en attendant de commenter le nom du nouveau ministre de l'intérieur ...
Si seulement Gérard Collomb avait été ministre de l’Intérieur…
Son testament lucide sur les territoires perdus fait regretter qu'il ne l'ait pas fait avant
Le testament de Gérard Collomb
L’attention s’étant focalisée sur le caractère psychodramatique (voire mélodramatique) de la rupture entre le jeune prince et son mentor, on a plus commenté l’ambiance glaciale et matinale de la passation des pouvoirs que le diagnostic crépusculaire énoncé par le ministre démissionnaire sur l’état de notre pays: « Aujourd’hui, on vit côte à côte. Je crains que, demain, on vive face à face. » Évoquant la situation des quartiers sensibles il a ajouté : « C’est plutôt la loi du plus fort qui s’impose, des narcotrafiquants, des islamistes radicaux, qui a pris la place de la République. »
Si on comprend bien ce que Gérard Collomb n’a pas dit, une partie de nos banlieues est potentiellement hors de contrôle. Et, empêtré dans l’
enmêmetemptisme Emmanuel Macron n’a pas pris la mesure du problème ni engagé la reconquête culturelle sans laquelle tout une frange de la population française vivra de plus en plus sur une autre planète mentale. Si c’est là le cœur du désaccord entre le président et son ministre de l’Intérieur, il méritait une sortie plus digne.
(...)
Moins Français qu’avant
La chronique de l’emprise salafiste et la rubrique des faits divers montrent pourtant la pertinence du constat de Collomb. Or, dans sa quête d’interlocuteurs présentables, le pouvoir est à côté de la plaque : l’islam de France ne bute pas sur un problème d’offre mais de demande. En somme, plus les représentants des musulmans sont modérés, moins ils sont représentatifs. Ramadan, les Frères musulmans et même les auteurs d’attentats sont infiniment plus populaires dans nos quartiers que le regretté Abdelwahab Meddeb ou Hakim El Karoui.
La crise de l’intégration est telle que des jeunes de la troisième ou quatrième génération se sentent moins français que leurs aînés. Une politique refusant de regarder en face ce phénomène se condamne à l’impuissance ou à l’insignifiance. Et accroît le risque de voir un jour les fractures françaises dégénérer en guerre civile.
https://www.causeur.fr/gerard-collomb-b ... 5-57366693
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autre article
Islamisme: l’Institut Montaigne ouvre un œil (un seul)
L'islamisme est (enfin!) une idéologie,mais...
L’Institut Montaigne, déjà auteur en 2016 d’un rapport devenu une référence sur l’islam de France, vient de publier une nouvelle étude intitulée « la fabrique de l’islamisme ». Ce travail ambitieux, méthodique et fouillé ouvre des perspectives et apporte des propositions qui méritent qu’on s’y attarde.
« La fabrique de l’islamisme » a l’immense mérite de dire clairement que
l’islamisme est une idéologie et un projet politique, et non pas, comme le prétend Olivier Roy, une simple forme de délinquance ou de révolte sociale (une « islamisation de la radicalité »), et, qu’en conséquence, la lutte contre son emprise doit être menée sur les fronts politique et idéologique, pas seulement sur le social et le sécuritaire.
L’islamisme n’est pas qu’une idéologie politique
Ce travail souffre cependant d’un défaut : il néglige largement la dimension religieuse et spirituelle du phénomène. Or, parlant le langage des mythes, des symboles, des rituels, les religions et les spiritualités s’adressent au plus intime et au plus profond de la psyché humaine, avec un fort potentiel de mobilisation des individus et des groupes. Ainsi, l’islamisme n’est pas seulement une idéologie politique.
C’est un totalitarisme politico-religieux, une métaphysique, et celui qui l’ignore risque de passer à côté de ses caractéristiques les plus importantes.
https://www.causeur.fr/islamisme-instit ... oui-155125