Re: La France qui tombe ?
Posté : 27 janvier 2026 09:07
Bonjour jeandu53,jeandu53 a écrit : 26 janvier 2026 22:17Voici une illustration supplémentaire du déclin français.Les Français désormais moins riches que la moyenne européenne
Pour la troisième année consécutive, le PIB par habitant français est inférieur à la moyenne européenne. Antoine Foucher explique les causes de ce lent, constant et pénible déclassement national.
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Le lien renvoie vers un article payant et donc incomplet, c'est dommage.
Néanmoins, j'ai trouvé un autre lien renvoyant vers un article lisible dans son intégralité.
https://www.epochtimes.fr/la-france-sap ... 59286.html
3La France s’appauvrit – Le produit intérieur brut (PIB) par habitant, mesuré en standards de pouvoir d’achat, n’est plus au‑dessus de la moyenne européenne, mais désormais légèrement en dessous, alors qu’il se situait encore au‑dessus il y a une dizaine d’années, selon l’Insee.
Ce décrochage, encore limité en niveau, est significatif en tendance : la France progresse moins vite que la moyenne de l’Union européenne et de la zone euro, tandis que plusieurs pays d’Europe du Sud comblent ou réduisent leur retard.
Les économistes y voient le symptôme d’un affaiblissement de la productivité et d’un marché du travail moins performant, dans un contexte de dépenses publiques très élevées qui ne se traduisent pas toujours par des gains de croissance, selon l’OCDE.
Un PIB par habitant désormais sous la moyenne européenne
Selon un tableau publié par l’Insee à partir des données d’Eurostat, l’indice de PIB par habitant de la France s’établit à 99 en 2024, pour une base 100 correspondant à la moyenne de l’Union européenne à 27 pays. Autrement dit, le revenu par tête en France est désormais inférieur de 1% à cette moyenne, alors qu’il était encore supérieur en 2019, à 105, et proche de la moyenne de la zone euro, fixée à 104.
Dans le même temps, plusieurs partenaires voient leur position s’améliorer ou se consolider. Les Pays‑Bas se situent à 135, l’Allemagne à 115 et l’Autriche à 116, tandis que l’Espagne remonte progressivement, passant de 83 en 2020 à 92 en 2024, et que l’Italie se rapprochait de la moyenne, avec un indice estimé à 98, consolidé au même niveau que la France en 2025. Le mouvement est donc double : la France ralentit, tandis que d’autres pays, parfois partis de plus bas, rattrapent une partie de leur retard.
Cette évolution nourrit le débat sur un « décrochage » français, distinct du débat sur le décrochage européen vis‑à‑vis des États‑Unis. Dans une note récente, des économistes rappellent que la zone euro est passée d’un PIB par habitant égal à 85% de celui des États‑Unis en 2000 à 78% en 2022, mais soulignent que, à l’intérieur même de l’Europe, tous les pays ne sont pas touchés avec la même intensité.
Un affaiblissement progressif, plus qu’un choc
Les chiffres ne traduisent pas un effondrement brutal, mais un affaiblissement progressif, qui s’observe sur plus d’une décennie. Des analyses de conjoncture montrent que, depuis la crise financière de 2008 puis la crise énergétique de 2022‑2023, l’économie française enregistre une croissance plus faible que celle de plusieurs voisins, en particulier l’Espagne et, plus récemment, l’Italie.
Une note de Rexecode souligne ainsi que la croissance française resterait contenue à 0,8% en 2025, après 1,1% en 2024, alors que l’Allemagne amorcerait un redressement, l’Italie une progression et l’Espagne une nette accélération à près de 3%. Or, à moyen terme, ces différentiels de croissance finissent par se traduire mécaniquement par des écarts de PIB par habitant en défaveur de la France.
Les institutions internationales insistent également sur le poids spécifique de la productivité dans ce décrochage. Une tribune publiée en janvier 2026 rappelle que « la productivité et le PIB par habitant de l’Europe et de la France décrochent depuis déjà plusieurs décennies relativement aux États‑Unis », en insistant sur le retard d’investissement, notamment dans le capital immatériel et l’innovation.
Productivité, emploi et dépenses publiques en question
L’OCDE, dans son Étude économique sur la France, rappelle que le pays est celui qui présente les dépenses publiques les plus élevées de l’Organisation en pourcentage du PIB. Cette situation permet de corriger fortement les inégalités de revenu via les transferts sociaux, mais ne suffit pas à compenser des faiblesses structurelles en matière de productivité et de taux d’emploi, qui pèsent directement sur la richesse produite par habitant.
Des travaux comparatifs sur le PIB par habitant en Europe montrent que la France souffre d’un taux d’emploi plus faible que l’Allemagne, la Suède ou encore la Belgique, et d’un chômage durablement plus élevé. Ces deux facteurs expliquent en partie pourquoi, malgré un niveau de productivité horaire correct, la richesse par tête progresse moins vite.
Les économistes pointent aussi le déficit d’investissement privé, en particulier dans l’industrie et les technologies de pointe. Selon plusieurs analyses, l’insuffisante montée en gamme du tissu productif, combinée à des incertitudes fiscales et réglementaires récurrentes, incite les entreprises à différer certains projets, ce qui limite les gains de productivité à long terme.
Une divergence française au sein du « nouveau consensus » européen
Ce recul relatif intervient alors que de nombreux pays européens ont engagé, depuis la pandémie, un repositionnement stratégique visant à renforcer leur base industrielle et les investissements numériques. Des travaux publiés pour le patronat européen évoquent l’émergence d’un « nouveau consensus » autour d’une croissance plus soutenable et plus intensive en innovation, dont la France ne bénéficie que partiellement.
Cette divergence se lit dans la dynamique de l’investissement : l’Allemagne, l’Italie ou l’Espagne, après des années de stagnation voire de récession, ont relancé leurs dépenses productives, soutenues par les plans européens et des réformes nationales du marché du travail et de la fiscalité des entreprises. La France, elle, paraît à « rebours de la timide embellie européenne », avec des moteurs de croissance plus fragiles, centrés sur quelques secteurs (tourisme, aéronautique, immobilier) et une consommation des ménages atone.
Pour les années à venir, les projections restent incertaines, mais le diagnostic posé par plusieurs institutions converge : sans sursaut durable en matière de productivité, d’investissement et de participation au marché du travail, le pays risque de voir son PIB par habitant s’éloigner un peu plus de la moyenne des grandes économies européennes."
