particulièrement heureux, vendredi, lorsque la FIFA lui a remis un prix de la paix spécialement imaginé pour s’attirer ses bonnes grâces, à l’approche d’une coupe du monde 2 026 organisée sur le continent nord-américain (Etats-Unis, Canada, Mexique). Le locataire de la Maison Blanche a particulièrement apprécié cette délicate attention, parce que les motifs de satisfaction se font plutôt rares en ce moment.
Le parti républicain enchaîne les déboires et les mécontents, de plus en plus nombreux, ne se cachent plus. Mardi dernier, dans le Tennessee, une élection d’un représentant (député) s’est jouée à moins de 10 % de voix d’écart, dans un territoire que les conservateurs avaient toujours gagné par plus de 20 % d’avance. Le mois dernier, les candidats républicains ont été battus à plate couture lors des élections au poste de Gouverneur dans le New Jersey et en Virginie. À New York, Donald Trump a soutenu tour à tour plusieurs candidats (Adams, Cuomo), et tous ont été battus par Zohran Mamdani, qu’il a d’abord accusé de tous les maux avant de se résoudre à l’accueillir, tout sourire, à la Maison Blanche.
Si les critiques ont toujours été féroces contre Trump, les scrutins, eux, ne mentent pas. La réalité des chiffres rattrape le président des Etats-Unis : il y a comme un rejet dans le pays de sa personne et de ses politiques. Un rejet illustré par les enquêtes d’opinion, toutes plus mauvaises les unes que les autres. Son taux de popularité est au plus bas (38 % d’opinions favorables).
Même le monde MAGA semble désormais se déchirer : Marjorie Taylor Greene, un soutien de la première heure, a fini par rompre avec l’homme d’affaires au sujet de l’affaire Epstein.
« Ils pillent notre pays »
L’influenceur d’extrême-droite Nick Fuentes, qui a contribué à la réélection de Trump et avait eu les honneurs d’un dîner à Mar-a-Lago en 2022, a résumé la pensée de son camp : « Trump est plus impopulaire que jamais, a-t-il dit lors de son podcast. Ses taux de popularité sont aux chiottes. C’est un désastre complet. Plutôt que de tenir ses promesses, ce gouvernement s’est seulement enrichi lui-même. On est à des niveaux criminels de corruption. Ils pillent notre pays. »
Le second mandat de Donald Trump ressemble à un navire prend l’eau de toutes parts. Les dix premiers mois de son administration ont été menés dans le bruit et la fureur et n’ont pas épargné grand-monde. Tour-à-tour, la Maison Blanche s’en est pris aux immigrés, chassés aux quatre coins du pays et dont les droits sont rognés ; aux africains-américains (fin des politiques anti-discrimination et de la discrimination positive) ; aux minorités sexuelles ; et même aux femmes, via une politique anti-avortement très agressive.
Hormis l’homme blanc hétérosexuel, surreprésenté dans son cabinet et dans son gouvernement, pas grand-monde n’a trouvé grâce à ses yeux. Toutes ces catégories de population, particulièrement ciblées par des mesures prises par décret présidentiel, constituent autant d’électeurs déçus et de critiques féroces aujourd’hui. D’autant plus que tous les indicateurs (inflation, marché de l’emploi, etc.) sont de plus en plus négatifs.
Le recul, en termes de popularité, est marqué chez quasiment toutes les catégories de population. Les Américains d’origine hispanique, qui font les frais d’une chasse sans merci par la police de l’immigration, sont les plus déçus, constatent les enquêtes d’opinion. En 2024, pourtant, ils avaient aidé Donald Trump à revenir à la Maison Blanche.
La crainte des élus républicains
« Ce ne sera pas un simple retournement de situation : les Républicains avaient l’occasion de séduire un nouvel électorat, mais en cédant au racisme violent et au nativisme de Trump, ils l’ont perdu et ne le récupéreront probablement jamais, a ainsi prédit Paul Krugman, Prix Nobel d’Economie 2008. Je le sais parce que c’est ce qui s’est passé avec le vote juif, qui vote toujours largement démocrate, parce que nous avons de la mémoire et nous nous souvenons de l’antisémitisme d’extrême-droite. »
La crainte gagne les élus républicains, qui redoutent une vague bleue (démocrate) lors des élections de mi-mandat de novembre 2026, qui renouvelleront la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Donald Trump, qui semble pour le moment avoir fait le pari d’aller encore plus loin dans ses politiques, a onze mois pour corriger le tir."
https://www.ladepeche.fr/2025/12/08/ces ... 096897.php