Mélenchon et LFI traités d’antisémites : l’Arcom intervient auprès de Radio J et de RMC
Posté : 30 décembre 2025 18:17
À force de vouloir ressembler à CNews RMC...
Ce mardi 30 décembre, le régulateur de l’audiovisuel a annoncé sanctionner la diffusion, dans deux émissions distinctes, de propos portant «atteinte à l’honneur» du leader insoumis et d’une erreur factuelle visant son parti.
Peut-on traiter Jean-Luc Mélenchon de «salaud» et affirmer à la radio, au sujet de leader de La France insoumise, «Bien sûr qu’il est antisémite», sans que l’animateur n’y trouve quoi que ce soit à redire ? L’Arcom estime que non. L’autorité de régulation de l’audiovisuel a annoncé ce mardi 30 décembre avoir mis en garde la station Radio J à la suite d’un numéro des Enfants de la République, émission animée par Frédéric Haziza, diffusé sur son antenne le 25 mai.
L’invité du jour était l’ancien président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) Alain Jakubowicz. Par ailleurs avocat de profession, celui-ci avait déclaré : «Mélenchon est un salaud, oui clairement.» Ajoutant : «C’est une injure, mais je le dis.»
Deux semaines plus tôt, sur BFM TV, le même Alain Jakubowicz avait comparé Jean-Luc Mélenchon à Joseph Goebbels, propagandiste en chef du régime nazi, entraînant l’annonce d’une plainte par l’ancien candidat à l’élection présidentielle.
«Un défaut de maîtrise de l’antenne»
Loin de l’appeler à modérer ce propos, Frédéric Haziza l’a ensuite poussé à préciser s’il considérait Jean-Luc Mélenchon comme un «salaud antisémite». A quoi Alain Jakubowicz a répondu «oui», expliquant : «Je pense que c’est un mauvais homme, bien sûr qu’il est antisémite. Mais est-ce qu’il l’est fondamentalement, je n’en sais rien. Mais c’est encore pire encore une fois.»
L’Arcom estime que «certains des propos tenus au cours de l’émission, réitérés à plusieurs reprises, [sont] de nature constituer une atteinte à l’honneur et à la réputation de M. Jean-Luc Mélenchon», et contreviennent aux engagements pris par Radio J pour bénéficier d’un droit d’émettre. L’instance relève également «que l’animateur n’a ni modéré ni dénoncé ces déclarations, ce qui traduit un défaut de maîtrise de l’antenne».
Dans l’échelle des sanctions de l’Arcom, la mise en garde précède la mise en demeure, adressée en cas de réitération d’un manquement. Viennent ensuite les sanctions financières, voire une très rare suspension de la diffusion.
Manquement aux obligations «d’honnêteté et de rigueur» sur RMC
Concomitamment, l’autorité a annoncé ce mardi 30 décembre une autre sanction, pécuniaire celle-ci, visant la chaîne RMC Story et la station RMC. Au cours d’une émission des Grandes Gueules diffusée le 12 novembre 2024 sur ces deux canaux, propriétés du groupe CMA CGM, «ont été évoqués durant plus de six minutes des propos présentés comme reflétant “l’antisémitisme décomplexé” d’un élu» dont il avait été dit qu’il était conseiller municipal LFI. Or, relève l’Arcom, «il n’était pas membre de ce parti».
Ainsi, la chaîne et la radio n’ont «pas accompli les diligences de vérification qui pouvaient raisonnablement être attendues […] ni exprimé de précautions oratoires suffisantes», estime l’instance, d’autant qu’«aucune personne présente en plateau n’a contredit cette présentation erronée». Elle ajoute qu’«en outre, cette séquence a donné lieu à de vives critiques des participants à l’encontre de La France insoumise». De quoi constituer un manquement aux obligations «d’honnêteté et de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information» qui s’imposent à RMC Story comme à RMC.
La sanction financière infligée aux deux chaînes est toutefois symbolique (1 euro). L’Arcom relève en effet que «l’information a été corrigée en fin d’émission, ce rectificatif a été relayé sur le compte d’un réseau social de l’émission, la séquence a été supprimée de toutes rediffusions de telle sorte qu’elle ne soit plus accessible et les journalistes ont présenté leurs excuses à La France insoumise et aux auditeurs lors de l’émission les Grandes Gueules du lendemain».
https://www.liberation.fr/economie/medi ... YACAUAYM4/
Ce mardi 30 décembre, le régulateur de l’audiovisuel a annoncé sanctionner la diffusion, dans deux émissions distinctes, de propos portant «atteinte à l’honneur» du leader insoumis et d’une erreur factuelle visant son parti.
