situation inhumaine, vétusté aux Beaumettes
Posté : 06 décembre 2012 08:05
Les Baumettes, l'une des grandes prisons françaises, est dans un état lamentable. Vétusté, saleté, rats… Le contrôleur des lieux de privation de liberté, Jea-Marie Delarue, parle de violation grave des droits fondamentaux des détenus. Et demande d'urgence à l'état d'y remédier.
Une vingtaine de contrôleurs ont inspecté la prison pendant dix jours en octobre. Etat des lieux accablant. Description d'une cellule : absence de la partie supérieure de la fenêtre, fil du téléviseur coupé; pas de lumière, l'ampoule manque. Wc récent mais non fixé au sol. Pas de cloison d'intimité. Le lavabo fuit. Absence de miroir. Le réfrigérateur est infesté de cafards. Murs sales, dégradés. Présence d'araignées et de cloportes. Pas de placard de rangerment. Pas de quoi s'asseoir. Pas de table.
9 cellules sur 100 dans un état acceptable
«C'est fait pour nous rendre fous» dit un détenu. Sur 100 cellules inspectées, 9 seulement étaient dans un état acceptable. Sur dix douches dans une salle crasseuse, trois fonctionnent. Depuis deux ans, les rats pullulent. Les surveillants font leur ronde la nuit en tapant des pieds pour les éloigner. En cuisine, saleté, manque d'hygiène, insalubrité. Des greffiers et des infirmiers refusent désormais catégoriquement de mettre les pieds en détention.
Dans l'un des bâtiments les plus récents (1989) - la prison date de 1939 - dès qu'il pleut, coursives et cellules sont sous les eaux.Les Baumettes comptent en moyenne 1 800 détenus pour 1 200 places. Les conditions de travail pour les surveillants sont telles, que le taux d'absentéisme est très élevé. La violence règne entre détenus et à l'encontre des surveillants. Ici tout s'achète et se monnaye au prix fort, notent les contrôleurs. L'accès au téléphone comme le reste. D'où des scènes de racket, de chantage et de rétorsions.
Des travaux nécessaires
Jean-Marie Delarue a décidé en conséquence de déclencher la procédure d'urgence, tant la situation aux Baumettes lui semble violer les droits fondamentaux des détenus. Il demande aux deux ministres concernées, Christine Taubira, à la Justice, et Marisol Touraine, à la Santé, de prendre rapidement des mesures de réduction de la surpopulation carcérale, de renforcer les effectifs de surveillants, et l'équipe de maintenance. Des travaux sont nécessaires pour assurer l'étanchéité, l'hygiène et la sécurité des batîments, sans attendre les grands travaux promis depuis vingt ans, et toujours repoussés.