AAAgora a écrit : 18 décembre 2019 22:59
Et pourtant, La reforme de Macron est la copie de la suédoise, qui est en place depuis 2001, soit 18 ans, ce qui devrait vous interroger sur la sauce à la quelle nous seront cuits si la retraite par point passe.
Si les retraités suédois sont dans le caca, les actifs suédois ont déjà pris le devant : une bonne retraite par capitalisation leur évitera de travailler encore à 75 ans.
Tu parle d'une reforme équitable et solidaire......
il n'y a en effet aucun rapport avec l'équité et la solidarité, à plusieurs titres :
1) les inégalités salariales sont reproduites à l'identique ; il y aura quelques patchs de réajustement, mais rien de fondamental ; le mini de 1000€ annoncé impressionne tout le monde, mais en réalité, le minimum contributif serait de 970€, donc gain 30€
2) le calcul sur l'ensemble de la carrière pénalise tous ceux qui ont eu des accidents de parcours (double peine), ceux qui ont fait des études longues, ceux qui ont évolué graduellement ...
3) l'espérance de vie d'un cadre est supérieure de 7 à 10 ans par rapport à celle d'un ouvrier/employé ; pour des taux de cotisation identiques ;
ce qui revient à dire que ce sont les catégories les plus basses qui financent les retraites des plus aisés
4) la réforme prévoit de sortir les fractions de salaire au delà de 10 000€ / mois de l'assiette des cotisations ;
en clair, les plus riches ne participent plus au pot commun à hauteur de leur rémunération totale ; ils n'ont certes pas de pensions calculées à cette hauteur, mais leurs cotisations ne financent plus proportionnellement les pensionnés de même niveau
A mon sens, le système à points est bien plus idéologique que technique ; on embrouille les gens avec des aspects purement techniques et une complexité qui résulte des nombreux cas particuliers à prendre en compte, pour masquer le sens profond de ce système.
Cette réforme s'inscrit dans la continuité des précédentes sur ce quinquennat et emploie les mêmes méthodes d'enfumage et mêmes pseudo causes
- casse du droit du travail, facilitation des licenciements, restriction des instances représentatives du personnel
- casse des droits chômage et enfoncement des plus précaires dans la pauvreté
- casse du système des retraites ...
l'objectif global étant d'étatiser/privatiser/capitaliser la protection sociale dans son ensemble, fragiliser les individus et les appauvrir pour, in fine favoriser très nettement le capital et une fois de plus les plus aisés, sous couvert fallacieux de compétitivité, et garantir un coût du travail faible, peu importe l'explosion de la pauvreté que cela engendre.
la France se distingue (distinguait?) par un modèle social plus humain et plus généreux ; ceux qui nous gouvernent visent la remise à niveau par le bas par rapport aux autres pays de l'UE.