Bruno Retailleau dévoile ses propositions économiques
Posté : 07 janvier 2026 08:30
"Sortir des 35 heures, remplacer le RSA par un RIA, durcir l’assurance-chômage... Bruno Retailleau dévoile ses propositions économiques
Dans une interview aux Échos, le président des Républicains entend tracer une ligne «claire» face au «social-étatisme» du RN et aux «grands cafouillages budgétaires», qu’il juge en décalage avec un «modèle à bout de souffle»
Nouvelle année, nouvelle page. Trois mois après son départ avec fracas du gouvernement - une décision qui lui a fait perdre une partie du capital politique accumulé durant un an place Beauvau - le président des Républicains, Bruno Retailleau, espère se relancer en 2026, avec la prochaine présidentielle en ligne de mire. Et ce, en investissant un terrain sur lequel il n’est pas vraiment identifié par les Français : celui de l’économie. Dans une interview aux Échos publiée ce mercredi, l’ancien ministre de l’Intérieur avance une série de propositions, estimant que le pays a «besoin d’une ligne claire» en la matière.
Une urgence d’autant plus pressante, selon lui, que les «grands cafouillages budgétaires» ont «profondément troublé la France des honnêtes gens» - l’un de ses mantras depuis qu’il a pris la tête de LR en mai dernier - mais aussi «celle des entrepreneurs, des salariés qui travaillent dur». Face à un «modèle à bout de souffle», le Vendéen affiche son ambition de «renverser la table et sortir du modèle social-étatiste une fois pour toutes, qui, depuis 40 ans, dévalue le travail et a fait exploser les dépenses». Premier sujet cher aux électeurs de droite : le travail, dont Bruno Retailleau prône de «sortir d’une vision doloriste et faire en sorte qu’il paie plus».
«Un RIA ajusté»
Puisqu’on «ne peut pas demander aux Français de travailler plus pour gagner très peu», il préconise «de sortir des 35 heures : par le haut pour le salarié, qui va gagner plus d’un 13e mois, et par le haut pour l’entreprise qui va voir le coût du travail baisser substantiellement», grâce à un mécanisme «zéro cotisation». Parmi ses idées figurent aussi l’annualisation du temps de travail et l’instauration d’«un nouveau seuil négocié de deux jours de travail supplémentaires rémunérés», soit 1623 heures au lieu des 1607 heures actuelles. «Sous ce seuil, chacun paie son dû : impôts, cotisations etc… au-delà, le salarié sera totalement exonéré de cotisations et d’impôt sur le revenu», précise-t-il, en confiant à la «négociation collective» le soin de déterminer les modalités de déclenchement des heures supplémentaires.
Autre sujet primordial, celui des aides, notamment du Revenu de solidarité active (RSA), de la prime d’activité et de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), que Bruno Retailleau souhaite remplacer par un «revenu d’incitation à l’activité» (RIA). «Une personne sans emploi pourra toucher une aide aussi généreuse que le RSA - 550 euros par mois - mais, contrairement à aujourd’hui, ce sera à elle de prouver qu’elle réalise effectivement 15 heures d’activité hebdomadaires», affirme le sénateur LR, considérant que les «aides existantes découragent le retour à l’emploi». Autrement dit : «Chaque heure travaillée va apporter immédiatement un gain significatif : lorsque le bénéficiaire retrouve un emploi, on lui permet de cumuler son salaire avec un RIA ajusté».
«Corriger trois dérives»
Toujours sur cette question, le patron du parti de droite projette de créer un «compte social unique» visant à fusionner la «multiplicité de guichets» aux «règles différentes». Objectif : «Plafonner le total de toutes les aides sociales perçues à 70% du SMIC» pour «creuser un écart entre les revenus du travail et (ceux) de la solidarité.» Alors que Bruno Retailleau entend dégager au moins 10 milliards d’euros avec ce nouveau système, il espère en récupérer 13 autres en durcissant les conditions d’indemnisation de l’assurance-chômage. «Il faut rendre effective la sanction au troisième refus d’une offre raisonnable. La quasi-totalité des pays européens le font», assure l’ancien chef des sénateurs LR, avec la volonté de «corriger trois dérives» : mieux «encadrer les ruptures conventionnelles», calculer «l’indemnisation des travailleurs transfrontaliers sur la base de salaires français», et contrôler le «système» dont profiteraient certains salariés «pour alterner stratégiquement emploi et chômage dans une logique de rechargement des droits».
À destination des seniors, il milite pour «un cumul emploi-retraite rénové, simple et incitatif». Ainsi, pour «les salariés ayant tous leurs trimestres mais n’ayant pas encore atteint l’âge légal de départ», il prévoit «une exonération totale de cotisations retraite et chômage». «Après l’âge légal, un cumul emploi‑retraite rénové se substituerait aux dispositifs existants, dont la surcote». Quant à l’avenir de la réforme des retraites - qui repoussait depuis 2023 progressivement l’âge de départ à 64 ans, avant que son application ne soit suspendue par l’Assemblée en décembre - Bruno Retailleau reste évasif. Pour l’heure, il affirme vouloir «une réforme ambitieuse mais réaliste, incluant un étage de capitalisation, mais proposant surtout des solutions pour sauver notre système de retraite par répartition, aujourd’hui menacé.» Tout un projet, donc, qu’il souhaite «solide et audacieux» face au «social-étatisme» du RN, et qui pourrait le conduire, ou un autre LR, à «concourir» à la prochaine présidentielle."