Peut-on traiter Jean-Luc Mélenchon de «salaud» et affirmer à la radio, au sujet de leader de La France insoumise, «Bien sûr qu’il est antisémite», sans que l’animateur n’y trouve quoi que ce soit à redire ? L’Arcom estime que non. L’autorité de régulation de l’audiovisuel a annoncé ce mardi 30 décembre avoir mis en garde la station Radio J à la suite d’un numéro des Enfants de la République, émission animée par Frédéric Haziza, diffusé sur son antenne le 25 mai.
L’invité du jour était l’ancien président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) Alain Jakubowicz. Par ailleurs avocat de profession, celui-ci avait déclaré : «Mélenchon est un salaud, oui clairement.» Ajoutant : «C’est une injure, mais je le dis.»
Deux semaines plus tôt, sur BFM TV, le même Alain Jakubowicz avait comparé Jean-Luc Mélenchon à Joseph Goebbels, propagandiste en chef du régime nazi, entraînant l’annonce d’une plainte par l’ancien candidat à l’élection présidentielle.
«Un défaut de maîtrise de l’antenne»
Loin de l’appeler à modérer ce propos, Frédéric Haziza l’a ensuite poussé à préciser s’il considérait Jean-Luc Mélenchon comme un «salaud antisémite». A quoi Alain Jakubowicz a répondu «oui», expliquant : «Je pense que c’est un mauvais homme, bien sûr qu’il est antisémite. Mais est-ce qu’il l’est fondamentalement, je n’en sais rien. Mais c’est encore pire encore une fois.»
L’Arcom estime que «certains des propos tenus au cours de l’émission, réitérés à plusieurs reprises, [sont] de nature constituer une atteinte à l’honneur et à la réputation de M. Jean-Luc Mélenchon», et contreviennent aux engagements pris par Radio J pour bénéficier d’un droit d’émettre. L’instance relève également «que l’animateur n’a ni modéré ni dénoncé ces déclarations, ce qui traduit un défaut de maîtrise de l’antenne».
Dans l’échelle des sanctions de l’Arcom, la mise en garde précède la mise en demeure, adressée en cas de réitération d’un manquement. Viennent ensuite les sanctions financières, voire une très rare suspension de la diffusion.
Manquement aux obligations «d’honnêteté et de rigueur» sur RMC
Concomitamment, l’autorité a annoncé ce mardi 30 décembre une autre sanction, pécuniaire celle-ci, visant la chaîne RMC Story et la station RMC. Au cours d’une émission des Grandes Gueules diffusée le 12 novembre 2024 sur ces deux canaux, propriétés du groupe CMA CGM, «ont été évoqués durant plus de six minutes des propos présentés comme reflétant “l’antisémitisme décomplexé” d’un élu» dont il avait été dit qu’il était conseiller municipal LFI. Or, relève l’Arcom, «il n’était pas membre de ce parti».
Ainsi, la chaîne et la radio n’ont «pas accompli les diligences de vérification qui pouvaient raisonnablement être attendues […] ni exprimé de précautions oratoires suffisantes», estime l’instance, d’autant qu’«aucune personne présente en plateau n’a contredit cette présentation erronée». Elle ajoute qu’«en outre, cette séquence a donné lieu à de vives critiques des participants à l’encontre de La France insoumise». De quoi constituer un manquement aux obligations «d’honnêteté et de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information» qui s’imposent à RMC Story comme à RMC.
La sanction financière infligée aux deux chaînes est toutefois symbolique (1 euro). L’Arcom relève en effet que «l’information a été corrigée en fin d’émission, ce rectificatif a été relayé sur le compte d’un réseau social de l’émission, la séquence a été supprimée de toutes rediffusions de telle sorte qu’elle ne soit plus accessible et les journalistes ont présenté leurs excuses à La France insoumise et aux auditeurs lors de l’émission les Grandes Gueules du lendemain».
https://www.liberation.fr/economie/medi ... YACAUAYM4/