Des civils tués
Ce que confirme le site d'informations de Kiev Liga.net, qui estime que "le premier jour de l'offensive de la Fédération de Russie dans le Donbass a eu deux résultats : [...] la défaite de l'armée russe et une tragédie sanglante, Volnovakha". "Ces trois derniers jours, les forces armées de la Fédération de Russie et les militants des organisations terroristes de la DNR [République populaire autoproclamée de Donetsk] et de la LNR [République populaire autoproclamée de Louhansk] ont déclenché des opérations offensives à l'aide d'armes lourdes ultramodernes à longue portée. Et le 13 janvier Moscou et les militants ont lancé leurs forces terrestres épaulées par des blindés tout le long de la ligne de démarcation."
Une fois de plus, la population n'a pas été épargnée, comme à Volnovakha, un bourg situé dans les environs de Donetsk où, rapporte le quotidien de Lviv Vissoki Zamok, "vers 14 h 30, des tirs d'artillerie des militants ont pris pour cible un poste de contrôle des forces antiterroristes, touchant un bus et faisant des morts et des blessés parmi les civils". Au moment où nous écrivons ces lignes, on dénombre 14 morts et une dizaine de blessés. Toute l'Ukraine, depuis, est en émoi. Pour Liga.net, "il est probable que cette attaque ait été préparée à l'avance". "Depuis des mois, Volnovakha est sous le contrôle de l'armée ukrainienne, [...] et cette tragédie a été causée par l'artillerie russe."
"Allons-nous encore une fois avaler ça en silence ?"
"Je suis Volnovakha", titre pour sa part Oukraïnska Pravda, en référence évidente au mouvement de soutien en faveur de Charlie Hebdo. Le quotidien en ligne s'emporte : "Comment ne pas être furieux de sa propre impuissance ! [...] Il est particulièrement décevant de voir ce que la société ukrainienne est capable de montrer en matière de solidarité et de compassion. Il y a peu, la France a connu une situation comparable, et voyez comment les Français se sont comportés. Et nous, nous allons encore une fois avaler ça en silence ? C'est incroyable. Depuis l'invasion russe, depuis le début de la guerre en Ukraine, pas une fois il n'y a eu d'action massive contre l'agression de Poutine. C'est peut-être pour cela que, même en Europe, beaucoup continuent de penser que la Russie ne nous attaque pas et qu'il s'agit d'une guerre civile."
Le président Petro Porochenko, encore auréolé du prestige de sa présence au premier rang de la Marche républicaine, a été prompt à dénoncer ce qu'il qualifie d'"acte terroriste" et a demandé au Parlement européen d'agir en conséquence : "Aujourd'hui, je me suis entretenu avec le président du Parlement européen, a-t-il déclaré dans des propos repris par l'hebdomadaire Dzerkalo Tyjnia. Martin Schulz m'a dit que le 15 janvier le Parlement appellerait les dirigeants de l'UE à inclure les soi-disant DNR et LNR sur la liste des organisations terroristes."
Cette évolution dramatique sur le terrain a déjà un résultat qui était prévisible. Les négociations sont reportées sine die. "Le sommet d'Astana est reporté", annonce ainsi Ouriadovy Kourier, le quotidien de l'exécutif ukrainien. "Programmé pour le 15 janvier, il a été repoussé indéfiniment. [...] Cependant, tous les responsables, y compris du côté russe, ont réaffirmé leur engagement en faveur d'une mise en œuvre de l'accord de Minsk [conclu le 5 septembre et prévoyant un cessez-le-feu qui n'a jamais été respecté]."