https://www.lefigaro.fr/politique/sorti ... m-pave_btf
Dans une interview aux Échos, le président des Républicains entend tracer une ligne «claire» face au «social-étatisme» du RN et aux «grands cafouillages budgétaires», qu’il juge en décalage avec un «modèle à bout de souffle»
Nouvelle année, nouvelle page. Trois mois après son départ avec fracas du gouvernement - une décision qui lui a fait perdre une partie du capital politique accumulé durant un an place Beauvau - le président des Républicains, Bruno Retailleau, espère se relancer en 2026, avec la prochaine présidentielle en ligne de mire. Et ce, en investissant un terrain sur lequel il n’est pas vraiment identifié par les Français : celui de l’économie. Dans une interview aux Échos publiée ce mercredi, l’ancien ministre de l’Intérieur avance une série de propositions, estimant que le pays a «besoin d’une ligne claire» en la matière.
Une urgence d’autant plus pressante, selon lui, que les «grands cafouillages budgétaires» ont «profondément troublé la France des honnêtes gens» - l’un de ses mantras depuis qu’il a pris la tête de LR en mai dernier - mais aussi «celle des entrepreneurs, des salariés qui travaillent dur». Face à un «modèle à bout de souffle», le Vendéen affiche son ambition de «renverser la table et sortir du modèle social-étatiste une fois pour toutes, qui, depuis 40 ans, dévalue le travail et a fait exploser les dépenses». Premier sujet cher aux électeurs de droite : le travail, dont Bruno Retailleau prône de «sortir d’une vision doloriste et faire en sorte qu’il paie plus».
«Un RIA ajusté»
Puisqu’on «ne peut pas demander aux Français de travailler plus pour gagner très peu», il préconise «de sortir des 35 heures : par le haut pour le salarié, qui va gagner plus d’un 13e mois, et par le haut pour l’entreprise qui va voir le coût du travail baisser substantiellement», grâce à un mécanisme «zéro cotisation». Parmi ses idées figurent aussi l’annualisation du temps de travail et l’instauration d’«un nouveau seuil négocié de deux jours de travail supplémentaires rémunérés», soit 1623 heures au lieu des 1607 heures actuelles. «Sous ce seuil, chacun paie son dû : impôts, cotisations etc… au-delà, le salarié sera totalement exonéré de cotisations et d’impôt sur le revenu», précise-t-il, en confiant à la «négociation collective» le soin de déterminer les modalités de déclenchement des heures supplémentaires.
Autre sujet primordial, celui des aides, notamment du Revenu de solidarité active (RSA), de la prime d’activité et de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), que Bruno Retailleau souhaite remplacer par un «revenu d’incitation à l’activité» (RIA). «Une personne sans emploi pourra toucher une aide aussi généreuse que le RSA - 550 euros par mois - mais, contrairement à aujourd’hui, ce sera à elle de prouver qu’elle réalise effectivement 15 heures d’activité hebdomadaires», affirme le sénateur LR, considérant que les «aides existantes découragent le retour à l’emploi». Autrement dit : «Chaque heure travaillée va apporter immédiatement un gain significatif : lorsque le bénéficiaire retrouve un emploi, on lui permet de cumuler son salaire avec un RIA ajusté».
«Corriger trois dérives»
Toujours sur cette question, le patron du parti de droite projette de créer un «compte social unique» visant à fusionner la «multiplicité de guichets» aux «règles différentes». Objectif : «Plafonner le total de toutes les aides sociales perçues à 70% du SMIC» pour «creuser un écart entre les revenus du travail et (ceux) de la solidarité.» Alors que Bruno Retailleau entend dégager au moins 10 milliards d’euros avec ce nouveau système, il espère en récupérer 13 autres en durcissant les conditions d’indemnisation de l’assurance-chômage. «Il faut rendre effective la sanction au troisième refus d’une offre raisonnable. La quasi-totalité des pays européens le font», assure l’ancien chef des sénateurs LR, avec la volonté de «corriger trois dérives» : mieux «encadrer les ruptures conventionnelles», calculer «l’indemnisation des travailleurs transfrontaliers sur la base de salaires français», et contrôler le «système» dont profiteraient certains salariés «pour alterner stratégiquement emploi et chômage dans une logique de rechargement des droits».
À destination des seniors, il milite pour «un cumul emploi-retraite rénové, simple et incitatif». Ainsi, pour «les salariés ayant tous leurs trimestres mais n’ayant pas encore atteint l’âge légal de départ», il prévoit «une exonération totale de cotisations retraite et chômage». «Après l’âge légal, un cumul emploi‑retraite rénové se substituerait aux dispositifs existants, dont la surcote». Quant à l’avenir de la réforme des retraites - qui repoussait depuis 2023 progressivement l’âge de départ à 64 ans, avant que son application ne soit suspendue par l’Assemblée en décembre - Bruno Retailleau reste évasif. Pour l’heure, il affirme vouloir «une réforme ambitieuse mais réaliste, incluant un étage de capitalisation, mais proposant surtout des solutions pour sauver notre système de retraite par répartition, aujourd’hui menacé.» Tout un projet, donc, qu’il souhaite «solide et audacieux» face au «social-étatisme» du RN, et qui pourrait le conduire, ou un autre LR, à «concourir» à la prochaine présidentielle."
https://www.lefigaro.fr/politique/sorti ... m-pave_btf