Kelenner a écrit :En fait c'est bien, parce qu'en confondant un peu tout et n'importe quoi vous illustrez parfaitement mon propos... Je croyais qu'on parlait des musulmans, et puis très vite on dérive sur les noirs, les immigrés etc... Bon, je vais peut-être vous apprendre un truc mais la plupart des africains qui se trouvent en France ne sont pas musulmans. Ca ferait hurler de rire ma belle-famille, congolaise, s'ils entendaient ça... Idem pour les ivoiriens, les zaïrois, les camerounais... En fait il n'y a que les sénégalais (pas tous, en plus) et les maliens qui soient musulmans.
Pourquoi voulez-vous m'imputer une dérive ? Pour y être plus à votre aise ?
Votre belle famille peut rire, toute congolaise non zaïroise qu'elle soit visiblement (comment distinguez-vous les deux à part historiquement) ?
Bien, alors travaillons :
http://www.ceped.org/IMG/pdf/ceped_wp09.pdf
Page 28.
Principalement les immigrés sub-sahariens proviennent du Cameroun (2,1 % des immigrés en 2005), ou l'Islam représente 20 % de la population, le Sénégal (1,7 %) islam 94 %, la côte d'Ivoire (1,7 %) islam 40 %, RDC (1,5 %) islam 8 %, RCBraz (1,4 %) islam 15 %, Mali (1,2 %) islam 90 %, Guinée (0,8 %) islam 80 %.
Il y a contraste et au final les chiffres par pays d'origine et l'islam dans ces pays font que les musulmans seraient à peu près en même nombre que les autres.
Mais encore faudrait-il savoir si les immigrés sont plus des musulmans ou des chrétiens, en fonctions des pays...
Toujours est-il que deux facteurs sont à relever dans ce cadre :
. L'Islam progresse fortement en Afrique subsaharienne depuis 10 / 15 ans.
. La plus forte progression de l'immigration en France est celle de l'Afrique subsaharienne
Et je veux bien comprendre que par IDEOLOGIE vous ne vouliez pas accepter que des questions se posent sur l'avenir mais elles se posent malgré tout. Et les nier ne fait que faire le jeu de ceux qui récupèrent ces questions à leur profit.
Kelenner a écrit :
http://www.insee.fr/fr/themes/document. ... _id=ip1524
Mais l'Europe représente la moitié des immigrants, l'Asie près de 15% (chinois, vietnamiens, philippins principalement, autant de non-musulmans donc), l'Amérique 10%. Reste 30% d'immigrés africains, parmi lesquels comme je viens de la rappeler une bonne moitié ne proviennent pas de pays musulmans. Donc il doit y avoir quelque chose comme 10 000 à 15 000 "musulmans" potentiels qui entrent chaque année en France; c'est-à-dire si on prend l'estimation -généreuse- de 2/3 de croyants véritables environ... 7000 à 8000. On est quand même assez loin d'une invasion. Certes, on doit y ajouter quelques clandestins, mais bon fondamentalement on voit bien que les chiffres que vous utilisez sans aucune méthodologie ne correspondent à aucune espèce de réalité, de près ou de loin.
Ce sont 200.000 entrants chaque années et non 90.000 comme vous essayez de le faire croire en utilisant le solde migratoire (qui triche lui-même en utilisant les décès qui ne sont pas enregistrés en réalité au titre de la nationalité pour les non naturalisés donc inutilisable autrement qu'idéologiquement (ce dont l'Insee et l'Ined ne sont pas exempt parfois, et pas que sur ce sujet).
Il s'agit donc de 30 % de 200.000... soit 60000 et non 10 à 15.000. En revanche serait musulmans la moitié seulement donc 30.000, ce qui n'est pas aisément mesurable, nous l'avons vu.
Qui plus est nous avons vu précédemment que les jeunes et les nouveaux arrivants sont plus pratiquants (90 %).
Pour certaines origines migratoires, dont l'Afrique, les irréguliers (illégaux) sont nombreux, il faudrait donc les ajouter...
Or une population importante de déjà présents, de naturalisés, de deuxième et troisième générations, composent une population qui monte jusqu'à près de 9 millions de musulmans de culture, dont seulement la moitié seraient pratiquants.
Il convient d'ajouter, je l'ai déjà dit plus haut et on le retrouve page 37 de l'article, l'indice de fécondité est de 2,7 en moyenne pour les immigrés d'Afrique contre 1,7 pour la moyenne nationale...
De tout cela il ressort une tendance importante à une certain islamisation. On peut ou pas instrumentaliser cette réalité, mais elle est là.
Le problème est de partir de cela pour se poser les questions concernant les valeurs à défendre ou pas. Pourquoi accepter quoi par exemple.
Kelenner a écrit : Pour ce qui est de la vie dans certains quartiers, il est assez peu représentatif de prendre l'exemple de Barbès, qui fait partie d'un type de quartier très minoritaire à l'échelle de la France. J'ai grandi dans le 18ème, je connais donc particulièrement bien le secteur. Certes, mon âge m'empêche de faire des comparaisons sur les années 70 ou 80, mais par rapport à il y a une vingtaine d'années (les années 90, celles où j'étais scolarisé dans l'arrondissement) je ne vois aucune différence visible. Il y avait déjà à l'époque une majorité d'africains, dans mes classes on était en moyenne 4 ou 5 "blancs" pour 25 élèves. C'est la même proportion aujourd'hui. Et contrairement à ce que vous affirmez et qui montre que vous connaissez particulièrement mal le sujet, l'augmentation des prix de l'immobilier a plutôt eu tendance à "embourgeoiser" très nettement ce quartier et d'autres similaires partout dans Paris, à faire fuir une bonne partie des anciens habitants africains qui sont petit à petit remplacés par une population plus "blanche" et plus riche.
Bref, comme vous le dites, des mutations sont en marche, mais elles sont infiniment plus complexes et nuancées que ce que vous affirmez faussement.
Il est faux de dire que les prix ont augmentés partout dans le 18e. Vous pouvez vouloir faire croire que vous connaissez le sujet en affirmant que vous y avez vécu, ce qui est invérifiable (tout le monde peut en dire autant si vous voulez n'avoir que cela comme argument).
Bien tôt vous allez nous dire qu'il y avait autant de noirs que de blanc au 19e siècle...
Donc, j'invite simplement les parisienne-e-s à se rendre à Chateau rouge et à vérifier par eux-mêmes !
Nous avons des effets identiques dans le 19e et le 20e par endroits
Et oui, les banlieues sont aussi massivement accueillantes de populations musulmanes d'Afrique subsaharienne ou du nord.
Ce qui montre le biais que vous choisissez, car je n'ai pas envie, moi, de vous croire ignorant, bien au contraire, c'est que la gentrification (l'embourgeoisement urbain s'appelle ainsi), se fait dans certains ilots seulement, progressivement, et au profit de population immigré de la seconde génération (souvent), qui ont réussi socialement. Ce qui n'a aucun vocation à les rendre moins musulmans ou pratiquants... Les chiffres ci-dessus le montre.